Odyssées vers le Sud

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lundi 12 octobre 2009

Transandine 2009 n°23: Du Salar d'Uyuni à Sucre

Du dimanche 4 octobre au samedi 10 octobre 2009

Suite de la découverte de la Bolivie

Un voyage de 4 jours sur et autour du salar d'Uyuni, une merveille !

Partis mardi 29 septembre avec José comme chauffeur du 4X4, mes deux amis Polonais, Asia et Wojtek et deux Japonaises, nous commençons par visiter une exploitation industrielle de sel à l'entrée du "salar". 

Ensuite visite de l'île du pêcheur sur laquelle poussent des cactus d'une forme spéciale et pouvant atteindre 12 mètres de haut.

En VTT sur le Salar

Quel plaisir de pédaler sur cette étendue plane, ce qui donne de splendides photos au coucher du soleil, à voir sur ce site.

Le soir, logement dans un hôtel construit en blocs de sels, y compris les tables et les supports des lits !

Une escalade jusqu'à 5.080 m, une première, sur les flancs du volcan Thunupa

Avant de prendre la direction du volcan, nous entrons dans une caverne et y découvrons des momies pre-Inca : rencontre insolite avec un très lointain passé !

Six au départ, trois à l'arrivée au sommet après une escalade de cinq heures. Les deux japonaises, fraîchement débarquées de Tokyo (situé à une altitude nettement inférieure) ont du renoncer ainsi que Asia, la Polonaise, malade. 

La barre des 5.000 mètres est franchie par notre guide, Wojtek et moi-même, lentement mais sans trop de problèmes de respiration. En revanche glissade en descendant sur les pierrailles au flanc de ce volcan éteint. 

Au sommet vue splendide sur l'entièreté du salar d'Uyuni et du salar voisin, celui de Coipasa. S'il n'y avait le soleil, l'on se croirait sur la Lune ou plutôt sur Mars avec des couleurs bleue, rouge, blanche...

Note : adolescent, j'appréciais particulièrement les livres de Frison-Roche sur la montagne ("Premier de cordée", etc) et sur le désert ("le rendez-vous d'Essendilene"). 

Voici que 45 ans plus tard, je réalise ce rêve de grimper très haut, toujours plus haut ! Découverte de la terre avec un autre regard, vue imprenable si l'on reste au niveau des "basses eaux" de notre vie! 

"Quittez vos basses eaux, les steppes de vos bagnes... venez sur la montagne !", les paroles d'un chant que d'aucuns de mes amis et amies de Chartres connaissent bien !

Découvertes des lacs et de leurs habitants, des flamands en majorité !

Ici pas question de nos "voisins du Nord" mais des oiseaux "rose et blanc", cela me fait penser à la célèbre chanson de Jacques Brel, Impossible de les compter! Un beau décor sur un fond d'une eau bleue pour les premières "lagunas" et rouge pour la "laguna colorada". Celle-ci doit sa couleur vermeille aux micro-organismes composants de son eau.

En revanche pas d'oiseaux sur la "laguna verde" car l'eau de celle-ci est composée de cuivre et d'arsenic! Un vert bien marqué sur un fond de ciel bleu et les montagnes marquant la frontière avec le Chili.

Dans cette région frontalière, l'on se croirait en plein désert à certains moments. Seuls des lamas, alpagas et des "vigognes" (camélidés, cousins "non domestiques" des lamas et des alpagas) y survivent grâce aux quelques touffes d'herbes dures qu'ils y trouvent.

De l'eau chaude sortant de terre

Quel régal de pouvoir se baigner dans de l'eau chaude à 35 degrés en pleine nature alors qu'il fait à peine 5 degrés en ce matin du 2 octobre 2009. A proximité, l'eau stagnante est encore gelée à 7 heures du matin. Non loin de là, des geysers lancent leur jets de vapeur dans un ciel bleu, jouant avec les rayons du soleil levant.

Visite de Sucre, la coloniale

Samedi 3 octobre au soir me voici arrive à Sucre à une altitude de 2.790 mètres, température nettement plus clémente que sur l'altiplano (variant entre 3.800 et 4.200 mètres). Végétation tropicale, fleurs aux couleurs mauve, rouge, jaune etc.

C'est dans cette cité "blanche" fondée en 1539 par Pedro de Anzunes, que naquit la première université d'Amérique latine en 1624. C'est ici également que fut lancé le premier "cri pour l'indépendance" le 25 mai 1809. 

Cette année 2009, la Bolivie célèbre en grande pompe le bicentenaire de l'indépendance par rapport à la Couronne d'Espagne. Sucre doit son nom au Maréchal José de Sucre, grand combattant pour la liberté aux cotes de Simon Bolivar.

Sucre fait partie du Patrimoine mondial de l'UNESCO. Nombreuses églises et couvents dont le fameux couvent Franciscain de la Recoleta que je viens de visiter. 

Non loin de là, le couvent de Santa Clara. Pour communiquer avec les religieuses cloîtrées de ce couvent, il y a le même "tourniquet" que celui qu'il y avait au couvent d'Assesse, certains de mes proches et amis qui y ont soigné les dernières religieuses cloîtrées ou qui y travaillent actuellement le connaissent bien !

Dans "l'Oriente", proche du Brésil et du Paraguay

Le site archéologique de Samaipata

Mardi 6 octobre, 6 heures du matin, me voilà arrivé à Samaipata (à 120 km de Santa Cruz de la Sierra à la rencontre des Andes et du vaste bassin Amazonien) après 15 heures de bus ! 

