Odyssées vers le Sud

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vendredi 23 janvier 2015

M04 Transafrica 2015 - du Rwanda vers le Burundi‏

Passage sans problème de la frontière Rwanda / Burundi : 14 janvier 2015

Le mercredi 14 janvier 2015, j'ai quitté Butare de bon matin vers le Sud.  Le passage de la frontière entre le Rwanda et le Burundi s'est passé sans problème.  Est-ce le fait d'être blanc ("Muzungu" en africain) ou d'être considéré comme un "Babou", personne "âgée" donc respectable, toujours est-il que le contrôle du visa obtenu précédemment n'a pas pas duré longtemps.

 
La journée fut cependant dure, ponctuée par de nombreuses collines à grimper jusque Kayanza au Burundi où  je suis allé frapper à la porte de la paroisse, n'ayant plus le courage d'aller plus loin.  Bien accueilli pour une nuit reposante avant de repartir pour Bujumbura. Merci à l'abbé Marc (qui connaît l'abbé Ignace de Gesves/Ohey) et à ses confrères.
 
B51 paysage collines.JPG
 Jeudi 15 janvier, départ dès 6h du matin afin de profiter de la "fraîcheur" et pour arriver à Bujumbura avant la nuit. 100 km avec une descente de 20 km lorsque le lac Tanganyika apparait mais auparavant encore pas mal de côtes ... le Burundi, comme le Rwanda, est un pays aux "mille collines". 
 
B32 transport.JPGDans les côtes, j'étais très bien encouragé par des enfants, des adolescents; d'abord, deux puis trois, puis 10 et jusqu'à 30 pour, de concert, avec rires, commentaires, etc ... encourager le Muzungu ... à vélo, l'attraction du jour, même de la semaine, voir du mois.  Car des pareils à "Babou" montés sur un vélo ... il n'en passe pas tous les jours !  
 
Le vélo c'est fait pour porter les régimes de bananes, les lourds sacs de céréales, légumes, fruits et autre charbon de bois. Pourquoi n'a-t-il pas pris sa voiture comme les autres ?  Il y en a de si belles, si grandes, si larges ... si polluantes parfois comme les bus, camions qui roulent à toute allure, rentabilité exige !

Découverte de Bujumbura 

Arrivé à Bujumbura, bien accueilli par Alain Carpiaux de Namur, professeur à l'école Belge et Aude Rossignol (ancienne d'Entraide et Fraternité) travaillant pour le programme des Nations Unies pour le Développement. Bilan Kigali - Bujumbura : 317 kms à une moyenne de 10-11 km/h...et pas une goutte de pluie!  
 
A Bujumbura, j'en profite pour demander mon visa d'entrée pour la Tanzanie, à l'ambassade ... ce qui m'est octroyé après quelques heures !  L'après-midi, balade à vélo le long du lac où il est possible de voir à la tombée du jour, des hippopotames.  Ensuite une longue montée à vélo vers la colline de Kiriri où est perchée l'Université de Bujumbura, où a étudié Innocent, mon beau-fils.  Quelques gouttes de sueur supplémentaires me font envier les Andes (2009-2013) où il y avait certe une altitude bien supérieure ... mais de la fraîcheur!

Visites d'organisations paysannes - deux jours de visites : lundi 19 et mardi 20 janvier 2015.

L'OAP (l'Organisation d'Appui à l'Auto-Promotion Paysanne) est une ONG soutenue par Entraide et Fraternité / Belgique active depuis 20 ans dans différents coins du Burundi et plus précisément dans le "Bujumbura Rural".  Une première rencontre avec Madame Pascasie, responsable de l'ONG, toute heureuse de découvrir - ainsi que ses collègues dont Madame Lydia - ce passionnant voyage à vélo vers le Zimbabwé.  Il y a quelques années, elle est venue comme "témoin" dans la région du Hainaut, à Charleroi entre autre.
 
B01 Vache credit rotatif.JPG
Parti de bon matin vers les collines qui surplombent Bujumbura, nous rencontrons des hommes et des femmes, tout fiers de montrer comment leur vie à changé depuis qu'ils sont partenaires de cette ONG burundaise:
  • dans un village de la commune de Nyabiraba, arrêt au magasin d'intrants (produits phyto-sanitaires, semences, médicaments vétérinaires, etc) sont vendus à bon prix aux paysans; ceux qui ne peuvent payer cash remboursent par après; Entraide a engagé dans ce magasin un fond de roulement pour approvisonner le stock;
  • plusieurs familles ont reçu en prêt une vache dont ils prennent soin tant qu'elle s'occupe de son veau, lequel reste propriété de la famille (comme déjà expliqué lors de la visite à Butare au Rwanda); dans une étable, je vois une vache qui fait l'objet de ce prêt rotatif depuis six ans: indiscutablement elle représente une haute valeur ajoutée solidaire;
  • B07 Joseline Entraide.JPGune dame, Joséline, veuve depuis 1998, a été aidée par l'OAP dans la construction de sa maison; dans l'étable, le veau est déjà aussi grand que la vache-mère;
  • une autre dame, Ménédore, hyper active nous emmène dans son champ de pomme de terre et nous montre fièrement l'alignement des plans;  les gens se lavent pieds et mains à une pompe financée par le projet; dans une maison, c'est l'heure de la boisson traditionnelle fabriquée à partir d'une céréale de la famille du sorgho;
  • à Rutanbiro, nous visitons une école qui a pour but de former les paysans et de les aider à maitriser de meilleures techniques, à utiliser la rotation des cultures, à recevoir des conseils en matière d'élevage, à creuser des fossés anti-érosifs; dans un hangar, les semences sont stockées sur des étagères pour une bonne germination;
  • nous terminons la première journée de visites par une nouvelle construction destinée à moudre les graines moissonnées en vue d'une commercialisation au profit des producteurs regroupés dans cette organisation paysanne. 
Le second jour,mardi 20 janvier 2015, Thierry nous accompagne; il est le coordinateur d'Entraide et Fraternité pour les projets au Congo (le Sud-Kivu et le Maniema), au Rwanda et au Burundi.  Au cours de la journée, nous avons pu rencontrer les acteurs de différents projets.  Un premier arrêt pour voir des fossés anti-érosifs creusés au flanc d'une colline qui a été replantée en vue de maintenir le sol et d'alimenter les animaux.
 
Ensuite nous grimpons jusqu'à la maison d'une famille qui a reçu un couple bouc/chèvre d'une bonne race Ougandaise.  Dans la région, environ 500 personnes plus "vulnérables" ont été choisies pour être acteur(e)s d'un changement important.  Nous visitons l'une d'elle qui nous montre les avantages d'une toilette écologique sèche : les selles solides, séparées des urines, sont stockées dans deux fosses distinctes utilisées à tour de rôle.  
 
B15 toilette seche ecologique.JPGCela permet au bout de quelques mois de décomposition de fertiliser le potager.  Un petit élevage de lapins et de cochons d'Inde (tiens tiens cela me rappelle l'Amérique du Sud) approvisionne la famille en viande saine.  Le foyer économique dans une pièce séparée du reste de l'habitation, utilise peu de charbon de bois et rejette les fumées en dehors pour moins d'incommodation.  Un réservoir d'eau de pluie allège le lourd labeur du portage d'eau, les enfants pouvant de cette façon être plus assidus à l'école.  A côté du potager, une fosse est destinée à recevoir les détritus devenant un compost.
 
Le plus interpellant pour nous qui utilisons 10 litres d'eau (potable) à chaque fois que nous l'utilisons montre qu'une solution "sèche" et "durable" au sens écologique est possible.  Pour certaines choses, le tiers-monde nous devance !   Nous terminons par la visite d'un barrage régulant les eaux des pluies en fonction des saisons.
 
Un grand merci aux accompagnateurs de l'OAP: Pascal (1er jour), Gordien (2d jour), Justin (responsables des communications), Moïse (chauffeur), Thierry (coordinateur d'Entraide et Fraternité) ainsi qu'à mesdames Pascasie et Lydia pour leur gentillesse, leur accueil, le thé délicieux et la très bonne organisation des visites.

B27 sourire.JPGDépart vers la Tanzanie: mercredi 21 janvier 2015

Un peu plus de 125 kms le long du lac Tanganyika (donc sans montées majeures) pour arriver à Nyanza-le-Lac.  De là, pour passer en Tanzanie, une très longue et dure côte de 15 kms m'attend ... de quoi ne pas trop rêver que tous les pays du monde sont comme la partie Nord de la Belgique !
 
Nous nous retrouverons en Tanzanie pour le message n° 5, si tout va bien dans une bonne semaine.
 
Léon Tillieux 

mercredi 14 janvier 2015

M03 Transafrica 2015 - premières rencontres au Rwanda

1. Bien arrivé à Kigali au Rwanda 

A01 Zaventem depart.JPGLe long voyage vers l'Afrique de Zaventem à Kigali via Amsterdam et Nairobi au Kenya s'est bien déroulé. Le vélo est arrivé en même temps que moi. Après les contrôles d'usage (y compris Ebola), je suis bien arrivé chez Chantal, la soeur de mon gendre. 

Chose surprenante: au contrôle des bagages, j'ai du retirer le film plastique entourant la caisse vélo. Le Rwanda s'est lancé il y a peu dans une campagne anti-sacs plastiques privilégiant les sacs papiers.  En Belgique, il y a un projet qui sera mis sur pied vraisemblablement... dans quelques années !
 
Commencer la Transafrica en hommage à Nelson Mandela par le Rwanda, le pays des mille collines, c'est tout un symbole dans ce pays qui a tant souffert en 1994. La première journée, je l'ai consacrée à la visite de deux lieux de la mémoire des évènements de 1994: le mémorial du génocide et l'endroit où 10 soldats belges sont morts, dont Bruno Meaux, le beau-frère de mon ami Jacques Demaret. Vingt ans après, le Rwanda est résolument tourné vers l'avenir sans oublier son passé douloureux.

2. Sur la route de Butare, halte à Cyeza - hommage à Michel Gigi

Parti de Kigali, le mardi 7 janvier 2015 à 8h, précédé en voiture pendant quelques kilomètres par Gaspard, le "petit-frère" d'Innocent, mon gendre, je suis arrivé à Cyeza près de Gitarama après une longue chevauchée de 65 kms au pays des mille collines ... aux mille sueurs!  Tout juste avant la tombée de la nuit et avant l'orage !

Soeur Alphonsine s'inquiétait: elle m'attendait depuis midi, pensant que je voyageais en voiture ! Un seau d'eau chaude pour me décrasser et un bon repas ... dont des morceaux de pizza et des frites. C'est par l'intermédiaire d'Yves Parage de Meix-devant-Virton que je suis arrivé à Cyeza; ce dentiste consacre chaque année plusieurs semaines de son temps à soigner les plus démunis au Rwanda, via l'ASBL "ADSN".
 
A06 Cyeza tombe Michel Gigi.JPGLe lendemain matin, je me suis rendu dans l'église où est enterré Michel Gigi, originaire d'Aubange, qui fut mon éducateur au collège de Bellevue à Dinant, il y a 50 ans. C'était à l'époque un homme discret qui parlait peu. Avec lui, en 1966, j'ai participé à deux camps de compagnons-bâtisseurs.  Bâtisseur, il le fut dans cette paroisse où il travailla durant 23 ans.

En avril 1994 ,il refusa de quitter les siens ("Un pasteur n'abandonne pas ses brebis" disait-il) et les accompagna dans une longue marche d'exode vers une utopique liberté.  Mais épuisé, il mourut en chemin, à Nyakabanda, à 35 kms de Cyeza le 7 juillet 1994.

Il y a quelques mois, les paroissiens ont transféré son cercueil dans l'église de Cyeza.  Sur la route africaine vers Kunu, j'y ai déposé symboliquement un cailloux du Square Nelson Mandela de Gesves. Le nom de Michel Gigi est repris sur la liste des Belges décédés en 1994, comportant non seulement les casques bleus mais également une dizaine de coopérants.

3. Visites et rencontres à Butare

Après une étape intermédiaire à Nyanza dans un collège secondaire accueilli par l'abbé Rémy qui a effectué une partie de sa formation en Suisse et qui connaît bien Maredsous, je suis bien arrivé à Butare le samedi 10 janvier 2015. La route N1 vers Bujumbura est en excellent état avec moins de trous qu'en Belgique ... et des trottoirs qu'envieraient les riverains de la rue de Dave à Jambes ! Bien sûr, toutes les routes ne sont pas pareilles ! 

De nombreux enfants accourent lorsqu'ils me voient et m'offrent leurs sourires.  Certains me demandent "money"; gentillement je leur fait comprendre que je ne suis pas venu pour "les assister" ... mais je ne suis pas sûr de me faire comprendre. Plusieurs personnes m'interpellent gentiment en Français ou en Anglais.

A11 Rwanda velo charge.JPGJe croise d'autres vélos avec d'énorme charges (régimes de bananes, bidons d'eau, casiers, paquets en tout genre, denrées agricoles).  Dans les dures côtes, je ne vais guère plus vite qu'eux ... malgré, depuis Cyeza, un sac en moins, contenant le matériel de camping, que Eugène Niyigena, le responsable d'Aprojumap va m'amener à Butare.  Deux fois, une personne a lu le nom de "Nelson Mandela" à l'arrière du vélo et semblait connaître ce grand homme.  Pour Rémy de Nyanza, Nelson Mandela était un "grand politicien" ... les autres sont corrompus, dit-il ! Un avis à nuancer peut-être.
 
La méthodologie de l'APROJUMAP (Association pour la PROmotion des JUmelages et l'Amitié entre les Peuples) cette ONG, financée par Entraide et Fraternité / Belgique, est apparentée à celle d'ATD-Quart Monde, fondée à Paris par le Père Wrezinski (rappelons-nous le film "Joseph, l'insoumis" de 2011): la pauvreté n'est pas une fatalité, ni "une malédiction", comme me l'explique Eugène, qui travailla précédemment pour l'Association Belgique-Rwanda; ceux qui en souffrent, que ce soit en Europe ou en Afrique, ont le Droit de s'en sortir.  

C'est par un long travail de conscientisation que Eugène, ancien scout, a mis sur pied cette ONG dès 1998. Dans les villages où les plus pauvres sont directement et prioritairement concernés par ce mouvement, chaque semaine un jour de travail solidaire communautaire est mis sur pied avec une tournante par village.

Personne n'est oublié et chacun devient acteur de son propre développement, dans cette lutte contre l'extrême pauvreté. Une fois par mois, une réunion d'évaluation donne la possibilité à chacun de s'exprimer.

L'aide se fait sur divers plans : des micro-crédits (par exemple, une chèvre, "prêtée" en "crédit rotatif" jusqu'à ce qu'elle donne un chevreau, lequel reste propriété de la famille); des conseils sur l'utilisation des intrants et sur l'agriculture familiale et durable; la fabrication de briques pour une maison plus solide, etc. 

Mardi 13 janvier 2015 - visite des projets de l'APROJUMAP

De bon matin, nous arrivons, avec Eugène, dans le village de Rustira, à 15 kms au Nord de Butare, au moment où plusieurs personnes se sont donné rendez-vous pour un jour de travail en commun chez un des leurs. De cette façon, le travail qui lui demanderait un mois s'il le faisait seul sera déjà terminé ce soir... et la prochaine fois, ils iront dans une autre plantation.
 
A23 recolte du riz.JPG

Nous descendons dans la vallée et rencontrons une famille en train de récolter le riz. Le couple sans enfants peut compter sur l'aide des enfants des voisins pour ce travail.  Ils font partie de la coopérative avec 470 autres familles qui leur assure par exemple un local où il peuvent faire sécher le riz.  En fin de visite nous découvrons le local flambant neuf financé récemment par Entraide et Fraternité.

A31 nouveau sechoir riz.JPG
Ensuite, nous assistons à la construction d'un potager familial qui a pour but d'aider chaque famille à produire une variété de légumes pour une meilleure alimentation ainsi que des plantes destinées à l'alimentation du bétail qui en même temps empêchent l'érosion des sols.