Heureusement pas de film vidéo pendant la nuit ! Une longue montée à pied de 9.7 km (un panneau très précis !) pour arriver à 9h, juste pour l'ouverture de ce site, le plus important site archéologique de "l'Oriente" Bolivien. 

Ce lieu veut dire "repos dans les hauteurs". Un énorme rocher de 220 mètres de long sur 60 de large, dans lequel les ancêtres de cette région (les Mojocoyas et les Chanes del gran Grigota - de 800 à 1300 après JC) ont taillé des formes animales (jaguars, serpents, etc) et des niches qui vraisemblablement abritaient des idoles. 

Un haut lieu historique et religieux pré-colombien où les Incas ont également laissé des traces (des murs).

Les missions jésuites (San Javier, Concepcion, San Ignacio)

Un bus local pour rejoindre Santa Cruz par une route très cahotante, une voiture jusque San Javier, sur la "ruta misonera", et un micro-bus pour rejoindre San Ignacio (5 heures pour accomplir 171 km avec un bruit infernal de vitres tremblotantes du début à la fin).

C'est dans cette région que les Jésuites ont ouvert des missions au 17e et au 18e siècle comme au Brésil et au Paraguay relativement proches. 

Splendides constructions réalisées par ces missionnaires qui ont réussi à mettre en valeur les capacités artistiques des populations indigènes (Chiquitanos, etc) de l'époque et de gérer avec eux ces "réductions" ou communautés d'une façon démocratique. 

Mais les pouvoirs politiques Portugais et Espagnols y ont mis fin, rappelez-vous le très beau film "Mission" avec Roberto de Niro.

Visite de Santa Cruz, de la Sierra

Invité par Aude et Alain à visiter cette ville importante de l'Est de la Bolivie. Aude Rossignol y travaille pour Entraide et Fraternité. C'est à Namur que je l'ai connue dès 2003. Elle est actuellement responsable du département communications pour la Bolivie et le Pérou pour l'ONG Volens. 

Dans le prochain message, compte-rendu de cette rencontre dans une ville où la température est la même que celle que j'ai connu en Amazonie : chaud et humide ! Très diffèrent des Andes...

Programme de la semaine prochaine

A partir du 14 octobre, je retrouve le vélo à Oruro et je prends la route vers Potosi et Villazon, la frontière avec l'Argentine.

Camille a grandi !

Ci-contre, une belle photo de ma petite-fille Camille, qui a déjà deux mois !

Léon

dimanche 4 octobre 2009

Transandine 2009 n°22bis: Les photos du Salar d'Uyuni


Cliquez sur les photos pour les voir en plus grand !

Les autres photos sont dans la Galerie Transandine

samedi 3 octobre 2009

Transandine 2009 n°22: Premiers jours en Bolivie

Du mardi 22 septembre au 3 octobre 2009

Depuis l'entrée au Pérou, le 14 juin jusqu'à l'entrée en Bolivie, se sont écoulés 100 jours ! Le Pérou, un pays que je ne suis pas prêt d'oublier avec ses cols Andins et ses rencontres. Pour les semaines qui viennent, voici un autre pays Andin à découvrir ensemble: la Bolivie !

Message reçu en espagnol

A la suite du message spécial envoyé du sommet de l'île d'Amantani située dans le lac Titicaca, j'ai reçu un très beau message d'Elena de Buenos Aires. Je vous le livre ici en version originale. Cela fera plaisir à mes amies et amis hispanophones qui figurent dans mes listes d'adresses.

Leo, sin palabras, abierto à esa belleza impenetrable donde el ser humano se queda sin palabras sólo nos dejamos penetrar por ese inmenso misterio del día que se acaba,como morir un poco cada día para volver à renacer al día siguiente!!! Gracias por compartir esta sagrada vivencia donde el alma se abre à un silencio infinito, Besos, Elena

Traduction : 

Léon, sans paroles, ouvert à cette beauté impénétrable ou l'être humain reste sans paroles; nous nous laissons seulement pénétrer par cet immense mystère du jour qui finit, comme pour mourir un peu chaque jour et renaître le jour suivant !!! Merci de partager ce vécu sacré ou l'âme s'ouvre à un silence infini.

Entrée en Bolivie

L'entrée en Bolivie s'est passée sans problème; j'ai obtenu un visa de 90 jours, ce sera amplement suffisant pour rejoindre le Nord de l'Argentine et visiter les principaux sites intéressants de ce pays de l'Altiplano.

Altiplano, car constamment entre 3.800 et 4.200 mètres, et parfois plus. Cela veut dire que je ressens davantage l'altitude qu'au Pérou. Je compense en respirant plus, et je mâche des feuilles de coca comme la majorité des Boliviens!

L'ile du soleil sur le lac Titicaca

Temps splendidement ensoleillé sur le lac Titicaca en Bolivie. Une excursion en bateau à partir de Copacabana, à ne pas confondre avec la célèbre plage de Rio de Janeiro au Brésil (où les baigneurs sont plus nombreux), pour visiter "la Isla del Sol" où il y a un temple de l'époque pré-incaique.

Ciel serein également pour longer le lac Titicaca au bleu sans pareil. 

En traversant le détroit de Tiquina, le sponsor PAN (Port Autonome de Namur) a été repéré par un jeune de Mozet, Maxime Woitrin, le monde est petit !

La porte du soleil du site de Tiwanacu

Ce jeudi 24 septembre, visite du site Pré-Inca de Tiwanacu. Une heure pour visiter ce site... au pas de course (quelle idée de fermer ce site splendide à 17h alors que le soleil se couche à 18h30 !) 