A26 Potager familial.JPG
Deux exemples du crédit rotatif.  Un bouc excellent reproducteur (viandeux) a été importé de l'Ouganda.  Depuis son arrivée, il a déjà engendré de nombreux chevreaux dans le village.  D'autre part, comme au temps de la monarchie Rwandaise, quand le Roi prêtait des vaches aux familles, celle du village que nous visitons prend soin de la vache reçue en prêt jusqu'à ce que naisse le premier veau, lequel reste dans la famille.  En les quittant, je reçois quelques fruits de la passion, dont la saveur me rappelle le Brésil des années 1970 !
 
En rentrant à Butare, nous visitons un salon de coiffure. APROJUMAP effectue également des prêts à de petites initiatives génératrices de revenus comme également des prêts aux étudiants et étudiantes pauvres qui ne peuvent se payer des études.  Nous avons rencontré une jeune fille qui termine son secondaire et espère étudier à l'université de Butare.
 
Un grand merci à Eugène et aux deux personnes qui nous ont accompagnés dans cette visite riches en découvertes ... solidaires.

Rencontre de Gaspard, professeur de géographie à l'université de Butare.

A03 Kigali Chantal Gaspard.JPGUne soirée passée autour de brochettes de chèvres (ce que les Rwandais apprécient particulièrement) en compagnie de Gaspard Manyiziri, qui a terminé un doctorat en géographie à l'université de Pau sous la direction de mon ami des Andes et grand cycliste de par le monde, André Etchelecou.

4. Prochaine étape : Bujumbura au Burundi.

Demain, mercredi 14 janvier de bon matin, je partirai vers le sud pour une nouvelle étape.  Dans une bonne semaine, vous recevrez des nouvelles de ce second pays de la TRANSAFRICA  ... "On the road again with Nelson Mandela".
En espérant que cela se passe bien pour vous en Belgique.*
 
En solidarité avec tous ceux qui par le monde sont victimes des extrémismes inhumains de toutes origines.
 
Léon Tillieux

jeudi 1 janvier 2015

M02 Transafrica 2015 - avant le départ

Chers amies et amis de la TRANSAFRICA 2015,

A quelques heures de l'an 2015, je viens vous présenter mes meilleurs vœux à quelques jours du départ réel vers Kigali.  En effet, le lundi 5 janvier 2015, nous prendrons vers 3 heures du matin la route vers Zaventem avec le vélo préemballé.  L'avion décolle à 5h55.  Deux escales sont prévues : via Amsterdam et Nairobi au Kenya.  Les amis à Kigali et à Bujumbura m'ont confirmé que j'y suis bien attendu.
 
Bonne année 2015    Léon Tillieux 
comme animation musicale voir le lien ci-dessous sur Youtube
 avec un "petit coucou" de Nelson du Cameroun habitant Gesves et un dernier regard sur le soleil belge réchauffant la neige de décembre !
Nelson du Cameroun  soleil et neige
 
Le départ symbolique de la Transafrica
Ci-après, voici le lien vous permettant de lire l'article paru dans le quotidien "Vers l'Avenir" le 19 décembre et signé Freddy Gillain, que je remercie.
Cet article parle du départ symbolique au Square "Nelson Mandela" à Gesves le 14 décembre,  ce nouveau défi étant intitulé "on the road again with Nelson Mandela".
La Transafrica sur la radio RCF
Si vous souhaitez réecouter en podcast l'enregistrement du projet Transafrica 2015 sur RCF, cliquez sur le lien suivant.  Merci à Marcienne Greindl :
Le "Vivre ensemble" si cher à Madiba
Voici un lien intéressant que mon amie Claire Delacollette m'a fait parvenir ... revivez l'ambiance régnant en Afrique du Sud, deux jours après la mort de Nelson Mandela.  Oui ... un "vivre ensemble" comme le préconisait Madiba est possible !  Asimbonanga ... La scène se passe le 7 décembre 2013, dans un supermarché de Pretoria.  Les clients font leurs courses quand soudainement un homme entonne les premières paroles de "Formation de Gospel Sud-Africaine" parrainée par Desmond Tutu.                            
 

mercredi 24 décembre 2014

M01 Transafrica 2015: départ symbolique du Square Nelson Mandela à Gesves dimanche 14 décembre 2014

Léon Tillieux sur les traces de Mandela

    article rédigé par Freddy Gillain, correspondant du quotidien Vers l'Avenir (19-12-2014)

Beaucoup de monde, à Gesves, pour célébrer le premier anniversaire de la mort de Mandela et le départ pour l’Afrique du Sud de Léon Tillieux.

Vers l'Avenir 14-12-2014    P1010219bb.JPG

La cérémonie a été lancée par la Maison de la laïcité de Gesves (MSG), associée à Entraide et Fraternité. Le président de la MLG André Verlaine a rappelé les valeurs que défendait Mandela, son combat pour la liberté, la justice, l’égalité et son engagement pour les droits de l’homme et des peuples. La deuxième raison de ce rassemblement est le soutien au projet de Léon Tillieux qui va relier Kigali, capitale du Rwanda, à Kunu, en Afrique du Sud, où repose Nelson Mandela. Deux pays, deux drames, le génocide et l’apartheid.

Hélène Pastoors, d’Ohey, qui a été militante engagée à l’ANC, le parti de Mandela, a expliqué que celui-ci avait toujours voulu défendre l’unité et la libération de son peuple, au-delà des différences de races et de religions.

Jacques Briard, un des responsables d’Entraide et Fraternité, a rappelé ses deux rencontres avec Mandela. Ces combats contre l’apartheid ont été possibles entre autres grâce à des personnalités comme Paulette Pierson-Mathy, professeur de droit international à l’ULBPierre Galand, alors secrétaire général d’Oxfam, ou le pasteur Reynders et des membres de la communauté juive, rescapés des camps nazis. Jacques Briard s’est dit enrichi par les contacts qu’il a eus en Afrique.  Il a souhaité à Léon Tillieux de rencontrer des gens remarquables dans les pays d’Afrique qu’il va traverser.

Un symbole

Nelson MandelaMaud Plumier, d’Entraide et Fraternité, a rappelé les missions de cet organisme: financer des programmes d’action et des projets de développement dans une dizaine de pays, sensibiliser et éduquer le grand public à la solidarité internationale et interpeller les décideurs politiques et économiques. Elle a décrit les deux associations que Léon Tillieux va visiter, l’Association pour la promotion du jumelage et de l’amitié entre les peuples, au Rwanda, et l’Organisation d’appui à l’autopromotion, au Burundi.

Après la traversée des Andes à vélo, après l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Sud, Léon Tillieux va se lancer à la découverte de ce continent qu’est l’Afrique, en intitulant son voyage  « On the road again with Nelson Mandela »Il a épinglé les problèmes et les défis de l’Afrique, en particulier sur le plan du respect des droits humains.

P1010223b.JPG

Lors de ce voyage qui se terminera sur la tombe de Mandela, il rencontrera les habitants, «afin qu’ils deviennent acteurs de leur propre développement.»  Et de conclure: «Le chemin vers la liberté initié par Mandela est indissociable de ces chemins encore plus longs que sont les chemins vers la justice et la démocratie.»

Danielle Pierre (photo à droite) a récité le poème "Invictus" si cher à Nelson Mandela dans la prison de "Robben Island".

Les participants ont remis un caillou que Léon Tillieux déposera sur la tombe de Mandela.

 

La Transafrica sur RCF  en 106.8 FM à Namur ou 105.4 à Bastogne

Si vous souhaitez réécouter en podcast l'enregistrement de Marcienne Greindl sur la Radio RCF de Namur, branchez-vous  sur le site www.rcfsudbelgique.be et cliquez sur l'icône où apparait une photo de la Transandine 2013.

vendredi 21 novembre 2014

M0b Transafrica 2015: projet de traverser l'Afrique de l'Est et du Sud à vélo

Carte TransAfrica 2014

2015 du 5 janvier au 2 avril : Rwanda (Kigali) - Burundi - Tanzanie - Zambie - Zimbabwe (Harare) environ 3.000 km

2016 de janvier à mars : de Harare (Zimbabwe) à Qunu (Afrique du Sud) environ 3.000 km

Un nouveau défi après l’Europe de l’Est (Roumanie, Pologne, St-Pétersbourg, Yalta - Crimée), l’Asie (Bangladesh, Cambodge-Laos, Ouzbékistan) et la traversée des Andes (de Quito en Equateur à Santiago au Chili en 2009 et en 2013). 

C’est le dimanche 15 décembre 2013, au Square Nelson Mandela à Gesves en rendant hommage à celui qui a changé le destin de l’Afrique du Sud, que m’est venue l’idée de donner le nom de ce grand homme au défi qui trottait dans ma tête depuis que j’avais rencontré un couple de Français qui avait traversé l’Afrique, en tandem, du Caire au Cap de Bonne Espérance. Le chemin sera long … mais rien en comparaison de ce long chemin vers la liberté qu’ont connu et que connaissent des pays comme l’Afrique du Sud … et bien d’autres pays sur cette planète.

Le dimanche 14 décembre 2014 à 11h30, vous êtes invités au départ symbolique au Square Nelson Mandela à Gesves, en présence de Hélène Pastoors d'Evelette, qui travailla avec Nelson Mandela et Jacques Briard, ancien chargé de projets d'Entraide et Fraternité.

Parrainage

Comme lors de mes voyages précédents je propose un parrainage en faveur d’ONG travaillant en Afrique. J’essayerai dans la mesure du possible de passer par des endroits où celles-ci travaillent. Vous pouvez choisir en fonction de vos convictions et sensibilités personnelles.

a) Pour OXFAM, vous pouvez choisir de soutenir l’action de cette ONG internationale contre l’épidémie d’EBOLA en Afrique de l’Ouest ou contre la famine dans la corne de l’Afrique de l’Est ; www.oxfam.org

b) Pour Entraide et Fraternité, soutien aux projets pour une agriculture paysanne respectueuse de l’environnement au Rwanda et au Burundi ; je compte visiter les projets suivants (à compléter) ; www.entraide.be

c) Pour le projet « Fleurs de soleil » en Zambie : un projet que je visiterai à Kabwe, lancé par le Père Pierre Ruquoy, Scheutiste, originaire de Ligny, qui accueille une centaine d’orphelins de la région, quelle que soit leurs convictions religieuses ; www.elorah.be 

pour vivre ce projet en chanson, cliquer sur un des liens suivants:

- les élèves du collège St-Pierre à Jette (Bruxelles)

https://www.youtube.com/watch?v=J_83lIkN3AM&index=3&list=PLhB5SM5WJlY-wpJvxr4HUj4mqojYAdvsZ

- les élèves de l'école St-Nicolas à Enghien

https://www.youtube.com/watch?v=HT6uXHnB2Vw

Pour en savoir plus sur le projet, cliquez sur le lien:
https://www.youtube.com/watch?v=_Ul3yy3R4j8&list=PLhB5SM5WJlY-wpJvxr4HUj4mqojYAdvsZ

d) Et comme lors des voyages précédents, il est possible de parrainer le Groupe Tiers-Monde de Gesves dont je suis le coordinateur. Nous soutenons des projets d’éducation en Centrafrique (Mbaïki et Berberati) et au Congo (Lubumbashi et Kasongo).

Projets parrainés et numéros de comptes 

a) OXFAM : BE37 0000 0000 2828 ..... (exonération fiscale à partir de 40 Euros par année civile) ... BIC BPOTBEB1 

avec la mention : projets Afrique - parrainage Transafrica Léon Tillieux

b)  Entraide & Fraternité : BE68 0000 0000 3434 ...... (exonération fiscale à partir de 40 Euros) ... BIC BPOTBEB
avec la mention : projets Rwanda / Burundi - parrainage Transafrica Léon Tillieux

c) Projet « Fleurs de soleil » en Zambie : BE82 0000 9019 7468 (exonération fiscale à partir de 40 Euros) ... BIC BPOTBEB1 
de SOS Scheut avec la mention « projet Sunflowers Pierre Ruquoy Zambie»  (ne pas oublier le destinataire)

d) Groupe Tiers-Monde de Gesves : BE22 0682 0181 0547 ..... (pas d’exonération fiscale) ... BIC GKCCBEBB

Projet de Film et recherche de sponsoring

La traversée des Andes en 2009 et en 2013 a fait l’objet de deux films réalisés et montés par Michel et Philippe de Ville : « Transandine : l’impossible exploit » et « Retour dans les Andes ». Je repars avec ma caméra en vue de ramener des images et réaliser un nouveau film qui vous sera présenté au cours de l’année 2016.

C’est la raison pour laquelle je recherche un sponsoring pour lequel votre contribution est la bienvenue au compte suivant : BE42 1030 1806 0054 NICABEBB  au nom de Léon Tillieux.

Les noms des sponsors (sauf s’ils ne le souhaitent pas) figureront dans le générique du film.

Coordonnées 

Adresse courriel : leontillieux@hotmail.com 

Léon Tillieux

rue de l’abbaye, 10 A 
5340 Faulx-les-Tombes 
Belgique gsm : +32 478 618581
D'avance un grand merci pour votre soutien.
Déjà je vous souhaite un joyeux Noël et une bonne année 2015 !

jeudi 30 mai 2013

Transandine 2013 n°5: Le nouveau film à ne pas manquer : " Retour dans les Andes " 2013

Col El Laco sous la neige.JPG

En janvier et février de cette année 2013 au cours de laquelle il fête ses 65 ans, Léon Tillieux de Faulx-les-Tombes est reparti à vélo pour continuer à réaliser son vieux rêve de traverser la Cordillère des Andes, sans nulle autre assistance que sa volonté d’arriver au sommet de cols de plus de 4.000 m et en comptant sur le soutien moral des gens rencontrés et de ses amis via courriel.  En 2009 il était parti de Quito en Equateur jusqu’au Tropique du Capricorne en Argentine, soit 7 mois pour 7.000 km.  Cette année 2013, il est reparti de Salta dans le Nord de l’Argentine jusque Santiago capitale du Chili, soit près de 3.000 km.  

De ce voyage un film a été réalisé par Philippe et Michel de Ville :

dimanche 3 mars 2013

Transandine 2013 n°4: De Taltal à Santiago - fin de la traversée des Andes 2013

Fin de la traversée des Andes 2013

Constraste Santiago.JPGCe jeudi 28 février 2013 en fin de matinée, avec une très grande joie que vous pouvez deviner, je suis arrivé à Santiago, capitale du Chili, avec plusieurs jours d'avance sur le programme que je m'étais fixé en 2012. 

Tout s'est bien passé, pas de difficultés majeures, pas d'ennuis techniques (aucune crevaison) durant ce périple long de 2.738 km pour 42 jours de vélo, soit une moyenne journalière de 67,6 kms et une moyenne horaire de 10,3 kms... et pas une goutte de pluie depuis la mine de fer au Chili où j'avais passé la nuit, le 21 janvier dernier !

Un retour anticipé

Dans mes calculs préparatoires, je tablais sur une avancée journalière moyenne de 50 km. A partir du moment où je me suis rendu compte que souvent le vent de face, venant du Pacifique, se levait à partir de 12 heures, j'ai décidé de partir très tôt en me levant à 5h du matin et de démarrer à 6 heures avant même le lever du jour... Ce qui m'a permis d'avancer plus vite et en me fatiguant moins ! Donc me voilà déjà arrivé et bientôt rentré en Belgique !

Retour sur la dernière étape : de Taltal à Santiago

Fin d'une longue traversée du désert, traversé de vallées très vertes chargées de fruiticultures 

Je vous avais quitté à Taltal, jolie petite ville au bord de l'océan Pacifique en vous envoyant mon troisième message le 8 février dernier. Depuis je vous ai laissé sans nouvelles... me trouvant pour quelques jours encore dans le désert Chilien. Pendant une semaine, j'ai longé la mer en prenant une route parallèle à la Ruta 5, la Panaméricaine. 