J'ai surtout apprécié la porte de la lune, et la porte du soleil dont je vous avais parlé dans mon message précédent. Pour la filmer au moment du lever du soleil, Bernard Gillain avait usé d'un stratagème pour obtenir la clef du site pour pouvoir y entrer avant l'ouverture aux touristes !

Rencontres motorisées

Il y a sept mois, un couple Français est parti d'Alaska, objectif la Patagonie, comme Damian de Mar del Plata, mais pas avec un vélo ! Nous nous sommes déjà rencontrés deux fois au bord de la route vers le Sud. A quand une troisième rencontre?

Un autre jour, c'est un véhicule Vénézuélien qui ralentit en arrivant à ma hauteur. Le passager me filme en train de rouler. J'aurais du lui demander une "propina", une pièce de monnaie comme le font la plupart des Boliviens lorsque je les prends en photo !

Oruro, la ville minière de l'étain, et du carnaval

Deux jours seulement pour parcourir les 226 km de El Alto (La Paz) à Oruro. Bien arrivé dans cette ville minière le samedi 26 septembre, veille de la fête de la Communauté Française en Belgique ! 

A l'entrée de la ville, le pneu arrière défaille, mais il tiendra le coup jusqu'au centre ville, à l'autopsie un mini morceau de verre (récolté sur la bande des pneus crevés) est le coupable. Deux jours auparavant, le même pneu s'était déjà dégonflé. Total, trois crevaisons en 5.000 km !

Accueilli par les "Soeurs del Amor de Dios" qui s'occupent d'un orphelinat où il y a 90 filles. 

Comme il n'a que des dortoirs pour celles-ci, je ne pouvais loger là, mais les soeurs m'ont proposé de dormir à l'infirmerie, étant donné qu'il n'y avait pas de malade. Comme quoi, il y a toujours une solution, avec un peu de bonne volonté !

Le dimanche 27 septembre, les élèves des collèges sortent dans la rue pour une répétition générale en vue du carnaval, quelques mois à l'avance. 

Musiques, danses, couleurs, ambiance, dans cette ville célèbre par son carnaval, reconnu comme patrimoine mondial intangible par l'UNESCO. Voir les photos dans la galerie.

Le salar d'Ujuni, une des dix merveilles naturelles si pas du monde, du moins de Bolivie

Le train "Wara Wara" n'a que deux liaisons avec Uyuni par semaine au départ d'Oruro mais il part à l'heure juste, 19 heures! Contrôleurs et employés de services portent le masque anti-influenza. 

Confortable ce train roulant à environ 40 km/heure, souvent moins, mis à part que, au lieu de dormir, tous les passagers doivent supporter un film violent (deux boxeurs qui se battent pour la même fille pendant 90 minutes) avec au moins 90 scènes de violences (et oui, une par minute)! Je me suis plaint auprès du contrôleur, mais rien à faire "selon lui, les passagers veulent voir le film !". 

Avec une telle résignation devant "l'éducation à la violence". Pas étonnant que dans ce pays, comme au Pérou, les policiers trouvent normal de devoir tirer sur des hommes, femmes et enfants qui manifestent pour la défense de leurs droits !

Toutefois, j'ai pu me consoler en tournant le regard par la fenêtre pour admirer la lune éclairant un paysage semi-désertique, annonciateur des paysages du Salar, le lac de sel d'Uyuni. Splendide ce décor, même si je n'en avais que l'image !

Ceci dit à une heure du matin, nous avons eu enfin le droit de dormir. Arrivés à 4h30 à destination avec seulement deux heures de retard, nous avons dormi dans la salle d'attente en attendant le lever du jour. 

Nous avons commencé notre journée en visitant un cimetière de trains. Tant de ferraille à l'abandon sur des rails marqués du nom Allemand Krupp, datant de 1912 ! Je dis "nous", car j'ai fait la connaissance de Asia et Wojtek, deux jeunes Polonais partis pour un tour du monde d'un an, à la suite de leur récent mariage, une idée géniale pour commencer une vie commune!

Mardi 29 septembre, départ avec Wojtek et Asia pour un circuit de quatre jours dans le Salar d'Uyuni

Dans le prochain message, vous aurez le compte-rendu de ce voyage fabuleux dans cette région frontalière avec le Chili: ascension d'un volcan jusqu'à une altitude de 5.075 m avec une vue imprenable sur l'entièreté du salar d'Uyuni, découverte de l'île du pêcheur, des lacs aux couleurs rouge, verte, bleue, des centaines de flamands roses vivent sur ces lacs, bain d'eau chaude sortant de terre à 35 degrés, etc.

Ce matin samedi 3 octobre 2009, je prends le bus en direction de Potosi et Sucre.

Léon

mardi 22 septembre 2009

Transandine 2009 n°21: Nouvelles des rives du lac Titicaca (côté Péruvien)

Du samedi 12 septembre au 21 septembre 2009

Deux cols et le plateau andin péruvien annonciateur de la Bolivie

Samedi 12 septembre, je prends la route vers le Sud. Quatre jours pour arriver à Puno, ville péruvienne située au bord du lac Titicaca, immense lac commun au Pérou et à la Bolivie. 

La route est facile, en très bon état sauf sur une courte distance. Quel plaisir de pédaler "allègrement" sur ce plateau qui annonce le plateau Andin Bolivien. 

Deux cols quand même : le col de La Raya (4.338 m) et celui de Puno dépassant de peu les 4.000 mètres.

Lundi 14 septembre, je passe la nuit dans une petite ferme d'éleveurs de lamas. Claudio a gagné des prix avec ses lamas et est fier de poser pour la photo avec son meilleur lama. 

La soirée, il me montre un DVD réalisé lors du carnaval à Nicasio avec des chants et danses traditionnels Quechuas et Aymaras. L'histoire de ces peuples est bien présente dans sa tête. 

Il me rappelle que les Espagnols sont passés par ici, emportant beaucoup d'or avec eux. Dans la montagne, il y en a encore, me dit-il ! Et pourtant, la vie est dure pour ces paysans. Le climat change, l'eau manque pour l'agriculture, et aussi le soutien du gouvernement !

Rencontre de deux Australiens en route vers Quito

Lundi 14 septembre, quelques km après avoir quitté le pueblo de Santa Rosa, au loin je distingue deux cyclistes. 

Stuart et Anita de Sydney en Australie sont en route depuis Santiago de Chili, vers Quito : l'inverse de la Transandine ! Echange d'adresses, d'anecdotes, Les pneus sont les mêmes, des Marathon !

Leur blog pour découvrir leur voyage : www.bikeaboutsouthamerica.blogspot.com

Une chute sans gravité sous "le regard" de deux chiens

La descente du col de La Maya, 25 km, s'est faite dans le froid andin et dans le noir. En traversant les rails de la ligne de chemin de fer Puno-Cusco, j'ai été déséquilibré et j'ai chuté. Deux chiens sont accourus de la maison voisine, prêts à me mordre ou à lécher mes plaies, je ne sais pas. Mais plus de peur que de mal et pas de dommages au vélo !

Le lac Titicaca, nuit chez les habitants

Un rêve datant depuis des années se réalise ces 16 et 17 septembre 2009. Cela me rappelle les longs voyages en bateau sur les rivières de l'ile de Marajo au Brésil (1974-1977) et sur le lac Arari de cette île fluviale la plus grande du monde. 

Découverte des îles flottantes Uros sur le lac Titicaca, le lac navigable le plus élevé (3.809 mètres) du monde, avant de passer une après-midi et une nuit chez les habitants de l'île Amantani

Entre-temps, vous aurez reçu mon message spécial envoyé du haut de cette île sur laquelle il y a deux temples de la civilisation pre-Inca. La région est habitée depuis plus de 8.000 ans par des populations originaires de l'Amazonie. 

Ilias, Eusebia et leur fille Vanessa nous (une Espagnole et moi) ont accueillis chez eux. Repas végétariens : de la Quinoa et des "papas" (pommes de terre) ainsi qu'une autre variété de tubercules, des "ojas". Sur le plateau andin (Pérou-Bolivie), l'on dénombre pas moins de 4.000 varietes de "papas".

Avec ces protéines, beaucoup de force pour monter au sommet (plus de 4.000 m) de l'île (une première fois l'après-midi jusqu'au coucher du soleil et le lendemain matin à 5 heures pour admirer le lever du jour). Ensuite visite de l'île de Taquile, qui autrefois a appartenu à un Espagnol (plutôt un Catalan) qui donna son nom à cette île merveilleuse. Rencontre des gens qui s'adonnent à l'artisanat, et à l'accueil des touristes.

Simon-Pierre, en mission au bord du lac Titicaca

Envoyé en mission non pas au bord du lac de Tibériade mais sur les rives du lac Titicaca, Frère Simon-Pierre Arnold (un double prénom prédestiné pour un moine) est au Pérou depuis une trentaine d'années. 

Avec un autre moine bénédictin Belge, Frère Bernard de Briey, une moniale péruvienne et une Française, il vit la vie monastique selon la règle de St Benoît parmi les gens de ce petit village de paysans et de pêcheurs. 

Le petit monastère construit sur les pentes du lac, accueille des gens pour une retraite. Trois Péruviens et une Argentine sont ici pour quatre mois. Egalement deux Belges arrivent ce 19 septembre. Dimanche, Eucharistie en présence de quelques personnes du village avec de très beaux chants en Aymara.

Dimanche 20 septembre, veille de mon départ, j'ai témoigné de mon long voyage à travers les Andes. Ces trois jours passeés ici sont à la fois un temps de repos, de retraite et de réflexion avant d'entamer la dure traversée de la Bolivie. L'occasion de faire le point sur ce qui a été parcouru et de me préparer mentalement et physiquement pour la traversée du haut plateau Andin avant d'arriver en Argentine, je l'espère fin novembre.

Préservation de l'environnement au Pérou

Sur la route vers Puno, il y a plusieurs panneaux invitant la population à préserver l'environnement, notamment en prenant soin de chaque goutte d'eau, voir les photos jointes. 

Etonnant ce panneau appelant les gens à éviter que la terre se réchauffe en utilisant mieux l'énergie, et en dessous, un dépôt de pneus usagers !

Violences dans la région minière de Hualgayoc et de Bambamarca

Cette région minière, je l'ai traversée fin du mois de juin. J'ai reçu deux messages, l'un de Christine Dubois de Floreffe et l'autre de Lino Galvez du village de El Ejadeiro (rappelez vous la récolte de miel dans la montagne), faisant état de violences et de morts par balles, dont un bébé, à cause d'un conflit entre les partisans des concessions minières et les opposants voulant à tout prix défendre leurs droits (respect des droits humains et environnementaux). 

La société minière en cause est la société Consolidada de Hualgayoc SA (qui en réalité est subsidiée par la Compagnie des Mines Buenaventura et la société Sudafricaine Gold Fields).