Ce n'est qu'en arrivant à Huasco que j'ai retrouvé de la verdure : des arbres, des plantations, des fruits ! Particulièrement dans la vallée de l'Elqui d'ou partent les succulents raisins de table chiliens que nous trouvons dans nos supermarchés en Belgique.

Rencontres de cyclistes randonneurs longue distance

Nuit sur le balcon des Andes.JPGAu bord de la mer, le 10 février, je m'étais arrêté pour manger du poisson délicieux de l'Atlantique, quand un couple de Suisses s'approchèrent de moi en me disant qu'ils voyageaient aussi à vélo. 

Coïncidence, Stefan avait traversé le col de Sico, il y a quelques années et avait logé dans le bureau des douaniers chiliens... ceux-là qui m'avaient chauffé de l'eau pour mon repas le dimanche 20 janvier quand je suis passé par ce col... sous la neige. 

Ces deux jeunes Suisses, Sibylle et Stefan venaient de boucler un périple passant par le col de San Francisco (4.726 m) entre le Chili et l'Argentine... une merveille selon nos deux amis qui chaque année prennent du temps pour prendre distance par rapport à la course folle que nous menons pour notre travail, que ce soit en Suisse, en Belgique... pour, comme les latinos-américains, prendre le temps de vivre. 

Il est vrai que lorsque l'on voyage à vélo, on prend le temps non seulement d'admirer, mais de rencontrer les gens, etc.... cela je vous l'ai déjà dit en long et en large.

Il ne sont pas légion ceux qui circulent à vélo à travers les deux Amériques... surtout d'un bout à l'autre. Lors de la Transandine 2009, j'avais rencontré un Argentin qui avait mis 4 ans pour rejoindre l'Alaska jusqu'à la Terre de Feu... il se faisait parrainer pour les villages d'enfants SOS. Dans l'autre sens non plus, de Ushuaïa (l'extreme-sud de l'Argentine) jusqu'en Alaska, il ne doit pas en avoir beaucoup.

Avec Mauro Italien.JPGLe 12 février, j'ai eu la chance d'en croiser un jeune italien, Mauro, juché sur un vélo de course, comptant rallier les deux extrêmes des Amériques en quelques sept mois... ce qui devait lui faire environ deux cent kms par jours. Il n'emprunte que les routes macadamisées (ex. la Panaméricaine). 

Il arbore un grand drapeau et cherche des sponsors en faveur de la lutte contre le diabète ainsi que pour soutenir un orphelinat au Mexique

Tout content le Mauro que je parlais italien ! Il connaissait même une ONG pour laquelle j'avais travaillé pendant l'été 1970 en Sicile : "Mani Tese" (mains tendues). Pour ceux qui veulent en savoir plus ils peuvent aller voir son site.

Avec Neerlandais.JPGQuelques jours plus tard, ce sont deux jeunes Néerlandais que je croisais. Ils venaient de Ushuaïa comme Mauro mais comptaient s'arrêter en Colombie... c'est déjà pas si mal. Ils avaient été enchantés de la traversée du col "del agua negra" (4.779 m) entre l'Argentine et le Chili

J'ai été frappé par le peu de bagages qu'ils avaient avec eux. C'est ce qui explique la vitesse avec laquelle ils avançaient... vous verrez plus loin que j'ai suivi leur façon de voyager.

"Pour un arpent de terre"

Machine 1.JPGUn jour quelle surprise de voir abandonnés dans une propriété au bord de la route, une ancienne machine à battre le grain et une ancienne machine à vapeur destinée à actionner la première. 

En admirant ces anciennes machines, je n'ai pas pu m'empêcher de me remémorer deux romans écrits par Claude Michelet : "Pour un arpent de terre" ou l'on décrit le travail de ces fameuses machines (fabriquées en Angleterre) et le tome II intitule "Les promesses du ciel et de la terre" relatant la guerre du Pacifique de la fin du 19ème siecle dont je vous avais parlé dans un message précédent.

Un dernier défi pour la Transandine 2013... fier de porter bien haut les couleurs du "coq wallon" !

A la Serena, je devais en principe être hébergé par l'Evêque du coin, ami de Edouard Brion, avec qui j'étais allé en Palestine en décembre dernier. Mais voilà, c'était les vacances et Monseigneur était parti dans son "Castelgandolfo" chilien... je suppose que lui - à l'inverse de Benoit XVI - reviendra pour continuer son travail.

Dès lors, je me suis mis en route plus tôt vers Santiago sans avoir l'opportunité de vous envoyer de message car je me retrouvais de nouveau dans la nature... avec deux alternatives :

  • soit je continuais la Panaméricaine qui longe la côte et qui est constamment chargée de voitures et de camions;
  • soit je prenais des chemins de traverses via une ancienne route appelée "longitudinale" qui était utilisée déjà au temps de la colonie avant que la "Panam" ne soit construite : entre Vicuna et San Felipe

Dure montee.JPGIl s'agissait d'un véritable défi. Les amis Suisses m'avaient averti que c'était très beau... mais très, très dur. 

Après deux premiers jours au cours desquels je parvins à hisser mon vélo et mes 40 kgs de bagages au sommet du fameux col de Hurtado (voir photo en annexe), je pris la sage décision d'expédier un sac avec 12 kgs de bagages inutiles (vêtements pour la haute montagne, etc) via la compagnie de bus jusque San Felipe, à 75 km de Santiago.

Le long d'une ancienne ligne de chemin de fer

Entre Illapel et Cabildo, la route suit le trace d'une ancienne ligne de chemin de fer, ouverte au début du 20eme siècle et abandonnée il y a plus de 50 ans. L'avantage de ce parcours c'est que les pentes ne sont pas très fortes et cela permet d'admirer davantage le paysage. 

Tunnel 1912.JPGSur le trajet plusieurs tunnels avaient été creusés dans les années 1910-1912. Ils sont actuellement ouverts aux voitures... et aux rares cyclistes qui passent par là. 

Bref un véritable RAVeL chilien... pas encore si bien aménagé que chez nous bien sur, mais avec le temps... !

Changement de mode d'hébergement

Tout au long de la première partie de la Transandine 2013, étant donné que j'étais dans un désert, je plantais ma tente le soir, je n'étais jamais dérangé, j'avais tout l'espace pour moi... à condition de ne pas empiéter sur le territoire des compagnies minières, les seuls occupants de cette partie Nord du Chili. 

Il n'y avait aucun concurrent : le désert d'Atacama, un véritable désert comme je vous l'ai déjà dit, il n'y a aucun moustique bien sur, mais pas de fourmis ni d'autres insectes qui viennent vous importuner.

En revanche dans la région très verte renommée par les raisins de table exportés dans nos pays, toutes les parcelles sont privatisées à gauche et à droite de la route. 

La première nuit, je m'étais risqué à planter ma tente au bord d'un chemin apparemment privé ou privatisé... quand je fus réveillé vers minuit par deux gardiens (juchés sur leur monture dont les sabots m'avaient réveillé) qui me prièrent de décamper sur le champ. J'ai continué la nuit au bord d'un champ de salades, je n'ai plus eu le courage de remonter la tente... j'ai dormi à la belle étoile, tout heureux de pouvoir admirer la voute céleste. Au petit matin, les ouvriers agricoles ne sont pas venus me déranger !

Vallee raisins.JPGLes jours suivants, je demandais à pouvoir planter ma tente, soit dans un exploitation de séchage de raisins, soit dans un terrain rempli de camions et autre matériel. 

C'est ainsi que le dimanche 17 février j'ai fait la connaissance de Gabriel, ancien exilé Chilien en France pendant 12 ans et tout heureux de parler Français avec moi.

Il est gardien de nuit pour une entreprise de construction. Le matin, il était tout heureux de m'accueillir chez lui, dans sa petite maison, de m'offrir, lui et son épouse parlant Français également, un délicieux petit déjeuner... et une douche chaude. 

Les autres nuits, j'ai planté la tente dans une propriété de producteurs de raisins. Accueil sympathique autour d'un bon potage ou tout simplement en me disant que je pouvais manger du raisin... le bon raison de table, plein de soleil.

Un soir, alors que le vent du large de l'océan Pacifique, s'était levé, il m'était impossible de monter la tente... quand j'ai eu la chance de pouvoir passer la nuit dans un local du Syndicat de pêcheurs d'un petit village de pêcheurs... des gens très courageux et accueillant de surcroit. Merci à ces travailleurs qui risquent leur vie la nuit dans des conditions pas toujours faciles ! 

Dernier jour vers Santiago via un tunnel

Camionette pour cyclistes.JPGMercredi 28 février, levé très tôt avec départ avant 6h. Une longue montée de 9 km avant d'arriver au tunnel de xxx. 

Là, surprise, un homme m'arrête et m'invite à monter dans une camionnette, véhicule qui reste en permanence à l'entrée du tunnel pour transporter les cyclistes, leur vélo et leurs bagages de l'autre côté du tunnel trop étroit et sans bande d'arrêt d'urgence. 

En effet, sur sur chaque côté de la route à deux bandes ainsi que sur les autoroutes - ou la police permet aux cyclistes de circuler même s'il y a une panneau contredisant cela à l'entrée - il y a une bande "d'emergenzia". 

Dans le tunnel, il n'y en a pas. D'ou le service (gratuit) de transport des cyclistes dont j'ai bénéficié. Dans ce pays, le Chili, il y a des choses qui surprennent, dans l'organisation et la précision. Mais tout n'est pas aussi parfait. 

De toute façon, je puis dire que, parmi les pays Latinos, celui qui ressemble le plus à nos pays Européens de culture latine, c'est bien le Chili. Au Pérou, en Bolivie... et au Brésil (que j'aime particulièrement), c'est différent. Les Chiliens sont sans doute moins "chaleureux" que les Brésiliens... mais j'ai j'a été souvent bien accueilli. 

cela diminue.JPGDe l'autre côté du tunnel, il me reste une petite cinquantaine de kms, tout en descente si bien que j'arrive très tôt à Santiago

Devant me rendre à la place Nunoa, j'ai trouvé facilement ma route dans une ville ou en général le code de la route est respecté. En entrant, j'ai suivi l'avenue de l'indépendance me disant que cela devait être une avenue importante de cette ville énorme (7 millions d'habitants)... elle m'a mené directement au centre, à l'ancienne gare Mapucho.

De là en demandant quelques fois mon chemin (7, 8 fois peut-être) et sans disposer de carte de la ville, je suis arrivé à la place près de laquelle se trouve l'appartement de René, un ami de Dominique, un ami namurois ayant travaillé au Chili. 

Cet ami, René, est parti temporairement au Mexique pour le travail et m'a ouvert son appartement pour les quelques jours que je compte y passer. Première chose à faire: changer la date de mon retour initialement prévu le trois avril.

Retour anticipé en Belgique

Velo pour avion.JPGC'est donc le jour où Benoit XVI mettait fin à son "pontificat" et s'envolait vers Castelgandolfo, que j'arrivais à Santiago et que j'écourtais mon séjour au Chili. Vous me direz il n'y à rien à comparer - l'un voyage en hélicoptère, l'autre à vélo - ceci dit, je rentre donc déjà en Belgique ce mercredi 6 mars 2013 à 22h15 par le vol IB 3208 en provenance de Madrid

Celles et ceux qui veulent venir m'accueillir peuvent le faire si le coeur leur en dit... je pense spécialement à mes supporters habitant la région de Bruxelles. Je peux vous dire qu'il y aura de la joie dans l'air spécialement du côté de Jambes... tout comme dans mon coeur d'ailleurs !

Conclusions

Pourquoi se donner de la peine pour grimper dans les montagnes - et surtout quelles montagnes ces fameuses Andes - par des cols impossibles avec une charge qui écraserait un mulet... telle est la question que certains pouvaient ou pourraient se poser en me voyant pousser sur mes pédales alors qu'il suffirait de toucher du pied une pédale d'accélérateur de voiture ? Et bien j'ai eu tout le temps de réfléchir pour répondre à cette question et encore à bien d'autres questions tout au long de ce qui fut une longue traversée de désert. 

En me lançant dans cette aventure, je ne me rendais pas compte que le Nord du Chili que j'entreprenais de traverser était un désert à ce point aride... et vide. Pourtant, c'est en traversant ces étendues de pierres et de sable que j'ai découvert toutes les richesses qui nous habitent en commençant par celles de notre propre intérieur. 

Plus particulièrement cette année, j'ai découvert en moi une force extraordinaire qui me poussait à aller jusqu'au bout du rêve qui m'habitait depuis longtemps. Au delà de la santé physique dont j'ai pu bénéficier tout au long de ces 7 semaines, c'est de nouveau le mental qui m'a aidé à dépasser tout risque de découragement. Le fait qu'il y avait peu de rencontres possibles dans cet univers, m'a permis d'investiguer davantage au sein de moi-même et de m'émerveiller de ce qui comble ma vie en terme de relations avec les autres et particulièrement avec ceux et celles que j'aime. 

Par ailleurs, en terminant cette traversée andine, j'ai la très grande satisfaction et la très grande fierté de vous dire que nombreux furent ceux et celles que j'ai rencontrés - et parmi eu particulièrement des jeunes - qui étaient en admiration devant le fait que cet "exploit" je pouvais le faire à 64 ans. Ceci dit en ce qui me concerne, je ne compte pas m'arrêter - plus en Amérique du Sud - mais dans des pays comme l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Kirghizistan, etc. Ce sera toutefois pour des séjours plus courts, d'un mois maximum. 

Je ne puis oublier les multiples petits gestes destinés à m'encourager - le coup de klaxon ou l'appel de phares des automobilistes, des camionneurs; ceux qui prenaient la peine de s'arrêter pour s'enquérir de ma destination, si je n'avais besoin de rien. 

Des grands gestes comme l'accueil pour une nuit... et même des plus petits mais aussi importants comme "la gorgée d'eau" proposée par une touriste qui n'avait que sa gourde à offrir, l'assiette de pâtes et de haricots offerte par une femme de pêcheurs qui me répondait qu'il n'y avait un restaurant qu'à 35 km de là, mais qu'elle pouvait me donner ce qu'elle avait; ou encore l'énorme grappe de succulents raisins offerte par un producteur alors que je m'étais arrêté au bord de la route pour manger un peu. 

Tous ces gestes de partage que je ne pourrai oublier tout comme les encouragements que vous m'avez exprimés via courriel. Qu'ils et que vous en soyez remerciés... !

Amis de Dominique Santiago.JPG

Suite de la Transandine 2013... en photo et en film

Un film sur la Transandine 2013 est déjà prévu... vous serez informés. Un livre-photos est également en projet. Si cela vous intéresse répondez-moi par retour du courriel (un clic suffit, pas besoin d'aller acheter un timbre comme au temps passé... ne remettez pas à demain). Sachez simplement que le prix baisse en fonction du nombre d'exemplaires imprimés. 

A bientôt... dans quelques jours... au plaisir de vous revoir !

Leon Tillieux à Santiago

vendredi 8 février 2013

Transandine 2013 n°3: De San Pedro de Atacama à Taltal sur l'océan Pacifique au Chili

Chers amies et amis de la Transandine,
 
J'espere que vous ne souffrez plus trop du froid ... voici des nouvelles du Chili qui vont sans doute vous réchauffer un peu les esprits... ou le coeur.

Quatre jours de visite dans la région de San Pedro de Atacama au Chili

Les Geysers de El Tatio

Après avoir consacré la première journée à un peu de repos, à l'envoi du message numéro 2 et des photos que vous avez appréciées semble-t-il, je suis parti samedi 26 janvier à 4 heures du matin pour visiter, avec une agence, un des sites de geysers les plus grands du monde: les geysers de El Tatio. Malgré la température négative, il fut très agréable de se baigner en plein air dans de l'eau chaude et même de plus en plus chaude au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'orifice par laquelle l'eau sort du coeur de la terre.

La vallée surprenante de la lune

Vallee de la lune D.JPG

Le soir, avec Yves, un Francais qui circule à moto partout en Amérique du Sud, je suis allé visiter la vallée de la lune. En premier lieu les cavernes dans une roche constituée de sel principalement.  Ensuite au moment du coucher du soleil, nous avons grimpé sur une très haute montagne pour admirer la fin du jour et les couleurs de ce site extraordinaire. 