Violences qui s'ajoutent à celles du conflit en Amazonie Péruvienne dont vous recevez certainement des informations dans vos pays respectifs.

Rencontres de cyclistes "longue distance"

Pierre Schillewaert de Stavelot est un cycliste comptant à son actif plusieurs dizaines de milliers de km. Il y a trente ans, il a commencé des voyages en vélo proposant le système de parrainages. Il fut le premier cycliste à traverser le Bouthan. Avec Christian Merveille et Bernard Guillain, il a parcouru l'Amérique du Sud. 

Avec Bernard Guillain et son fils, ils ont traversé la Bolivie et le Pérou en réalisant un film présenté plusieurs fois à la RTBF, un périple se terminant avec le lever du soleil dans la Porte du soleil sur le site Pré-Inca de Tinawacu en Bolivie.

Bernard Guillain, les "jeunes" comme moi se souviennent de l'émission "Marie Clappe Sabots" le samedi après-midi sur la RTBF dans les années 1980 ! Malheureusement, Pierre a été renversé par un bus en 2005, c'est vraiment une chance qu'ils soit encore en vie. 

Après une lourde opération à la colonne et une dépression, il est venu prendre quelque temps de repos dans le petit monastère de Chucuito. Dimanche après-midi, nous avons fait un petit tour sur le lac avec un éleveur de truites. Celui-ci passe la nuit sur le lac dans une embarcation près de son élevage, afin de le surveiller et d'éviter que les truites "ne s'envolent pendant la nuit".

Ce lundi, rencontre de quatre cyclistes "longue distance" :

  • un couple de Suisses (Margrit, 60 ans et Pius, 62 ans), de Zurich, en route autour du monde (Asie et Amerique du Sud) depuis deux ans et demi; ils vont relier Mexico à Ushuaia en Argentine;
  • Tom, un jeune Neo-Zelandais en route vers Cusco;
  • Ando, un jeune Japonais, parti de Salta en Argentine (terme de la Transandine pour moi ! c'est incroyable que nous nous sommes croisés) vers le Pérou à travers le Chili et la Bolivie; il a même traversé le fameux "salar de Uyuni" !; son vélo porte des sacs "Ortlieb" comme moi et la plupart des cyclistes "longue distance".

Selon les messages reçus, vous avez apprécié les photos prises au crépuscule et au lever du jour sur le lac Titicaca dans l'île d'Amantani ainsi que le message joint à ces photos.

Le message suivant, vous le recevrez depuis la Bolivie.

Léon

vendredi 18 septembre 2009

Transandine 2009 n°20bis: Message spécial du Lac Titicaca au Pérou - 16 septembre 2009

Chers amies et amis qui suivez la Transandine,

Ce mercredi 16 septembre 2009, 18 heures, le soleil vient de se coucher. Les dernières lumières du jour se reflètent sur l'immensité des eaux du lac Titicaca, côté péruvien. La nuit déjà s'annonce avec sa froideur andine.

Les touristes sont partis, emportant leurs rires et commentaires inutiles; les marchandes "du temple" ont plié bagage.

Je suis seul au sommet de l'île d'Amantani en plein milieu du lac Titicaca, le lac sacré pour les Incas et les autres civilisations qui les ont précédés depuis la nuit des temps.

Je suis seul face à cette immensité, heureux d'être arrivé à cet endroit après 4 mois et demi de voyage à travers les Andes, des jours et des jours de sueur mais aussi de joies et de rencontres inoubliables.

Ce moment unique pour sentir la terre, la Pachamama, notre "terre mère" à tous, qui s'endort...

Demain, de l'autre côté de la montagne, le jour se lèvera une fois de plus.

Je voulais tout simplement vous envoyer ce message spécial, vous invitant à communier avec moi en cet instant exceptionnel.

Léon

dimanche 13 septembre 2009

Transandine 2009 n°20: Visite du Machu Pichu au Pérou - en route vers le lac Titicaca

Du lundi 7 septembre au samedi 12 septembre 2009

Ce message est déjà le vingtième, cela veut dire qu'il y a déjà plusieurs mois que j'ai quitté la Belgique!

Merci pour vos réponses, auxquelles je ne puis pas toujours répondre individuellement. Sachez que chacun de vos messages me donne du courage pour continuer.

Le Machu Pichu, tant visité, mais c'est une merveille !

Incontournable, le site Inca du Machu Pichu attire des milliers de visiteurs chaque jour (soit 1.400 entrés ce 10 septembre 2009), et s'enfonce de quelques millimètres chaque mois sous leur poids.

Néanmoins, je me suis décidé de le visiter avec un groupe de 9 personnes. Les quatre jours passés furent une très bonne expérience du point de vue relations humaines. 

Cinq nationalités: un couple de jeunes Français, un couple d'Argentins, deux jeunes amis Anglais dont un d'origine indienne (Asie), deux Brésiliens (père et fils), accompagnés de Silvio, notre sympathique guide Péruvien.

Quatre jours en utilisant divers moyens de déplacement: le VTT mais uniquement en descente (c'est moins fatiguant que la Transandine !), le trek, le meilleur moyen d'avoir le temps pour admirer les paysages, le bus et enfin le train pour le retour.

Des paysages fantastiques passant de plus de 4.000 mètres d'altitude à moins de 1.400 m, du froid andin a la chaleur tropicale. Des sources d'eau chaude. Un sentier des Incas très abrupte et à couper le souffle, surtout à ceux qui souffrent du vertige !