La lune est venue pointer son nez juste à côté du volcan Lincancabur qui domine le salar d'Atacama. Vous jugerez de la beauté de ce spectacle en regardant les photos jointes.

Yves a conduit sa moto modérément tenant compte du fait que je ne suis presque jamais monté sur un tel engin !  Merci à cet ami de m'avoir emmené dans ce site extraordinaire... et d'avoir pu laisser ma monture "sans moteur" se reposer un peu au camping. 

Dimanche 27 janvier : un volcan haut de 5.590 m, un fameux Lascar !

La nuit du 26 au 27 janvier fut très écourtée dû au fait que les voisins du camping ont parlé, chanté et rigolé... jusqu'au moment où il était temps de me lever (vive le camping sauvage dans une nature sans rigolos qui vivent la nuit plutôt que le jour) !  

Avec un guide très compétent et trois autres compagnons de randonnée (Emily, une jeune Etasunienne, travaillant dans un parc naturel en Oregon ... en se présentant, elle m'a dit ne pas savoir où se trouve la Belgique ... comme Georges Bush parait-il ... moi non plus, je ne puis préciser où se trouve l'Oregon, un jeune Australien et Leonardo, un jeune Chilien), nous avons en premier lieu admiré les couleurs turquoises de la lagune de Lejia avant de commencer à monter à partir de 4.900 m. Le guide s'arrêtait de temps en temps pour que nous puissions reprendre notre souffle. 

Après la première moitié de l'ascension, je m'arrêtais sans que le guide ne le fasse... mes compagnons qui me suivaient ne demandaient pas mieux, me semble-t-il !  Après trois heures d'ascension, nous sommes arrivés au bord du cratère: spectacle incroyable de voir cet immense trou où l'on devine le coeur de la terre;  quelques fumeroles nous révèlent que là en dessous cela doit bouillonner tant et plus ! 

Volcan Lascar B.JPG

Le vent ne nous empêche pas de nous jeter dans les bras les-uns les-autres, laissant éclater notre joie. Restent 40 minutes pour arriver au sommet : 5.590 m au dessus du niveau de la mer, ce qui représente la hauteur du Mont Blanc (le plus haut sommet d'Europe) plus la hauteur du Signal de Botrange calculé depuis Ostende !

Là, le vent redouble d'intensité et de nouveau, nous laissons éclater notre joie. En ce qui me concerne, pas de mal de tête, pas de crampes, une bonne résistance au froid grâce aux sous-vêtements en laine de mouton de Nouvelle-Zélande... ce que je vous recommande si vous souffrez du froid en Belgique !

Dans les yeux du salar

Les yeux du Salar.JPG

Lundi 28 janvier, dernier jour de repos à San Pedro de Atacama, je pars très tôt avec le vélo vers la lagune de Cejar où il est possible de se baigner... et de flotter vu la très forte densité de sel.  Un peu plus loin, bain dans les "ojos del salar", c'est-à-dire dans les yeux du salar. 

Un groupe de touristes français s'intéresse à mon périple à vélo ... et me ravitaille en eau et en brochettes de fruits sortant tout droit du frigo box.  Comme cela fait du bien le partage... quant il fait près de 40 degrés !

Rencontre inattendue avec André Etchelecou des Pyrénées

Le dernier soir, une heure de rencontre et d'échanges d'expérience avec ce professeur émérite de l'université de Pau... converti au vélo longue distance et à l'escalade de volcans ! J'ai eu connaissance de ses périples à velo grâce au "forum des voyageurs" sur Internet. Grâce à lui, j'étais au courant des difficultés de la traversée du col de Sico entre l'Argentine et le Chili avant de prendre la route. 

Rencontre avec Andre Etchelecou.JPGPendant cet échange, nous avons mis en commun les souvenirs de la traversée de l'Ouzbekistan et nous avons parlé de projets futurs comme le Kirgizistan (pour moi) ou encore le Tibet (pour André). 

Nous nous sommes donnés rendez-vous dans les Pyrénées pour un partage plus approfondi de cette passion commune du vélo - longue distance - rencontres des populations.

De San Pedro d'Atacama à Antofagasta

Une très très longue montée précédant une longue descente vers Calama

Première journée terrible pour sortir de la région de San Pedro de Atacama vers Calama. Les amis français m'avaient prévenu : ce sera très très dur... "pars tôt pour éviter le vent !".  

A 7h30 je démarre et de suite me trouve le nez devant cette côte à 10% et plus.  Après le passage de la "Cordillera de sal", je me trouve devant une très très longue montée ... de 26 km.  Je mettrai finalement 8h30 pour arriver au sommet du col, le paso Barros Arana ... soit à une moyenne de 3 km/heure ... je pense que même les baudets auraient fait mieux.

En revanche de l'autre côté, malgré le vent, une très longue descente à près de 20 km heure de moyenne.  

Couleurs nationales belges sur le camping.JPGArrivé au camping de Calama, bien accueilli par un couple très sympathique, jugez-en : à peine arrivé, le mari a hissé le drapeau belge!  Les chiliens sont très friants de défilés, saluts au drapeau, etc. 

Ce jour là, outre le drapeau chilien, flottèrent nos couleurs nationales sur cette terre chilienne... remarquez, j'étais le seul campeur (sous tente) ! 

Sur un mur de Calama, un texte de Pablo Neruda

"Yo llegue al cobre, a Chuquicamata, era tarde en las cordilleras.  El aire era como una copa fria, de seca transparencia."  Traduction : " Je suis arrivé à Chuquicamata, la région du cuivre, il se faisait tard dans la cordillère. L'air était comme un verre de fraicheur, d'une sèche transparence".  

Dans ce merveilleux texte, Pablo Neruda décrit très justement cette région de Calama, riche en minerais, surtout de cuivre mais aussi une région désertique avec un tel degré de sécheresse que c'est un des endroits du monde où il y a la plus grande transparence et donc la plus grande visibilité notamment pour l'observation des étoiles.

Visite de la mine de cuivre la plus grande du monde

Mine de cuivre Chuquicamata A.JPG

Je savais que le sous-sol du Chili contenait de grandes richesses minières mais j'ignorais qu'il y avait une mine de telle importance.  Cette visite au coeur du cuivre chilien me rapelle combien l'histoire de ce pays est liée à ces richesses minières. Fin du 19eme siècle, la guerre du Pacifique (1879-1884) opposa le Chili d'une part, le Pérou et la Bolivie d'autre part.  Combien de combats sur terre et sur mer; combien de jeunes sont morts pour les intérêts économiques des classes dirigeantes de l'époque.

Cette guerre coûta a la Bolivie son accès à la mer... depuis, ce pays ne s'en est jamais remis ! Le Chili occupe toujours ces vastes territoires... désertiques certes mais riches en matières premières dont le cuivre.
 
Par ailleurs, plus récemment dans l'histoire contemporaine, je ne puis m'empêcher d'évoquer le défi qu'Allende s'était fixé, en nationalisant les richesses minières du Chili de façon à pouvoir financer un programme social et de justice pour tous les chiliens. Cela ne pouvait qu'aller à l'encontre des intérêts des maîtres du monde qui, par l'intermédiaire de la CIA, installèrent une dictature terrible : Pinochet allait dominer, écraser, assassiner. Des mères sont encore à la recherche dans cette région de Calama, des restes de leur époux ou de leur fils, exécutés après avoir été torturés. Une part très sombre de l'histoire de ce pays !
 
Je ne puis également qu'établir le lien avec la Belgique qui est en train de perdre un fleuron de la Wallonie en ce qui concerne la sidérurgie et de même, proche de nous également, la région Lorraine de Florange en France.  Comment est-il possible de laisser ces richesses nationales entre les mains de puissants (asiatiques et autres) qui ne se préoccupent aucunement du sort des familles des travailleurs ?  Encore faut-il, si l'on opte pour une gestion par l'Etat des ressources stratégiques, une gestion saine ... plus sérieuse que celle que l'on a réservée à Dexia (l'ex-Credit Communal de Belgique) !
 
Sur le mur de Calama, à côté du texte de Pablo Neruda, il y en avait un de Salvador Allende qui disait : " Quiero insistir que, porque el pueblo es gobierno, es posible que hoy dia digamos que el cobre sera de los chilenos "  traduction " Je veux insister sur le fait que, puisque le gouvernement émane du peuple, à partir d'aujourd'hui nous pouvons dire que le cuivre appartiendra aux Chiliens " - texte du 11 juillet 1971, jour où la mine de cuivre de Chuquicamata fut nationalisée".  J'ose espérer qu'aujourd'hui encore la mine est gérée pour le bien de tous les chiliens.

Traversée du désert d'Atacama... un véritable désert !

Le seul arbre du desert.JPG

Entre Calama et Antogagasta, longue traversée du désert d'Atacama.  Je connaissais le salar d'Atacama, réputé pour sa luminosité ... voilà le désert ... un véritable désert !  

Comme le disait Yves, le motard Francais avec qui je suis allé visiter la vallée de la lune, c'est un véritable désert : pas une herbe, pas une plante, rien que des cailloux et du sable. Au Sahara, il y a toujours ici et la, un troupeau de chèvres ou de moutons, un bédouin qui vient vous saluer.

Ici au Chili, pendant plus de 220 km, je n'ai vu aucune habitation, aucune construction (mises à part les installations minières), aucun paysan ... seulement deux piétons au bord de la route.  Je n'ai vu qu'un seul arbre ... encore fallait-il que lorsque j'ai voulu y faire une sieste en dessous de lui, les ordures et les mouches y avaient élu domicile avant moi !

Baquedano, noeud ferroviaire vers la Bolivie

Une attraction quand même dans le désert d'Atacama, c'est le musée ferroviaire de Baquedano, important noeux ferroviaire de la compagnie de trains qui reliait et relie toujours la ville d'Antofagasta et la Bolivie.  Ligne stratégique en ce qui concerne le transport de minerais ... car si c'est un désert, il y a plein de richesses dans le sous-sol :  cuivre, salitre (mélange de sodium et de nitrate de potassium). 

De Antofagasta à Taltal sur l'océan Pacifique au Chili

Antofagasta, un grand port sur l'océan

Port d'Antofagasta C.JPG

Découverte de bon matin de cette très grande ville du Nord du Chili, port très important, ayant conservé plusieurs bâtiments anciens dont la gare ferroviaire de la FCAB (Compagnie de chemins de fer d'Antofagasta et de Bolivie), le bâtiment des douanes, etc. 

Charmante place avec la tour de l'horloge... où j'ai parlé avec deux touristes allemandes s'exprimant en un français impeccable et s'intéressant à mon périple.

En suivant la route numéro 1 renseignée sur la carte routière éditée en Allemagne, j'avais l'intention de rejoindre la ville de Taltal en suivant l'océan.  Apres quelques kms, je me suis retrouvé sur un sentier qui devenait de plus en plus escarpé... si bien que j'ai pris la sage décision de faire demi-tour et de suivre la Panaméricaine. 

Une nuit passée dans... et en dehors de l'annexe d'une chapelle militaire

Après l'aventure avortée de la route côtière qui n'existe plus, je décide de quitter cette grande ville d'Antofagasta en espérant trouver un endroit calme et sûr pour planter la tente.  En voyant au bord de l'océan une "chapelle militaire", je m'approche et demande au chef des ouvriers en train de rénover l'annexe, si je peux planter la tente à cet endroit.  Celui-ci me répond "bien sûr" et m'invite a installer mes pénates dans l'annexe.  

Après un brin de toilette, bien nécessaire "après la traversée du désert", je m'endors ... sous les yeux de la statue de la Vierge.  Vers minuit, deux militaires viennent, tout désolés, me dire que leur chef leur a rapellé que ce lieu, même s'il est béni ... est territoire militaire ... donc je dois partir.  Apres avoir sorti tous mes bagages et refermé la porte (dont je n'ai pas la clef), le soldats me disent que je peux aller m'installer sur la plage toute proche.

Sur le parvis on est bien.JPGMais se rendant compte que mes nombreux bagages risquent d'attirer du monde, ils reprennent contact avec leur chef, explique la situation au chef ... qui revient sur sa décision : le lieu me redevient "ouvert".  Mais je n'ai pas la clef.  Je propose donc aux soldats qui acquiescent, de passer la nuit ... devant la porte.

Après tout "sur le parvis de l'eglise", on y est aussi bien (un petit clin d'oeil à Jacques Gaillot qui devrait apprécier la mésaventure)... d'autant plus qu'il fait chaud et qu'il n'y a pas de moustiques.

Le lendemain matin au petit réveil, un des soldats est venu s'enquérir, si j'avais bien dormi, si j'avais à manger, si j'avais de l'eau et si personne n'était venu me déranger ... quand même sympas les militaires chiliens !!

Un nouveau désert :  320 km entre Antofagasta et Taltal

Affonso le Brésilien rencontré à San Antonio de los Cobres m'avait averti : " tu devras traverser un désert pendant 400 km.  Il faut prendre de la nourriture car il n'y a aucun moyen de se ravitailler.  Pour l'eau, juste quelques litres.  Quant tu vois ta réserve diminuer... tu fais signe aux camions et aux voitures en agitant une bouteille vide." 

Ce que j'ai fait... et dans les cinq minutes, un camion ou une voiture s'arrêtait :  de l'eau fraiche, des biscuits... et même une grappe de raisins !  Comme quoi dans le désert, la solidarité... je l'ai expérimentée une fois de plus. Affonso quant à lui est arrivé à Potosi en Bolive (selon courriel reçu de lui... la magie d'Internet) !

Une nuit dans un espace réduit réservé à une douche

Le mardi 5 février, alors que je luttais contre un vent fort de face, je vois comme dans un mirage une "posada" ... un restaurant pour routiers. Je n'hésite pas, je demande - outre un bon repas - à pouvoir installer ma tente dans le jardin (plutôt un dépôt de toutes sortes:  vieux camions, objets hétéroclites, etc).  Le patron accepte et me propose de passer la nuit dans un espace réduit prevu pour une douche et mesurant 3 m sur 1,5.  Pour moi, j'y ai très bien dormi, en compagnie du vélo (la roue avant démontée)... c'était toujours mieux que d'essayer de monter la tente, par ce vent "à décorner les boeufs" !

Taltal, cité balnéaire tranquille au bord de l'océan

Il n'y a plus de route !Depuis que le gérant du camping de Calama m'a dit que le vent du Pacifique se levait à partir de midi, je pars tous les jours à 6 heures. Levé à 5 heures, je bénéficie ainsi des premières heures du jour sans vent. Par après, à certains moments, il est impossible d'avancer à plus de 7 km/heure.

Pour planter la tente, j'ai récupéré au bord de la route des "élastiques" découpés par les camionneurs dans de vieilles chambres à air. Cela me permet d'insérer à chaque coin de la tente une grosse pierre ... et le vent peut venir !
 
Après ce long message envoyé de Taltal, je vous donne rendez-vous dans une dizaine de jours.  J'avance bien malgré le vent.  Je suis arrivé à la moitié du parcours prévu :  j'ai dépassé les 1.400 km.  Demain je rejoins la panaméricaine. Il me restera 1.100 km jusque Santiago... plus quelques détours vers la mer ou des sites intéressants.

L'album photo de cette étape est sur skydrive.

A plus
 
Léon

vendredi 25 janvier 2013

Transandine 2013 n°2: De San Antonio de los Cobres (Argentine) à San Pedro de Atacama (Chili)

Chers amies et amis de la transandine 2013,

Merci à ceux et celles qui ont répondu au premier message envoyé de San Antonio de los Cobres en Argentine. Me voici arrivé à San Pedro de Atacama au Chili après un long et périlleux voyage à travers la cordillère des Andes via le col de Sico. 