Une découverte très intéressante de l'Histoire et de la Culture Inca. Apprendre qu'un message partant de Cusco ne mettait que sept jours pour parvenir à Quito, relayé par des centaines de coursiers sur ces sentiers au dénivelé incroyable. Quand je pense que j'ai mis 4 mois pour arriver ici à Cusco !

Le site du Machu Pichu lui même - mieux vaut se lever tôt - pour pouvoir faire partie des 400 privilégiés qui ont le droit de monter au sommet du Waynapicchu d'où la vue est fantastique. 

C'est la raison pour laquelle nous nous sommes levés à 3h30 du matin et après une ascension très difficile du sentier menant à l'entrée du site, nous étions dans la file d'attente à 5h30. Le jour s'est levé vers 5h50 nous gratifiant d'une vision exceptionnelle des montagnes entourant le site - voir les photos dans la galerie

Le soir, retour par le célèbre train du Machu Pichu jusqu'à la cité Inca d'Ollantaytambo et ensuite retour en bus jusque Cusco.

Rencontre avec Damien Lopez d'Argentine et Marco Fania de Montreal (Canada)

Vendredi 11 au soir, retrouvailles à Cusco avec Damien, le voyageur à vélo parti d'Alaska et Marco Fania, réalisateur du film "Le dernier continent". 

En 2006, Damien et Marco ont fait partie d'une expédition en Antarctique a bord d'un bateau; ils ont réalisé un film sur les conditions de vie à bord de ce bateau prisonnier des glaces pendant 7 mois. Treize personnes à bord dont Martin Leclercq, le fils du célèbre chanteur a l'accent québécois, Felix Leclercq.

Damien et Marco se mettront en route en vélo depuis Cusco, quatre jours après moi en direction de La Paz également. Nous nous sommes promis de nous revoir, si pas en Bolivie, de toute façon à Salta en Argentine, terme de la Transandine.

Le petit chien sur la photo appartient à l'Argentin prenant la photo, parti d'Alaska lui aussi, mais à moto !

Prolongation de la Transandine

Sachez déjà que la Transandine est prolongée de deux mois. C'est tellement enrichissant comme découvertes, et puis, il faut plus de temps que prévu au départ sans connaître la réalité du voyage, surtout les conditions des dénivelés andins ! Au lieu du 15 octobre, le retour à Zaventem est prévu désormais pour le 10 décembre, 2009 bien sûr !

Léon

mardi 8 septembre 2009

Transandine 2009 n°19: Visite de Cusco et de La Paz (Bolivie)

Du lundi 31 août au dimanche 6 septembre 2009

Tout d'abord, merci à ceux et celles qui m'ont souhaité un bon anniversaire !

Accueil dans une famille péruvienne à Limatambo

Sur la route montante du col de Huillque, en ce lundi 31 août, je m'arrête à la recherche d'un coin tranquille pour bivouaquer. De retour près du vélo, je vois un couple en voiture qui s'arrête. Ils ont repéré l'origine du vélo grâce au "B". 

Manuel et son épouse ont visité plusieurs fois la Belgique (particulièrement Bruxelles et "Brugas") étant donné qu'ils ont une fille médecin à Paris. Ils m'invitent à camper sur leur pelouse, et comme je n'ai pas de tente, c'est dans leur salon que je passerai la nuit après un bon petit souper, suivi d'un pousse-café français ! Muchas gracias amigos de Limatambo !

Sur la route de Cusco

Ce mardi 1er septembre en route vers Cusco, un klaxon derrière moi, que je reconnais. C'est Damien d'Argentine, je le croyais devant moi et bien non, il avait pris un peu de repos à Limatambo ! Nous avons roulé ensemble quelques km, en nous promettant de nous revoir au Pérou ou en Bolivie. Quelques heures après notre rencontre, sa maman d'Argentine m'a envoyé un message, la magie et la rapidité d'Internet !

Un saut vers La Paz en Bolivie, et une mauvaise rencontre !

Mon visa touristique de trois mois au Pérou venant déjà à expiration, j'ai fait un saut en bus (de nuit) jusque La Paz, capitale de la Bolivie. 

De cette façon, je puis rentrer au Pérou sans problème et continuer ma visite de la région de Cusco avant de découvrir le lac Titicaca, situé à la frontière entre les deux pays. 

Ainsi, j'aurai visité La Paz sans mon vélo (qui est resté bien gardé dans le petit hôtel ici à Cusco). 

Comme les frères Alexis de Mozet l'ont fait, je contournerai La Paz à vélo en poursuivant ma route vers Oruro et le Nord de l'Argentine. Regardez sur une carte, il y a encore du chemin (entre 2.300 et 2.500 km) !

Une bête morsure de chien errant m'a mené au centre anti-rabique de La Paz. L'infirmier de service était étonné qu'un Lion (Leon en espagnol) se soit fait mordre par un chien ! Le traitement durera plusieurs jours, à la recherche des vaccins anti-rabiques dans les hôpitaux que je trouverai sur ma route. 

Des ennuis, mais qui ne m'empêcheront pas d'avancer. Ne vous tracassez pas, les blessures sont superficielles !

Avant de reprendre le bus (de jour cette fois vers le Pérou), j'ai participe à une soirée musicale à La Paz à l'occasion de la journée internationale de la femme indigène. 

La Bolivie à l'heure indienne d'Evo Morales

Le hasard m'a amené à assister à l'inhumation d'un bébé de quelques jours dans le cimetière de La Paz. La zone réservée aux enfants comporte de nombreuses rangées de caveaux. 