En vous quittant à l'issue du premier message, je vous exprimais toutes mes craintes quant à cette traversée par une route très peu fréquentée et le long de laquelle je savais qu'il n'y avait aucun endroit d'hébergement ni de ravitaillement possibles. Aujourd'hui, j'ai la grande joie de vous annoncer que j'y suis arrivé au bout de 9 jours difficiles mais combien enrichissants surtout de par les rencontres que j'ai faites.

De San Antonio de los Cobres à Olacapato en Argentine via un col de 4.560 mètres

Avec Affonso du Bresil.JPG

En quittant San Antonio et en disant adieu à Nabor, le gérant du petit hôtel où j'avais passé trois nuits, j'avais dans la tête les renseignements importants reçus d'un jeune brésilien qui venait de passer le col de Sico tant redouté et que j'ai croisé par hasard alors qu'il arrivait dégoulinant sous l'orage qui venait de le surprendre.

Au cours de la soirée passée ensemble, il m'avait décrit les difficultés qu'il venait d'affronter: pluie, grêle, froid, absence de ravitaillement... mais aussi qu'il était possible de demander de l'eau aux policiers au poste frontière et surtout de passer la nuit dans les locaux de l'ancienne mine de fer de El Laco située du côté chilien.

Affonso, ce jeune Brésilien était en route pour un long périple de plus d'un an à travers tous les pays des Amériques. Il s'arrêtait dans les petites villes, il demandait l'hospitalité chez les pompiers, à la Mairie ou auprès des institutions religieuses. A San Antonio, il a partagé ma chambre et toutes ses émotions ressenties tout au long d'un voyage exceptionnel.

Pour atteindre Olacapato, j'ai du monter un col de 4.560 mètres, le "alto Chorillo". Après de fréquents arrêts sur une route en pierres, à 4 km du sommet, j'ai planté ma tente dans un tournant, exténué, attendant une nuit reposante pour continuer.

Nuit sous la pluie col de Sico Chili.JPG

Encouragé par deux Français le lendemain matin, c'est avec une très grande joie que j'arrivais au sommet.

Je pensais que la descente serait facile mais une portion ensablée m'attendait, celle pour laquelle mon ami des Pyrénées, André Etchelecou avait loué une voiture. Mais ce passage difficile fut plus court que prévu.

A Olacapato, je me suis rendu directement au poste de santé. En effet, le second jour du voyage,en cherchant un endroit pour planter la tente, je m'étais "planté" une longue épine dans le tibia. N'ayant pu désinfecter la plaie convenablement, je craignais une infection.

Une gentille infirmière a regardé la plaie et par mesure de sécurité (il n'y a aucun poste de santé avant 200 km), elle m'a donné des antibiotiques. Lorsque j'ai voulu la rétribuer pour ce service, elle m'a répondu "c'est gratuit"... même pour les étrangers ! Ah bon ! C'est pas partout comme cela !

De Olacapato (Argentine) à la mine de fer de El Laco (Chili): traversée "apocalyptique" du col de Sico pratiquement désert

En quittant le petit "hospedage" d'Olacapato où j'avais pu prendre une bonne douche chaude et donner un bon brin de toilette à ma monture (le vélo), je partais avec beaucoup d'appréhension. Le premier jour, en voulant me réchauffer de l'eau, je ne parvenais pas - avec des allumettes qui avaient pris l'humidité - à allumer mon camping gaz. Moment de panique, je n'avais que des sachets de nourriture lyophilisée et durant 5 jours j'étais certain de ne rencontrer personne.

Salar aguas calientes Chili.JPG

Petit à petit, j'ai repris mes esprits et mon courage. Au bord du Salar merveilleux del Rincon, j'ai réussi à allumer un feu avec des bouts de bois et... un briquet reçu de touristes anglais tout ébahis de rencontrer un cycliste à cet endroit. Le vent s'étant calmé pour planter la tente, je passais une nuit étoilée au bord d'une route sur laquelle aucun véhicule ne vint troubler un silence impressionnant.

Le lendemain samedi 19 janvier 2013, je voyais au loin le col de Sico mais je perdis pas mal de temps à cause d'une portion de boue... rouge comme le fer de cette région. Nettoyage de la monture et surtout de la chaine ! Me voilà enfin arrivé au poste frontière Argentin.

Bien reçu par les douaniers qui visiblement n'ont guère de travail. Par précaution, je leur demande des allumettes; n'ayant sans doute pas une boîte complète à me donner, l'un deux me donne quelques allumettes avec un petit centimètre carré de la partie destinée au frottement de l'allumette. Un petit geste mais une bonne intention!

Frontiere Argentine Chili.JPG

La suite fut moins agréable. Dès le passage du col de Sico qui marque la frontière entre l'Argentine et le Chili à 4.092 mètres, un orage s'annonce. Bien vite je dois m'arrêter et m'abriter comme je peux. Cela devient "apocalyptique"... si bien que je crains que les éclairs qui éclatent de partout ne nous (le vélo et moi) prennent pour cible. L'orage s'arrête mais pas la pluie. Je monte la tente au bord de la route. Un véhicule passe.

La nuit, en sortant pour un besoin naturel, je suis dans le brouillard total... je ne vois pas à plus d'un mètre. Le lendemain matin, la pluie est omniprésente. Je devine au loin un cycliste : c'est Alejandro, un Argentin qui retourne dans son pays en tirant une remorque. Brefs échanges; il me confirme que les gars de la mine accueillent les voyageurs de notre espèce.

Deux cols m'attendent avant que je ne puisse me reposer. Le premier est relativement facile étant donné que la pluie s'est arrêtée. J'arrive au poste des douaniers chiliens. Je leur demande de l'eau chaude pour réchauffer un plat lyophilisé. Dans un petit local, nous sommes quatre. Pas beaucoup de travail pour eux : en moyenne un véhicule par jour à contrôler. Ce dimanche 20 janvier, un peu plus de travail : une voiture argentine... et deux cyclistes !

Le plus dur était à venir. Après avoir subi le contrôle du douanier vérifiant que je n'avais pas de fruits (d'Argentine, il est formellement interdit d'importer des fruits et légumes - même pas une banane), je reprends la route. Mais la pluie drue et froide est là, qui se transforme en neige fondante et puis en neige. J'ai les pieds trempés en traversant des torrents de boue. Ma monture, elle ne se plaint pas.

J'aperçois au loin des vigognes (cousines des lamas et alpagas) qui cherchent un peu de nourriture. Lentement, très lentement mais sûrement, j'arrive au sommet du col de "el Laco" ; mon altimètre marque 4.525m. Je photographie mes pas (éphémères) dans la neige des Andes ! Prudemment j'entreprends la descente. Arrivé à hauteur de la mine de fer, un homme me fait signe de venir avec de grands gestes... oui, les cyclistes sont les bienvenus !

Accueil a la mine Chili.JPG

Une nuit bien au chaud dans les locaux de cette mine de fer désaffectée depuis les années 1980. Oscar et José, sont chargés de garder les locaux et ce 365 jours par an... loin de leur famille. Heureusement, ils ont téléphone et Internet pour communiquer. 

Nous sommes cinq à partager le repas du soir (omelettes aux tomates) : deux camionneurs argentins passent la nuit également dans ces locaux car leurs camions sont restés bloqués à cause la neige. Oscar m'explique que c'est très rare qu'il y ait de la neige... j'ai bien choisi le jour !

De la mine de "El Laco" a San Pedro de Atacama ... sous un ciel bleu ... et un soleil le plus radieux qu'il soit !

Lagune Miscanti.JPG

Le lendemain, ciel bleu, soleil radieux. "Despues de la lluvia y de la nieve ... vien siempreel sol !". Comme l'écrivait Ghislaine Wathelet, une coopérante belge que le groupe tiers-monde de Gesves soutenait dans les années 1980 dans son travail social à Osorno au Chili ... elle avait raison ! Je ne reverrai plus la pluie (ni la neige) jusque San Pedro de Atacama

Mais jusque là, la route est encore longue et la route dure avec ses pierrailles. Trois cols également mais de moindre difficulté, tout en dépassant chacun les 4.000 m. Presque pas de véhicules mais des rencontres exceptionnelles... jugez-en. La route longe des merveilles (lagunes et salars). Je prends le temps d'admirer les couleurs de ces richesses naturelles et encore préservées de toute intrusion humaine.

La chaleur est là aussi... eau et nourriture commencent à manquer. Alors que j'étais en train de me demander pourquoi je ne recevais que si peu de messages d'encouragement de mes amis et de mes amies de ma longue liste d'adresses, j'ai tant reçu de la part de personnes que j'ai croisées... que je me suis dis finalement"au lieu de nous plaindre de ce que nous n'avons pas, profitons de la richesse de ce qui nous est donné de la part de ceux et celles qui se donnent la peine de s'arrêter et de nous rencontrer dans un esprit de fraternité et d'humanité".

C'est ainsi que, en arrêtant une ambulance sur le trajet du retour (elle m'avait croisé le matin), en leur demandant de l'eau, spontanément, les ambulanciers me donnèrent carrément leur pique-nique (pain, fromage, jambon)... alors qu'il leur restait plus de 200 km à parcourir pour rejoindre le poste de santé de Calama.

Odile guide Francaise.JPG

Le lendemain, un 4x4 s'arrête. En descend Odile,une jeune guide de nationalité Française. Elle m'apprend qu'elle a vécu quelque temps à Thy-le-chateau en Belgique... à la communauté "des Béatitudes" ! Elle me promet, qu'au retour, elle me donnera les restes du pique-nique non consommé des touristes qu'elle accompagne. Quelques heures plus tard, elle s'arrête. 

Pendant deux jours je me régalerai de pâtes au saumon, de feta aux olives ... dans un environnement ou rien ne pousse ! Un autre véhicule s'arrête :en me montrant un cadenas pour vélo, le chauffeur me demande."Ne serait-ce pas à vous?"... moi qui m'étais juré de ne rien perdre au cours du voyage !

En admirant la belle petite église au toit de chaume de Socaire, je me fais interpeller par un groupe de touristes. Précédemment, la plupart des mini-bus remplis de touristes n'accordaient guère d'attention (et réciproquement) à un cycliste roulant sous un soleil de plomb. J'ai pu réviser mon jugement. 

Ce groupe composé de gens parlant l'espagnol, le brésilien et le français (j'ai pu parler avec chacun d'eux dans leur langue) se sont intéressés à mon voyage, au parrainage qui accompagne ce voyage, aux difficultés rencontrées. Avant de me quitter, après m'avoir donné des fruits et des noix du Para (Brésil - cela me rappelle de bons souvenirs), ils me demandèrent ce dont j'avais besoin: des encouragements !

En les quittant, ils m'applaudirent, rangés sur deux files et en criant "allez, Léon !". En plus, une des personnes me donna un produit curatif pour les lèvres durement mordues par le soleil ! 

Pour visiter les lagunes Miscanti et Miñiques, je devais quitter la route principale et emprunter sur 8 km une route horrible en graviers si bien que j'ai caché le vélo dans les rochers; j'ai fait du stop et la première voiture s'est arrêtée. Quatre jeunes étudiants de Santiago m'ont permis de visiter les belles lagunes au bord desquelles broutent tranquillement de jolies vigognes. Nous nous sommes retrouvés une fois en cours de route et deux fois à San Pedro ... hasard de l'amitié !

Couleurs Andes au coucher soleil.JPG

Il me restait 90 km sur une belle route asphaltée pour rejoindre San Pedro de Atacama. Changement de décor : le Salar d'Atacama, avec ses couleurs rouge, brun, bleu, blanc, etc... me suit tout au long de la route par la gauche. La nuit au bord d'un des Salars (lacs de sel asséchés, parfois réserves importantes de lithium) les plus étendus de la planète, est douce et étoilée. La lune m'empêche cependant de voir beaucoup d'étoiles.

Moyens de transport differents.JPG

Lors de la dernière journée (jeudi 24 janvier 2013), une rencontre de plus... inattendue. Un motard fait demi-tour. Il s'enquiert de savoir si rien ne me manque. Il me donne rendez-vous à San Pedro pour le repas du soir. 

A l'entrée de San Pedro, j'ai le loisir, dans la longue file de contrôle des passeports, d'échanger avec une famille argentine sur l'opportunité d'interdire l'importation de fruits et légumes ... et même d'un petit cactus... dans un Mercosur (marché commun entre les pays du cône Sud) qui a très difficile à démarrer dans les faits !

Premier soir à San Pedro. Tommy, le Suisse de Zurich, ancien employé de banque, m'invite à souper (un succulent poulet aux champignons) dans un sympathique restaurant de cette ville envahie par de nombreux touristes à majorité français. Les extrêmes se rencontrent : le randonneur cycliste ... et le motard, passionné de moto longue distance à travers le Pérou, l'Argentine, pratiquant la vitesse pure à moto, le marathon en montagne, par ailleurs membre de l'équipe de recherche des égarés du Dakar dans les dunes (au fait ces dunes sont-elles vraiment destinées aux camions et aux voitures ?).

Ce vendredi 25 janvier, Tommy repart vers Santiago. Quant à moi, je prépare l'une ou l'autre excursion à vélo et en 4x4. Un autre défi m'attend : j'envisage de monter au volcan Lascar à près de 5.000 m. avec un guide et un jeune de 30 ans intéressé par le trekking ... en fait, je n'en ai que deux fois plus que lui ! Quant à l'altitude, n'ayez crainte ... j'ai l'habitude !

Couleurs andines au soir.JPG

Prochain message ... le long de la route vers Santiago. Il me reste 2.200 km à parcourir ... un peu plus que les 541 km parcourus à ce jour !

Amitiés. Léon Tillieux

San Pedro de Atacama (Chili), vendredi 25 janvier 2013

mercredi 16 janvier 2013

Transandine 2013 n°1: De Salta à San Antonio de los Cobres en Argentine

Chers amies et amis,
 
Tout d'abord un grand merci à celles et ceux qui ont parrainé une des quatre ONG soutenues par ce nouveau voyage à vélo.  Merci également pour les dons recus pour le sponsoring du film qui (normalement) sera réalisé a l'issue de ce nouveau défi.
 
Voyage de Zaventem á Buenos Aires et Salta en Argentine
 
Tout s'est bien passé y compris le transfert entre l'aéroport International de Buenos Aires et l'Aéroparque situé au bord du Rio de la Plata; c'est lá que j'ai passé ma première nuit sud-américaine à côté du vèlo qui sera embarqué gratuitement vers Salta grâce à l'aide d'une charmante dame de la compagnie LAN Argentina. A Zaventem, heureusement, j'ai pu embarquer avec une paire de chaussures de réserve attachée au bagage de cabine - devenant ainsi un peu "hors gabarit" aux yeux de l'employé de service IBERIA un peu trop rigide.  Heureusement la plaque annoncant la "Transandina Salta - Santiago - Chile" n'est pas "hors dimension" et pourra s'envoler vers les Andes pour un voyage peu habituel ... surtout pour ceux qui savent ouvrir les yeux.
 
Départ direct vers les Andes
 
Une nuit reposante dans un petit "hospedaje" renseigné par mon ami francais André Etchelecou qui a réalisé il y a quelques mois la boucle Salta, Paso de Jama, San Pedro de Atacama, Paso de Sico, San Antonio de los Cobres, Salta; accueil chaleureux par Sebastian qui me refile une adresse sur la côte chilienne ... et me voilà déjá en route vers la cordillère.  Au premier carrefour, oubliant que j'avais mes clips, me voilà par terre ... plus de peur que de mal.  La trousse de secours est ainsi déjá utilisée au moment ou deux jeunes demandent mon adresse courriel.
 
Ignorant que j'allais croiser les véhicules techniques ainsi que les concurrents camions du Dakar, je me dirige par la route N51 vers "Las Cuevas" vers ou convergent les spectateurs venant d'Argentine mais aussi du Paraguay et de Bolivie. Un 4x4 s'arrête à ma hauteur ... pour me prendre en photo. J'ignorais qu'un cycliste pouvait tant intéresser des tenants des sports moteurs. En échange, je recois une bouteille d'eau, bienvenue sur cette route de chaleur et de poussière!  Un peu plus loin, quelques jeunes spectateurs encouragent des gestes et de la voix, ces "fous" roulant á toute allure.  Interrogeant l'un des supporters découvrant pour la première fois cette caravane peu coutumière, j'ai la confirmation qu'il sait que Dakar se trouve bien en Afrique. Je suis rassuré!
 