A La Paz, pour gagner de la place, les caveaux sont empilés à raison de 8 à 10 en hauteur. 

Sur la photo ci-contre on voit dans le fond les vivants entassés dans des bidonvilles (en hauteur) comme ils le seront encore dans le cimetière à la fin de leur vie !

Je ne puis m'empêcher de rapprocher cette cérémonie (il doit y en avoir plusieurs par jour, dans un pays ou la mortalité infantile est encore importante) d'un passage d'un livre retraçant la biographie d'Evo Morales. 

Le premier Président indigène Bolivien est né dans une famille de paysans Aymara dans la région d'Oruro. 

Des sept enfants nés dans sa famille, quatre sont morts avant l'âge de deux ans ! Enfant, Evo gardait les lamas. Il eut ensuite un engagement syndical important avant de se lancer dans la politique. 

Le voilà embarqué dans cette longue lutte au service de la défense des droits et de la dignité des peuples indigènes de son pays (Quechua, Aymara, Guarani, Chiquitanos, etc) et au service de l'ensemble des Boliviens avec pas mal de problèmes internes (redistribution des terres aux paysans, nationalisation des ressources minières, etc ...) et externes (relations tendues avec les USA, récupération de l'accès à la mer, perdu depuis la guerre avec le Chili fin du 19eme siècle, etc).

Cusco, quelle merveille !

Capitale archéologique des Amériques, Cusco est la plus ancienne ville habitée du continent. Son passé Inca saute aux yeux quand on arpente ses belles petites rues, les constructions actuelles reposant sur les murs Incas de l'époque pré-colombienne.

Ce dimanche 6 septembre, défilé de bon matin comme chaque dimanche, non seulement pour les militaires (hommes et femmes) mais aussi pour les enfants, qu'il faut éduquer très tôt à l'idéal patriotique !

Ensuite grimpette (jusque environ 3.800 m) vers 4 sites historiques Inca. Le plus important est le Saqsayhuaman

Un site grandiose pour admirer les prouesses techniques des constructions Inca.

La visite du Machu Pichu malgré tout, mais par une route différente

Le chemin de l'Inca étant trop utilisé par les touristes (et hors de prix en trekking comme en train d'ailleurs), je visiterai malgré tout le Machu Pichu

Ce lundi 7 septembre, avec 5 autres personnes que je ne connais pas encore, nous partons pour un voyage en bus, ensuite une descente vertigineuse en VTT, une remontée à pied, un plongeon dans de l'eau sulfureuse chaude avant de monter au Machu Pichu. 

Jeudi lever à 3h30 du matin pour admirer le lever du soleil sur le site le plus prestigieux de l'Histoire et de la Culture Inca.

Le récit de cette nouvelle aventure et vraisemblablement des photos dans le prochain message...

Coordonnées des cyclistes longue distance rencontrés sur la route de la Transandine

Claire Vanderplank (Raid Mexique - Argentine) : www.cyclingforcohesion.com

Fabio Mazardo (Amerique du Sud vers Bolivie et Bresil) : fabio.mazzardo AT gmail.com

Mana (Cécile) et Manu de France : ceciletmanu.unblog.fr

Damian Lopez d'Argentine (Raid Alaska - Argentine) : www.jamerboi.com.ar

lundi 31 août 2009

Transandine 2009 n°18: Trekking vers le site Inca du Choquequirao

Du lundi 24 août au dimanche 30 août 2009

Une semaine complète consacrée a la visite exceptionnelle du site Inca du Choquequirao

Historique

Occulté par le site du Machu Pichu, le site Inca du Choquequirao ne fut vraiment mis en valeur que depuis une quinzaine d'années. 

Ce site exceptionnel, certainement aussi grandiose que le Machu Pichu, fut construit vraisemblablement sous le règne de l'Inca Pachacutec au 15ème siècle. 

Ce complexe était un centre important sur le plan religieux, politique, culturel et commercial. Apparemment les conquistadors espagnols n'y mirent pas les pieds.

Ce site ne peut être atteint que par le trekking

Pas de train comme au Machu Pichu, ce n'est que par un sentier très exigeant que ce site peut être atteint. Au minimum deux jours de trekking au départ du village de Cachora avec deux fois 1.500 mètres de dénivelé, en descendant et en montant, idem pour le retour ! Traversée du rio Apurimac coincé au fond d'un canyon d'une très grande beauté.

Avec Amilcar guide et muletier

C'est donc accompagné d'un guide-muletier (très aimable et très attentionné) et d'une mule (très brave et courageuse mais qui s'enfuyait de temps en temps, avec les bagages !) que je suis parti à la découverte de ce site. 

Sur une journée, je n'ai compté que 20 visiteurs... alors qu'au Machu Pichu, le nombre doit être limité à 2.000 par jour !

Une après-midi entière pour visiter la partie basse, et une journée entière du lever au coucher du soleil pour découvrir la partie haute du site.

Les photos jointes vous donneront une idée de la grandeur du site, dont seulement 30% jusqu'à présent ont été mis en valeur.

Le site des Lamas

Du côté Ouest, j'ai particulièrement apprécié les terrasses dans les murs desquelles, les Incas ont incrusté des effigies de Lamas.

Deux anniversaires

Le 26 août, c'est avec mon guide que nous avons fêté mes 61 printemps autour de quelques biscuits et d'une Cristal, bière péruvienne primée à Bruxelles il y a une dizaine d'années ! 