Un accueil tout simple au bord d'une route "Dakarisée"
 
Le second jour, vers 14h, l'estomac dans les talons, j'apprends que le prochain restaurant se trouve à 50 km. Si bien que je n'hésite pas à accepter l'invitation á dîner (á l'heure belge) d'un couple de retraités, Salvator et Carril, venus respirer pendant trois jours le bon air et installer leur tente en dessous des arbres qui bordent le chemin de fer du train des nuages.  Au menu:  soupe, viande de taureau, légumes.  Je repars, l'estomac rempli et le coeur riche d'une nouvelle rencontre.
 
Premier col.JPGPetit à petit je monte et passe imperceptiblement d'une altitude de 1.200 métres (Salta) à plus de 4.000 mètres.  Tout se passe bien au début, la route s'élève lentement. La seconde nuit, j'installe la tente à côté des rails du train des nuages qui assure la liaison Salta - San Antonio de los Cobres ... pas de danger, il n'y a qu'un train (touristique) ... le samedi. La nuit sera pluvieuse.  

Qu'à cela ne tienne le lendemain, le soleil généreux de la mi-journée se charge de sècher tout le matériel de camping. La troisième nuit sous tente, sentant la pluie venir, je m'installe dans un abri-bus de 2 mètres sur 2 ... juste ce qu'il me faut.  

Des fans de la moto s'arrêtent; ils me parlent de la célèbre "Ruta N40" qui sillonne toute l'Argentine du Nord au Sud en longeant la cordillère des Andes ... les gravillons et le sable ou les roues s'enlisent constituent une horreur pour les voyageurs. Je me souviens d'y être passé à vélo dans la dernière partie de la Transandine 2009.
 
Une bonne nuit et me voilà en route, dimanche matin vers 8 heures.  Fini les camions du Dakar, les véhicules d'assistance technique, les motards ... le calme revient.  La route monte.  Une paysanne aux vêtements colorés manille énergiquement la pelle.  Celle qui vit ainsi paisiblement mais certainement modestement en travaillant un petit terrain accroché aux flancs de la montagne, ne doit pas trop chercher à tromper le fisc ou à changer de nationalité pour des raisons semblables.  Elle est là occupée par son ouvrage et ne remarque même pas ma présence.  Elle n'est ni Reine, ni actrice de cinema mais elle ajoute une touche indescriptible de courage et de couleur dans ce merveilleux espace andin.
 
Le mal des montagnes réapparait
 
Quant à moi, l'altitude commence a se faire sentir.  Comme lors de l'ascension du col du Papallacta en Equateur le 10 mai 2009, je dois m'arrêter régulièrement pour reprendre mon souffle.  Au sommet, un panneau rapelle l'exploit realisé le 1er décembre 1915 par un "véhicule automobile" qui pour la première fois franchissait la barre des 4.000 mètres - un évènement mondial ... à l'époque !.  Quant à moi, je suis fier d'y être arrivé également ... après maints arrêts ... mais - je vous le jure - pas une seule fois pour un plein d'essence!
 
Premieres difficultes.JPGLa suite est bien plus rapide sur les flancs de l'Abra blanca, col culminant à 4.060 mètres.  Descente vertigineuse sur une route macadamisée ... j'en profite car bientôt la route empierrée des Andes me réapparait avec ses trainées de poussière.  A San Antonio de los Cobres, je suis hébergé à l'hospedage "Sumaq Sumay" renseigné par André Etchelecou.  Bon accueil, un bon lit ... et un ordinateur pour vous conter cette bonne première semaine sans problème majeur.
 
La suite dans une dizaine de jours depuis San Pedro de Atacama au Chili.
 
Deux journées de repos complet pour que mon organsime se réadapte à l'altitude.  Renseignements pris auprès des policiers de la ville en ce qui concerne le passage de la frontière au col de Sico et auprès de l'agence d'Infos touristiques en ce qui concerne les possibilités d'hébergement, de ravitaillement (surtout en eau), les conditions météo (pluie et vent annoncés).  Le grand saut des Andes par le col de Sico m'attend. Pour en découvrir les difficultés, consultez le site de André Etchelecou :  www.etchelec.free.fr
 
Ne vous inquiètez pas de ne pas avoir de nouvelles pendant 10-12 jours:  dans les Andes et la région du Salar d'Atacama, il n'y a ni SMS, ni téléphone ... et les hélicos du Dakar sont loin (heureusement pour la quiétude) !
 
Léon

dimanche 23 décembre 2012

Transandine 2013 n°0: présentation du projet : 3.000 km de janvier à mars 2013

Un rêve solitaire et solidaire ...

Continuer le rêve de Julos Beaucarne : enfourcher un "deux roues" et aller à la rencontre des gens dans les Andes ...

- sans nul autre moyen d'assistance que ses propres jambes ;

- avec comme unique moteur, la volonté d'arriver au sommet et la détermination d'aller jusqu'au bout du voyage ;

- avec comme principal viatique, l'accueil et la rencontre des gens du pays, les "paysans", partager leur courage face aux injustices qui marquent leur vie

et ... recevoir les messages encourageants des ami(e)s de Belgique et d'ailleurs ...

La Transandine 2013 à vélo … un nouveau défi

 

Présentation du voyage

En cette année 2013 qui pointe son nez et au cours de laquelle je vais fêter mes 65 ans, je me sens de nouveau poussé à pédaler et à réaliser un vieux rêve de traverser la Cordillère des Andes à vélo. Il s’agira de continuer à relever ce défi commencé en mai 2009 (départ de Quito en Equateur) jusque Salta dans le Nord de l’Argentine en novembre 2009 soit 7 mois et 7.000 km parcourus (trajet en vert sur la carte jointe)..

Un nouveau défi : au départ de Salta (Argentine), traversée des Andes en suivant le trajet du « Train des nuages », passage de la frontière vers le Chili par le col de Sico (4.079 m), traversée du désert d’Atacama (Chili), « descente » vers le Sud, avec « quelques montées » pour arriver à Santiago, capitale du Chili, soit environ 3.000 km de janvier à mars 2013 (trajet en rouge sur la carte jointe)..

Parrainage

Comme lors de mes voyages précédents (Bangladesh 2003, St-Pétersbourg 2006, Yalta 2008, Transandine 2009 et Cambodge-Laos 2010), je propose un parrainage en faveur de trois ONG travaillant en Amérique du Sud.J’ai choisi plus précisément trois projets dans lesquels travaillent des gens que j’ai rencontrés et qui travaillent à des endroits par où je suis passé en 2009 :

a) Pour OXFAM, projet de soutien au MIT, le Mouvement Indigène et Paysan de Tungurahua (Equateur), qui cherche à défendre et à promouvoir les Droits des Indigènes, en les aidant à commercialiser directement les produits de leur travail, en les formant et en améliorant la production grâce à l’agriculture biologique.

b) Pour Entraide et Fraternité, soutien au projet de l’association péruvienne GRUFIDES qui, dans les régions de Cajamarca et Bambamarca, défend les droits des paysans, affectés par les sociétés d’exploitation minière qui n’hésitent pas à utiliser le cyanure pour séparer l’or de la roche.Le fondateur de cette association, le Père Marco Arana a été arrêté et battu en prison parce qu’il défendait le droit des paysans à garder leurs terres et à lutter contre la pollution de celles-ci et des nappes phréatiques.

c) Pour Shiripuno en Equateur : un autre projet qui me tient à cœur également est celui de ma petite cousine Amélie Leman qui, avec son mari Equatorien Teodoro Rivadeneyra, travaille en Amazonie dans la région du Rio Napo, par laquelle j’ai fait un petit détour en 2009 au début de ma chevauchée transandine. Le projet de construction d’un restaurant communautaire en matériaux traditionnels et durables est destiné à la restauration des habitants du village, des 72 enfants de l'école qui bénéficient d'un déjeuner équilibré et des visiteurs. Situé au centre du village, il se veut être un lieu de rassemblement dans un esprit de partage de connaissances et de découverte de la culture quichua. De plus, des sessions de sensibilisation-formation à l’alimentation seront dispensées tant aux cuisiniers qu'aux membres de la communauté. Ceci dans le but d’acquérir une meilleure connaissance des principes clés d’une alimentation saine et équilibrée et, par ce fait, lutter contre la malnutrition. Par deux fois, ce restaurant fut envahi par les eaux du fleuve et à chaque fois, les habitants ont voulu le reconstruire.

d) Et comme lors des voyages précédents, il est possible également de parrainer le Groupe Tiers-Monde de Gesvesdont je suis le coordinateur.

Projets parrainés et numéros de comptes

OXFAM : BE37 0000 0000 2828 ..... (exonération fiscale à partir de 40 Euros par année civile) ..... BIC BPOTBEB1

Entraide & Fraternité : BE68 0000 0000 3434 ...... (exonération fiscale à partir de 40 Euros par année civile) ..... BIC BPOTBEB1

Projet de Shiripuno en Equateur : BE77 5230 4546 0642 ..... (pas d’exonération fiscale) ..... BIC TRIOBEBB

Groupe Tiers-Monde de Gesves : BE22 0682 0181 0547 ..... (pas d’exonération fiscale) ..... BIC GKCCBEBB

Projet de film et recherche de sponsoring

Le premier voyage dans les Andes en 2009 a fait l’objet d’un film réalisé et monté par Michel et Philippe de Ville « Transandine : l’impossible exploit ». Je repars avec ma caméra en vue de ramener des images et réaliser un nouveau film qui vous sera présenté au cours de l’année 2013.

C’est la raison pour laquelle je recherche un sponsoring pour lequel votre contribution est la bienvenue au compte suivant :

BE42 1030 1806 0054 ..... BIC NICABEBB ouvert au nom de Léon Tillieux.

Coordonnées

Adresse courriel : leontillieux@hotmail.com

Léon Tillieux

rue de l’abbaye, 10 A

5340 Faulx-les-Tombes

gsm : +32 478 618581

D'avance un grand merci pour votre soutien. Déjà je vous souhaite un joyeux Noël et une bonne année 2013 !

lundi 23 août 2010

Transandine 2009 n°32: Film et livre photo sur la Transandine 2009

Projection du film " La transandine : l'impossible exploit "

Réalisé par Philippe et Michel de Ville - durée 42 minutes

Au total plus de 700 personnes ont vu le film

Sur demande : projection (gratuite) dans les écoles, collectivités, mouvements de jeunesse ou groupements 3 x 20 ans ainsi que pour tout groupe intéressé par la problématique du développement, par les rencontres interculturelles et des voyages "hors des sentiers battus" ...

Contact : leontillieux AT hotmail.com
GSM : +32 478 618581

Livre-photos en vente

Une des 200 photos de la Transandine publiées dans ce livre :

40 € à verser au compte Triodos Bruxelles : BE77 5230 4546 0642 de Léon Tillieux - code BIC TRIOBEBB avec vos coordonnées postales !

jeudi 31 décembre 2009

Transandine 2009 n°31: Transandine 2009 - livre photo et projection du film à Gesves et à Namur

Chères amies, chers amis,

En 2009, j'ai effectué un voyage long de 7.000 km à vélo à travers les Andes dont les parrainages soutenaient l'Action Damien, OXFAM, Entraide & Fraternité et le Groupe Tiers-Monde de Gesves.  Vous avez suivi ce voyage sur ce blog et grâce aux messages hebdomadaires que je vous envoyais.

Le livre photo et le film DVD dont je vous avais parlé dans mes derniers messages sont prêts.

1- Le livre photo   " un rêve, un défi ... face à l'impossible "

Voici une photo de la couverture du livre qui porte comme titre:

    Sept mois et deux roues pour une traversée "solitaire-solidaire" des Andes.




Pour commander ce livre contenant 200 photos du voyage, veuillez verser la somme de 40 € au compte suivant: 523 - 0454606 - 42 (Triodos)

Bic =  TRIOBEBB     IBAN =   BE77 5230 4546 0642

ouvert au nom de Léon Tillieux, rue de l'abbaye, 10A - 5340 Faulx-les-Tombes (Belgique)

Si vous commandez ce livre sans tarder, il pourra vous être livré lors des séances de présentation du film. Si le livre vous est transmis par la poste, il faudra prévoir de verser en sus les frais postaux au même compte .

2- Le film intitulé :    " La Transandine ,  l'impossible exploit "    monté et réalisé par Philippe et Michel de Ville

Les premières projections ont eu lieu à Namur :

  • jeudi 15 avril 2010 au local paroissial de la rue Rupplémont : 65 personnes
  • dimanche 18 avril 2010 au local paroissial de la rue Rupplémont : 50 personnes
  • mardi 11 mai 2010, au CAL (Centre d'Action Laïque)  : 39 personnes

Dans la commune de Gesves

  • mercredi 7 avril à la salle communale à Gesves : 32 personnes
  • mercredi 14 avril au Centre Récréatif Mozetois : 17 personnes
  • vendredi 16 avril à l'école communale de l'Envol  à Faulx-les-Tombes : 15 personnes
  • lundi 10 mai à 19h30, au presbytère à côté de l'église de Haltinne : 13 personnes

Autres projections prévues

  • vendredi 7 mai 2010 à Sart-Messire-Guillaume (Commune de Court-St-Etienne) : 37 personnes 
  • vendredi 25 juin 2010 à Bruxelles avec l' ONG Entraide & Fraternité : 30 personnes
  • vendredi16 juillet 2010 au Home St-Joseph à 5000 Namur  : 30 personnes

Prochaines projections prévues

A Namur
  • Dans le cadre du Salon Valériane        samedi 4 septembre 2010 à 13h    Palais des Expositions, rue Sergent Vrithoff
A Ciney
  • vendredi 25 février 2011 à 14h30, Centre Culturel, Place Roi Baudouin, 1 à 5590 Ciney                      

Je serai heureux de vous revoir et de partager avec vous la richesse des rencontres humaines et la beauté des paysages Andins, grâce aux images ramenées de ce raid exceptionnel à travers l'Equateur, le Pérou, la Bolivie et le Nord Argentin.

Léon Tillieux

Adresse postale : rue de l'abbaye, 10A
5340 Faulx-les-Tombes

portable :   0478 - 618581

jeudi 24 décembre 2009

Transandine 2009 n°30: Joyeux Noël - Feliz Navidad - Feliz Natal - Buon natale - Happy Christmas

Chères amies, chers amis

En cette année qui se termine, je vous envoie un petit message ... certain(e)s se plaignent de ne plus recevoir le message hebdomadaire de la route de la Transandine ! Mais bon ... toute bonne chose a une fin !

Altiplano ... ne manquez-pas ce film !

Il y a quelques jours, j'ai eu l'occasion de voir le film "Altiplano", film superbe, remarquablement réalisé dans les Andes péruviennes. Ce fut pour moi l'occasion de revivre - avec un peu de nostalgie - mon passage dans les Andes, dans des régions où les mines d'or posent les mêmes problèmes et entrainent les mêmes conflits entre les exploitants et ceux qui payent, parfois de leur vue ou de leur vie, le fait de vivre à proximité des sites d'exploitation et de leurs bassins de décantation.

En regardant ces images superbes de montagnes et celles très émouvantes des souffrances séquelles des traitements au cyanure ou au mercure, je me suis rappelé les interviews que j'ai réalisées auprès d'un ingénieur travaillant pour une compagnie minière péruvienne, affirmant "maitriser la situation" alors que les paysans vivant à proximité ne pouvaient que déplorer la pollution des nappes phréatiques et les conséquences fâcheuses pour leurs troupeaux, pour eux-mêmes et leurs récoltes.

Sueli ... sur des traces connues !

De bonnes nouvelles de Sueli, en voyage ... au Pérou et en Bolivie (pas en vélo) !  Ma fille a suivi des cours d'Espagnol et est en train de visiter ces pays de la transandine.  Partie seule pour le trekking des sites Incas du Choquequirao et du Machu Pichu, elle vient de nous informer qu'elle a réussi ce trekking en l'espace de 5 jours !

Des petits pas malgré tout ... de préférence sur deux roues !

Pour l'année 2010, je voudrais tout simplement que nous continuions à croire en l'urgence de sauver la planète. Même si, en cette fin d'année, les décisions des grands de ce monde ont été plutôt frileuses à Copenhague, continuons à croire que chaque petit pas (de préférence à vélo en laissant par exemple notre voiture au garage pour nos petits déplacements) que nous ferons pour préserver mieux l'environnement ne pourra qu'être bénéfique pour la terre... pour nous-mêmes, nos enfants et les générations à venir. Croyez bien que la terre elle... notre mère à tous... ne manquera pas de nous remercier.  

Esperanza !

Heureuse fête de Noël à tous - Feliz Navidad - Feliz Natal - Merry Christmas - Frölische Weinachten
Sarbatorit Fericit (rappelons-nous, il y a 20 ans ... nous nous apprêtions à prendre la chemin de la Roumanie !)

Léon Tillieux

mercredi 16 décembre 2009

Transandine 2009 n°29: De retour et accueil à Namur

Léon est arrivé comme prévu à 14h à la place de la gare à Namur ! 

De nombreux amis et connaissances l'attendaient... ainsi que l'échevin namurois Maxime Prévost, qui lui a rendu hommage (Léon namurois de l'année ?). Un beau retour aux sources.

Le groupe local du GRACQ de Namur a organisé une petite fête en son honneur dans les locaux de la Maison des cyclistes. 

Léon en a profité pour commenter une partie des 372 photos prises au cours de son périple... et un dernier petit verre (de cidre) fut offert pour la route !

Luc Goffinet

mercredi 2 décembre 2009

Transandine 2009 n°28: Boucle Salta - Cafayate - Salta avant le retour en Belgique

Dernier message avant le retour en Belgique

Boucle en vélo Salta - Cafayate - Salta

Le vélo ce n'est pas tout à fait fini (à vrai dire, je ne puis m'en passer !) puisque j'ai effectué une boucle d'une semaine de 535 km dans une région merveilleuse du sud de Salta dans les vallées Calchaquies

Parti par la belle route asphaltée jusque la région vinicole de Cafayate, j'ai traversé des paysages montagneux superbement colorés.

Dur dur la route numéro 40, mais quel décor !

Une demi journée pour grimper (à pied) à la découverte de cascades non loin de la ville de Cafayate entourée de vignes et c'est le retour via Cachi. Changement de décor! 

Tout d'abord la route devient poussiéreuse. C'est la fameuse route qui conduit en Patagonie mais je la prends dans l'autre sens, vers le Nord. 

Peu de cyclistes se hasardent à prendre cette route étant donné que le revêtement est constitué de rochers friables décomposés en graviers et de sable dans lequel les roues tout simplement refusent (parfois, pas tout le temps heureusement) d'avancer ! 

En plus la chaleur ! Un moment j'ai failli faire demi-tour. Les occupants d'une camionnette m'ont proposé d'alléger les difficultés, mais j'ai continué, fidèle à ma "conviction transandienne". 

Au sommet d'un col, j'avais croisé un Suisse qui avait déjà roulé sa bosse un peu partout dans le monde. 

Un autre jour, c'est Julian, un jeune Irlandais que je rencontre, en route vers la Patagonie. De là il espère remonter au Venezuela : un voyage de deux ans ! 

Quant à Julien, le Français rencontre à Humahuaca et revu par hasard devant la gare de Salta, nous nous sommes loupés d'une demi-heure à Cafayate

Lui aussi continue vers la Patagonie, folie, inconscience, ou tout simplement choix d'un voyage riche en découvertes et rencontres humaines.

Dix belges au sommet d'un col

Au sommet d'un col, aveuglé par le soleil couchant, à un rien près j'entre dans un groupe de 4 touristes (4 dames distraites ou inconscientes) en train de prendre des photos en plein milieu de la route. 

"Where are you coming from ?" - "Van Leuven in Belgie !" - " Ik kom van Namen". 

Quelques instants plus tard, un mini car décharge des francophones de Court-St-Etienne, Ciney, etc... Parmi eux, une dame a lu l'article sur la Transandine dans "Vers l'Avenir" du 1er mai ! Finalement l'on se rend compte que le monde est petit !

Changement de décor et de température

Dimanche 15 novembre, le temps change. Dans l'après-midi, après avoir traversé la parc des Cardones (une sorte de cactus que l'on utilisait autrefois pour les châssis et les portes des églises de la région), le vent se lève et souffle, de face ! 

"Vous en avez pour 60 km !" m'annonce un motocycliste ! A certains moments, je n'avance guère.

J'arrive frigorifié dans le brouillard au col de "la piedra del molino" à 3.348 m d'altitude. Puis une très longue descente très sinueuse de 25 km ("la Cuesta del Obispo") dans le vent et le froid. 

Une pluie d'orage s'annonce. Pas de chute malgré les graviers ! Au moment où l'orage éclate, je me réfugie juste à temps sous l'auvent d'une maison inhabitée. Quelle chance, c'est là que j'installe mon couchage pour la nuit.

Le lendemain, les rivières se sont gonflées d'une eau brune et tumultueuse; les rochers ont dévalé sur la route. 

Puis c'est le retour à Salta ou j'expédie vélo et bagages par bus vers Buenos Aires. J'ai 20 jours pour les retirer à destination. 

D'ici là, j'ai le temps de faire un tour jusqu'aux chutes d'Iguazu à la frontière avec le Brésil, de visiter Resistencia, Santa Fe, Rosario et Buenos Aires

Heureux de vous revoir !!!!

Retour en Belgique le jeudi 10 décembre 2009

L'arrivée à Zaventem est prévue le jeudi 10 décembre à 18h25 par le vol Iberia IB 3214 en provenance de Madrid.

Retour à Namur le samedi 12 décembre 2009

Si vous le souhaitez vous pouvez m'accompagner pour le dernier tronçon en Belgique, en vélo, bien sur !

Départ de Court-St-Etienne à 10h devant la gare

Arrêt possible dans un restoroute / friterie entre Court-St-Etienne et Namur - autre possibilité : prenez votre pique-nique et boissons.

Vous pouvez nous rejoindre en cours de route :

  • à Gembloux, carrefour N4 / route Gembloux - Jodoigne -Tienen : à 12h
  • au carrefour Didi à 13h ---> ancienne route de Gembloux passant par St-Servais

Arrivée Place de la Station à Namur à 14h, rendez-vous à la Maison du vélo, située à côté du parking du magasin C&A.

Je serai heureux de retrouver parents et amis dans le bureau du GRACQ, situé 2b, Place de la Station, au-dessus du GB Express.

Si vous voulez me contacter mon adresse est leontillieux AT hotmail.com

En préparation un film DVD, et un livre photos

Des mon retour en Belgique, je vais me consacrer à la réalisation d'un film sur la Transandine avec l'aide de mes amis Michel et Philippe de Ville.

Il est prévu également d'éditer un livre photos qui reprendra les plus belles photos du voyage et des extraits des messages courriels. Des à présent, vous pouvez réserver ce livre photos en m'envoyant un petit message.

vendredi 6 novembre 2009

Transandine 2009 n°27: Mission accomplie de mai à novembre 2009 !

Du lundi 2 novembre au jeudi 5 novembre 2009

Chers amies et amis de la Transandine, voici mon dernier message puisque je suis arrivé à destination à Salta dans le Nord de l'Argentine.

Le Tropique du Capricorne

Parti de l'Equateur (en Equateur) le 10 mai, me voici arrivé au Tropique du Capricorne, ce lundi 2 novembre après 6.033 kms parcourus en six mois.

La quebrada d'Humahuaca

Apres avoir visité la charmante petite ville d'Humahuaca, j'ai pris la route de Salta. Quelle merveille que cette "quebrada" classée au patrimoine de l'humanité. 

Cette vallée vaut vraiment le détour dans cette partie Nord de l'Argentine. Un régal pour les photographes, dont je fais partie.

Aussi en annexe à ce message, je joins les plus belles photos prises le long de cette route et plus particulièrement près du village de Pumamarca.

El pueblo y el rio de Leon

Quelques kilomètres avant Jujuy, je traverse le village de Léon qui fut célèbre au début du 19eme siècle par les batailles entre Espagnols et indépendantistes Argentins. 

Finalement ce sont ces derniers qui l'ont emporté le 27 avril 1821. La bataille de Léon fut décisive.

Rencontre incroyable entre Belges sur une petite route d'Argentine !

Sur la belle route qui mène à Salta, ce jeudi 5 novembre, une voiture immatriculée en Argentine faire demi-tour et s'arrête.

En sortent deux amis d'Emines, près de Namur en Belgique: Baudouin Ledecq et Genevieve Glineur (de la maison du Conte de Namur) accompagnant un couple de la région de Charleroi. 

Quelle coïncidence, se croiser ainsi à l'autre bout du monde ! 

Ce fut une des rencontres les plus inattendues et un des plus beaux moments de la Transandine !

Salta : 5 novembre 2009 18h - Transandine - mission accomplie

Le rêve de traverser les Andes en joignant l'Equateur au Tropique du Capricorne vient de se terminer ce jeudi 5 novembre 2009 sous le coup de 18 heures.

Bilan

  • 6.250 km parcourus en 100 jours de route exactement, pour un total de 587 heures de pédale.
  • Moyenne journalière : 62,5 km
  • Moyenne horaire : 10,6 km/h et ce malgré la montée de 13 cols de plus de 4.000 mètres d'altitude, dont celui d'Apacheta, le plus élevé à 4.746 m au dessus du niveau de la mer!
  • Nombre de crevaisons : 4, seulement !
  • Aucun problème technique pour le vélo ni de santé pour son pilote !

Merci, muchas gracias

A l'issue de ce long voyage de six mois, un grand merci:

  • à ceux et celles qui m'ont accueilli le soir chez eux, qui m'ont encouragé par un signe de la main, un petit coup de klaxon, une parole d'encouragement;
  • aux personnes qui ont pris le temps de répondre à mes messages;
  • aux sponsors de la Transandine;
  • à ceux qui ont soutenu l'une des ONGs proposées au parrainage;
  • à Luc Goffinet du GRACQ de Namur pour la mise à jour hebdomadaire de ce site

Muchas gracias à todos los amigos que me acogeram durante este viaje y que me saludaram en este camino de Quito en Ecuador hasta Salta en Argentina.

Retour en Belgique le jeudi 10 décembre 2009

Il me reste à rejoindre Buenos Aires, la capitale de l'Argentine après avoir visité différents coins intéressants de la région de Salta. Une boucle vraisemblablement (avec des bagages allégés) jusque la région vinicole de Cafayate au Sud de Salta.

L'arrivée à Zaventem est prévue le jeudi 10 decembre à 18h25 par le vol Iberia IB 3214 en provenance de Madrid.

Retour à Namur le samedi 12 décembre 2009 (précisions dans un prochain message).

En préparation un film DVD, et un livre photos

Des mon retour en Belgique, je vais me consacrer à la réalisation d'un film sur la Transandine avec l'aide de mes amis Michel et Philippe de Ville.

Il est prévu également d'éditer un livre photos qui reprendra les plus belles photos du voyage et des extraits des messages courriels. Des à présent, vous pouvez réserver ce livre photos en m'envoyant un petit message.

A bientôt

Leon

lundi 2 novembre 2009

Transandine 2009 n°26: Premiers jours en Argentine

Du lundi 26 octobre au dimanche 1er novembre 2009

Adios Bolivia, bienvenido en Argentina

La ville frontière de Villazon m'est apparue plus rapidement que prévu, grâce à une erreur de kilométrage figurant sur la carte, soit 24 km en moins que ce que j'avais prévu. Un moment avec la chaleur, je croyais voir un mirage, mais non c'était bien la réalité ! 

L'entrée en Argentine s'est passée sans problèmes, le mardi 27 octobre. Au poste de douane, j'étais le seul "véhicule" à être contrôlé.

Le douanier m'a demandé d'ouvrir deux sacs... puis s'est ravisé, "you may go" m'a-t-il dit, "Muchas gracias", si tous les passages aux frontières pouvaient être ainsi, y compris pour nos amis qui viennent du Sud !!!

L'Argentine est un pays très très long, 5.121 km jusque la ville de Ushuaia (un nom d'origine Roumaine), mon ami Damian, rencontré au Pérou est en route vers cette ville, située très très au Sud. 

Le premier jour de mon séjour en Argentine, j'ai visité un petit village du nom de Yavi, une charmante petite église toute blanche, voir la photo. 

Détour pour admirer la lagune de Pozuelos et ses flamants roses

Deux jours et demi de vélo loin de tout : presque pas de maisons, le désert comme dans le sud Bolivien, pas de magasins, rien à se mettre sous la dent. 

Heureusement j'ai toujours un petit "garde-manger" avec quelques réserves. Deux nuits à la belle étoile dont une non loin de la lagune. Le froid m'a surpris, le matin, ma réserve d'eau et la lessive de la veille étaient gelées!

En revanche je suis arrivé à Abra Pampa sous un soleil aveuglant et très très chaud. Contrastes de ce pays. Heureux de retrouver l'asphalte. Ces 125 km furent très éprouvants à cause de la "tôle ondulée" !

Tôle ondulée, connaissez-vous ? 

Si vous avez déjà voyagé en Afrique, vous connaissez certainement cette expression qui évoque les routes sans revêtement en dur avec un "plissement" régulier, comparable à une tôle ondulée. En voiture, bus ou camion, ce n'est pas très grave, à vélo, c'est davantage insupportable, vous bondissez de 10-15 centimètres tous les 40 centimètres ! 

Au début cela va, après six heures, cela commence à bien faire! Il y a bien le côté de la route où il n'y a pas ce plissement mais une bonne couche de sable ou de gravillons qui rend la pratique du "deux roues" relativement dangereuse.

La moto aussi, dans ce désert, j'ai rencontré un Allemand qui s'est arrêté; nous avons échangé nos expériences; il m'a ravitaillé en eau... et en chocolat ! "Danke vielmaal !" 

Il était venu voir les flamants (rectification, par rapport à un message précédent, c'est bien avec un "t" et non un "d" que cela s'écrit, le "d" réservons-le à nos voisins de Belgique-Nord). 

Toutefois les flamants du lac de Pozuelos sont craintifs et s'envolent à la moindre approche, il ne voient que très rarement des touristes, pas comme ceux des lagunes d'Uyuni, ou il y à des centaines de "drôles de bipèdes" qui débarquent des 4x4 chaque jour ! 

Le courage d'une institutrice

Le passage par le "désert" de Pozuelos m'a donné l'occasion de rencontrer une institutrice qui chaque semaine quitte sa famille et sa ville pour aller enseigner dans un village perdu du lundi au vendredi. 

A Pozuelos, il y a ainsi 18 enfants scolarisés : ils viennent des montagnes aux alentours. Dans ce village loin de tout, c'est encore un peu de vie grâce à eux, et à leur institutrice. 

En Equateur, au Pérou, en Bolivie, en Argentine et certainement ailleurs dans les continents du Sud, chaque semaine des institutrices partent pour la semaine rejoindre des villages perdus à des heures et des heures des villes et des routes, Chapeau !

Arrivé à Humahuaca ce 1er novembre 2009

Heureusement après les souffrances occasionnées par la "tôle ondulée", j'ai retrouvé l'asphalte sur la belle route menant à Salta

A Humahuaca, dans la rue, j'ai été interpellé par un jeune français, Julien, en route depuis un an et demi, de Mexico vers Ushuaia, la ville la plus au Sud de l'Argentine.

Figurez-vous qu'il roule avec un vélo "Da Silva", acheté également à la "Maison du vélo à Bruxelles", cela fera certainement plaisir au couple de ce magasin de Bruxelles et à Mr Da Silva, le fabriquant en Allemagne, qui sont repris dans mes listes d'adresses.

La fête de la Toussaint et la fête des morts

Comme dans tous les pays du monde, cette fête donne l'occasion aux vivants de se souvenir de ceux qui nous ont précédé. Ici en Argentine, des fleurs multicolores sont vendues à cette occasion. Beaucoup de mouvements sur les routes ce 1er et ce 2 novembre, chacun voulant se recueillir dans les cimetières.

Prochain message, depuis Salta !

Encore 200 km, et ce sera déjà (!) la fin de la Transandine

A la semaine prochaine.

Léon

lundi 26 octobre 2009

Transandine 2009 n°25: De Potosi à Tupiza sur la route vers l'Argentine

Du lundi 19 octobre au dimanche 25 octobre 2009 

Les truites et les canaux d'irrigation du projet El Molino à Potosi

Lundi 19 octobre, avec deux jeunes d'Anvers, Julie et Jonas, nous visitons un élevage de truites dans le village d'Urmiri. Ce village à été partiellement détruit il y à quelques années par un glissement de terrain. 

Vraisemblablement, ce projet va être arrêté étant donné que les coûts (surtout les coûts de transport) sont trop élevés. Il est vrai que pour atteindre ce village, la route serpente sur de nombreux km, de quoi donner des frissons aux occupants du véhicule!

Au retour, nous nous arrêtons un instant pour admirer un canal d'irrigation permettant aux paysans d'amener de l'eau pour leurs cultures.

A El Molino, Padre Carlos Parent et Mia Mermans ont mené à terme de nombreux projets depuis 5 décennies. 

Dans un atelier d'artisanat, nous pouvons voir des métiers à tisser venant de Hollande, ils n'étaient plus utilisés ! 

Les articles sont vendus à Potosi dans un magasin assurant un prix décent pour le travail des femmes.

Padre Carlos et Mia ont préparé leur succession. Gageons que, après eux, El Molino continuera à tourner longtemps pour le bien des Boliviens !

De Potosi à Tupiza, de la poussière, du sable, un ciel rempli d'étoiles et des paysages magnifiques ! 

Au pied de la montagne de Potosi mon altimètre marque 4.200 mètres. 

Un peu plus loin, en route vers le Sud, j'achève à pied le dernier col de plus de 4.000 de la Transandine : 4.300 mètres! Ensuite, c'est la joie d'une très longue descente vers Cuchi Inginiero où je passe une nuit reposante dans un "alojamiento" simple et rustique.

Encore 12 km d'asphalte puis c'est le changement de pneus. Je rechausse les "Marathon XR" en vue de la dernière étape, la plus dure de la traversée de la Bolivie. 

Des touristes Argentins (en voiture et à moto) se sont arrêtés pour m'avertir que la route était très très dure: sable, pierrailles, etc. A chaque passage de véhicule, le soleil, le ciel bleu et la route disparaissent pour quelques minutes. 

Je n'ai jamais avalé autant de poussière, même dans le désert ! Mais la route entre Potosi et Tupiza est en passe d'être asphaltée, ce sera pour 2010, avis à ceux qui veulent traverser cette magnifique région sans trop de difficultés.

Vu l'état des routes, j'ai du réviser à la baisse mon plan "de vol": neuf jours seront nécessaires pour rejoindre la frontière avec l'Argentine au lieu de six. 

Ce dimanche 25 octobre, me voici arrive à Tupiza, heureux de pouvoir trouver de quoi m'alimenter de façon correcte. Il est vrai que c'est un véritable désert que j'ai traversé : des villages fantômes, des maisons apparemment vides, peu d'occasions de se ravitailler.

Beaucoup d'hommes sont partis travailler en Argentine, essentiellement comme maçons. Les femmes restées seules avec les enfants essayent de survivre comme elles peuvent avec quelques chèvres.

Ce 21 septembre, c'est le printemps. Dans cette partie de l'hémisphère sud, les paysans ont déjà semé maïs, pommes de terre, etc, ils attendent les pluies de Novembre. 

Actuellement la température est élevée et même la nuit, il fait bon bivouaquer et admirer les étoiles, quel régal ! 

C'est la meilleure période pour voyager à vélo ici car en janvier, février, les pluies feront déborder les rivières et les routes (de terre) seront impraticables. 

Quant aux mois de juin et juillet, il fait glacial dans cette contrée.

Accueil et rencontres

Dans le village de Vitichi, je suis accueilli à la cure. 

Le soir, après avoir partagé un repas simple, j'échange avec Omar, Colombien, missionnaire Xaverien en Bolivie. Il a connu aussi d'autres missions dont l'Amazonie au Brésil. 

Le lendemain matin, son collègue Ausberto est là aussi au moment du départ. Muni d'une double bénédiction, c'est avec confiance que je prends la route. "Le soleil va taper !", me disent-ils ! En effet !

Dix kms après le départ, Padre Ausberto me propose de me charger dans sa camionnette, poliment je refuse, fidèle à ma devise : la Transandine c'est à deux roues que je l'accomplirai jusqu'au bout (Salta)!

Apres avoir traversé la rivière Cotaigalta, j'entends un klaxon derrière moi, c'est un jeune autrichien qui accomplit un tour du monde à moto en solitaire. D'autant plus difficile qu'il est sourd-muet. 

Avec de grands gestes et un grand sourire laissant deviner une très grande joie d'accomplir un tel voyage, il me fait comprendre par ou il est passé: toute l'Afrique jusqu'à Cape Town

Après les Amériques du Sud et du Nord, ce sera l'Asie. Pour le suivre voici son blog. En consultant ma carte, il s'est rendu compte qu'il s'était trompé de route, aucune rencontre, même la plus brève soit elle, n'est inutile !

Une famille française à vélo, en route vers Villazon. Même destination que moi, mais ils sont trois: un couple et un enfant. Tout heureux de parler - en français - avec un cycliste longue distance! Ils sont partis de Cusco au Pérou vers l'Argentine. Bon vent à ces courageux !

Tupiza - Villazon, dernière étape en Bolivie

Selon les témoignages des cyclistes et motocyclistes croisés sur la route, ce dernier tronçon de la Transandine Bolivienne risque de me coûter encore quelques gouttes de sueur. La route n'est pas asphaltée et le plus dur ce sont les parties constituées de sable, la tout s'arrête et il faut pousser le vélo! Bref, ce sera l'objet du prochain message. Quand je vous l'enverrai, je serai sans doute déjà en Argentine

Bonne semaine.

Léon

lundi 19 octobre 2009

Transandine 2009 n°24: De Oruro à Potosi en passant par El Molino

Du dimanche 11 octobre au dimanche 18 octobre 2009

Santa Cruz de la Sierra

Cette ville a connu un développement très rapide en 20 ans pour devenir la ville la plus importante de Bolivie au point de vue économique. Construite autour de sept anneaux concentriques, cette ville n'a rien de vraiment intéressant. 

En fait j'y suis passé principalement pour y rencontrer Aude Rossignol et Alain Carpiaux récemment arrivés dans cette ville. Dimanche 11 octobre, j'ai eu l'occasion de rencontrer plusieurs coopérants de l'ONG Volens que certains d'entre vous ont connu dès les années 60-70, les "Volontaires de l'enseignement". 

Dans la région de Santa Cruz, cette ONG s'occupe des enfants de la rue et de la formation des femmes dans le Chaco, région proche du Paraguay. D'autres projets également, pour les personnes intéressées consulter leur site

Avant de partir, Aude a réalisé une courte interview sur le projet de la Transandine sur son blog.

De Oruro à Potosi

Trois jours sur "l'altiplano", trois nuits peu "ensommeillées" 

Lundi 12 octobre, après un long voyage en bus de Santa Cruz à Oruro avec une courte halte à Cochabamba, j'ai passé une première nuit dans le bus qui m'a amené à Oruro à 4 heures du matin, le chauffeur nous ayant dit que nous pouvions continuer de dormir arrivés à destination jusqu'à 6 heures. 

Important changement de température : étouffant dans la montée vers Cochabamba, à une température proche de zéro arrivés à Oruro

Ce que l'on ignore souvent c'est que la majeure partie de la Bolivie n'est pas Andine mais a un climat chaud et humide semblable à celui de l'Amazonie. Santa Cruz fait partie de cette région.

Quelques heures après avoir quitté le bus, le mardi 13 octobre, j'étais tellement heureux de retrouver mon vélo que je redémarrais à 13h vers Potosi après avoir pris congé des religieuses et des filles de l'orphelinat où le vélo passa près de deux semaines à l'infirmerie. 

Le soir même, je dormais dans un "hospedage" reçu par une fillette de 11 ans en l'absence de ses parents. Logement rudimentaire, mais cela n'est rien, la seule chose c'est que le lit était 30 centimètres trop petit pour moi!

Le lendemain soir, mercredi 14 octobre, arrivé dans un village sans hôtel, une dame m'a conseillé d'aller dormir dans une construction récente de l'office du tourisme. Lui demandant où se trouvait la clef, elle m'a dit "mais c'est ouvert!". En effet, la porte avait été forcée. J'ai dormi dans ce nouveau bâtiment après avoir poussé une grosse pierre contre la porte.

La troisième nuit, après avoir escaladé deux cols dont le dernier alors que le soleil se couchait, pas moyen de trouver un village, j'ai fini par "planter" mon couchage au bord de la route, ne sachant pas qu'il y aurait de très nombreux camions et bus nocturnes comme lors de la seconde nuit !

El Molino, y el Padre Carlos Parent

Au collège de Bellevue à Dinant, au début de mes humanités dans les années 1960, Jacques Maistriaux de Beauraing et Charles Parent de Rienne (Gedinne) venaient témoigner de leur travail en Bolivie. 

Ces deux prêtres "Fidei Donum" partis en 1959 en Bolivie, m'avaient donné le goût du travail en Amérique latine. C'est finalement au Brésil que j'ai travaillé comme coopérant entre 1974 et 1977, et le rêve de la Transandine ne se réalise que près de 50 ans après!

Accueilli par le Père Carlos (averti de mon arrivée grâce à un courriel), nous avons de suite constaté que nous avions plusieurs points communs. 

Nous avons étudié à Bellevue (Dinant) en humanités (nous avons eu le même professeur de géographie, Maurice Questiaux, le célèbre géographe, certainement le plus grand vulgarisateur de la "voûte céleste" avec ses petits fascicules, mais également éleveur de serpents, souris et autres cochons d'Inde, cuys en Castellano). 

Nous avons par la suite effectué nos candidatures aux Facultés Universitaires Notre Dame de la Paix à Namur. Par après, nous avons "koté" au Collège pour l'Amérique Latine à Leuven. 

Par ailleurs, nous avons plusieurs amis, amies ou connaissances communes : Pol Charles et Philippe Dewez (fondateurs d'OXFAM dans la region de Namur), Etienne Croonenberghs (architecte de Namur ayant travaille comme coopérant à El Molino, tout comme Philippe Dewez, ingénieur civil), Christine Bomboir (que je connais via le CAL de Namur), Julienne Delwiche (de Leuven avec qui j'ai effectué un voyage à vélo au Bangladesh en 2003 avec la Fondation Damien), André Vanderheyleweghen (prêtre-médecin en Bolivie), Jean Imberechts (qui a passé de nombreuses années au Pérou), André Diez (qui a travaillé en Antarctique avec Alain Hubert), etc... Plusieurs d'entre eux reçoivent mes courriels.

Le séjour a El Molino a été un des plus beaux accueils au cours de la Transandine. Grâce à Padre Carlos, dès le premier soir visite de Potosi, une des villes de Bolivie à voir absolument! Rencontre également de Mia Meermans, régente originaire du Limbourg, volontaire à El Molino depuis 51 ans.

Potosi, la ville minière

La mine la plus vieille et la haute du monde

Ce samedi matin, visite del "Cerro de Potosi" avec deux jeunes étudiants en médecine de Francfort. Il faut être sportif pour se contorsionner dans des galeries qui parfois ont à peine 50 cm de haut. 

Pour la première fois de ma vie descente dans une mine, moi qui suis fils, petit fils et arrière-petit-fils de mineur de derle de la région d'Andenne. Potosi, dont le sommet se trouve à 5.000 mètres a connu un passé unique. 

Des centaines de km de galeries d'où l'on a extrait l'or, l'argent, le zinc, le plomb depuis plus de 4 siècles. 

Etonnant qu'il y ait encore des filons contenant des minerais après les milliers de tonnes emportées principalement par les Espagnols. 

Ce qui est le plus terrible ce sont les 8 millions de morts (six millions d'Indiens et 2 millions d'Africains amenés ici en esclavage), quelle honte! Et, à moins que je ne me trompe, aucun gouvernement Espagnol, jusqu'à présent, n'a demandé pardon pour ce génocide!

Le guide Quechua nous accompagnant répond à nos questions et termine la visite par l'offrande au "Tio", ce diable "protecteur" à qui les mineurs apportent des offrandes (dont des feuilles de coca, de l'alcool, etc) pour l'amadouer, pour qu'il n'y ait pas d'accident et que les veines de minerais ne se terminent pas en peau de chagrin. 

C'est aussi au fond de la galerie où il se trouve que se fête le carnaval, quelques jours pour que les mineurs puissent oublier un peu la dureté du travail, leurs misères et leurs souffrances!

Le couvent de Santa Teresa

Trois heures pour découvrir ce couvent de Carmélites cloîtrées et prendre connaissance de l'histoire de ce bâtiment aux murs d'un mètre d'épaisseur. Un couvent réservé aux filles de l'aristocratie coloniale. 

Pas plus de 21 religieuses... Dès qu'une décédait et était enterrée au sein même du couvent, une jeune était prête à entrer. Il s'agissait toujours de la seconde fille d'une famille riche qui y entrait, pour toujours, à l'âge de 15 ans, apportant une dot importante bien sur ! 

Plus jamais de contact avec sa famille si ce n'est qu'une fois par mois derrière un rideau opaque laissant passer seulement le son. La "discipline" n'ayant été qu'un peu allégée lors du Concile Vatican II. 

Bref heureux d'avoir pris connaissance de ce passé, mais avec une overdose de peintures dont certaines les plus doloristes les unes que les autres! Toutefois, côté positif du travail des Carmélites, c'est le travail très fin de la dentelle, comme "a Brugas" me dit la guide en Castellano!

Une autre information qui montre bien que les missionnaires de l'époque se sont trompés d'Evangile : à Oruro, comme en d'autres lieux de l'époque coloniale, il y avait deux catégories d'églises, les unes pour les colonisateurs et les autres pour les indigènes!

La casa de la moneda

La première "casa de la moneda" fut construite dans la ville impériale de Potosi en 1575. La casa actuelle fut construite à partir de 1750. On peut y admirer une très belle collection de monnaies de différentes époques, les machines de frappe et les salles de fonte des métaux, qui ne venaient pas de très loin! 

Egalement de très belles collections de peintures dont la célèbre "Vierge de la montagne de Potosi", une forme de syncrétisme car la Pachamama y est aussi représentée outre le Pape, un Evêque, et l'Empereur Charles-Quint. 

Tout cela c'est du passé, car actuellement, les monnaies et billets sont produits en dehors de Bolivie ! 

Visite de la région del Molino

Demain lundi 19 octobre, visite d'un élevage de truites, un des nombreux projets que compte El Molino, repartis sur une très grande région (5.000 km2 approximativement) avec de très nombreux villages (53 communautés), Quechuas pour la plupart. L'objectif principal de ce travail communautaire est la formation (capacitacion en castellano) dans le domaine de la santé, de l'artisanat, de l'agriculture, etc.

Vers Villazon et l'Argentine

Mardi 20 octobre, j'enfourche le vélo très tôt, il me reste une montée de 20 km pour arriver à Potosi à l'altitude de 4.000 mètres. Encore quelques dizaines de km d'asphalte avant de retrouver une route empierrée (comme au Pérou) jusqu'à Villazon, la frontière avec l'Argentine.

A dans huit jours...

Léon

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