Ensuite le 29 août, ce fut au tour d'Amilcar qui fêtait ses 26 ans. Pour moi, le gâteau au chocolat confectionné à cette occasion par ma soeur aînée, cette année, je devrai attendre Noël pour le déguster !

En route vers Cusco

Ce dimanche 30 août, je réenfourche le vélo vers Cusco. De la ville d'Abancay, je commencerai par une longue montée de 35 km pour atteindre un col de 3.900 mètres. 

Vous direz que j'ai l'entraînement! Et oui c'est vrai, lors du trekking vers le Choquequirao, je n'ai ressenti aucune douleur aux jambes. Par contre, quelques piqûres de moustiques !

Ce dimanche 30 août, à peine quelques kilomètres de parcourus que j'entends un klaxon derrière moi, serait-ce un marchand de glace à vélo? Et non, c'est Damien, d'Argentine, parti pour un périple de trois ans, d'Alaska jusqu'au Sud de l'Argentine. 

Il fait partie des "cinq" personnes qui selon le "Lonely Planet" tentent de relier à vélo les deux bouts des Amériques. "Des fous" diraient certains ou certaines de mes correspondants! Pas autant qu'on peut le croire ! 

Militant pour la Paix, Damien soutient les Villages d'enfants SOS. Il y en a un peu partout dans le monde. Personnellement, j'ai un ami, Gilbert Tapati, qui y travaille au Togo. Echange d'adresses, interview en vue du film de la Transandine. 

Damien est parti vers Cuzco, les jambes rôdées par plusieurs dizaines de milliers de km, et un peu plus jeunes que les miennes ! Un moment d'échange et de bonheur de plus sur cette route de la Transandine.

Bonne rentrée scolaire à ceux et celles qui ont cette chance d'étudier !

Léon

mardi 25 août 2009

Transandine 2009 n°17: D'Ayacucho à Abancay

Du dimanche 16 août au dimanche 23 août 2009

Bien arrivé à Abancay ce dimanche 23 août à 18 heures après une longue descente (60 km de 3.835 m d'altitude à 1.905 m) et une "petite remontée" de 10 km. Ce midi, je voyais la ville de Abancay au loin et estimais me trouver à 20 km de cette ville. Je ne croyais pas un villageois qui me disait qu'il y avait encore 50 km pour y arriver, et bien il avait raison !

Quatre cols Andins de "première catégorie"

Définition: un col Andin de première catégorie est un col dépassant les 4.000 mètres, c'est un peu plus haut que les cols des tours de France et d'Italie !

D'Ayacucho à Abancay, le parcours est très "Andin". Jugez-en.

Dimanche 16 août, le col de Tocctoccsa culmine à 4.200m. Parti à 6h25 du matin à 2.800 mètres d'altitude, alors que Ayacucho se réveillait à peine, je suis arrivé au sommet alors que le soleil se couchait (vers 19 heures). Au sommet, outre une bonne poignée de mains, j'ai reçu les conseils des policiers de service: "faites très attention la nuit !". La nuit, pas d'autre choix que de dormir à la belle étoile, sous les étoiles avec tout le loisir de les admirer dès 19 heures, d'autant plus que la lune était absente. Au matin, tout est givré, évidemment à 4.200 m! Mais une bonne nuit quand même à l'abri du regard, derrière un énorme tas de rochers assemblés la lors de l'installation d'un gazoduc. Au matin, salut amical des ouvriers commençant leur journée de travail. 

Lundi 17 août. Second col (4.400 m) le col d'Huamina. Pas de difficulté majeure pour ce col suivi d'un très long faux plat dans la Pampa déserte si ce n'est quelques éleveurs de moutons. Ensuite une très longue et vertigineuse descente de plus de 20 km pour arriver à Ocros avant la nuit.

Mardi 18 août. La première partie de la journée commence par une très longue descente jusqu'au Rio Pampas. Pendant 10 km, je longe cette rivière, bénéficiant d'un paysage merveilleux. La fin de l'après-midi sera plus dure. Montée vers le pueblo de Chincheros.

A 15 heures, les gens me promettent une heure de grimpette, je suis arrivé dans le noir à 20 heures, heureux de trouver un bon accueil dans un "hospedage" qui accueille également des cyclos venant d'Italie, etc. 

C'est vrai que la route de Cuzco est plus fréquentée que celle que j'ai prise au début de ma traversée du Pérou via Cutervo et Cajamarca!

Mercredi 19 et jeudi 20 août. La montée du col de Soracchocha est agréable sous le soleil. Vers 16h, sentant venir la fin du jour et la froideur du col, je décide d'arrêter et de chercher un refuge. 

Un éleveur de mouton me renseigne une cabane où je puis passer la nuit. Apres m'être cuit de très bonnes pâtes, je m'endors dans cette belle petite cabane bien fermée. 

Une nuit bien reposante. Le lendemain matin, il me faudra près de cinq heures supplémentaires pour atteindre le sommet du col à 4.150m, m'offrant un panorama extraordinaire sur les Andes.

Rencontres diverses

De l'eau quand il fait soif !

Alors que j'étais en train de filmer les beaux paysages le long de la rivière Pampa, 4 Jeep 4x4 s'arrêtent. Les occupants viennent d'Ambato en Equateur et se rendent au Machu Pichu. Séance de photos, interviews et ravitaillement en boissons. Muchas gracias... par cette chaleur !

Echange avec Andres (76 ans) ou "prendre le temps de contempler les Andes." 

Un court mais riche échange avec ce monsieur prenant le temps d'admirer les montagnes des Andes. Les photos jointes vous montrent quel merveilleux spectacle est offert chaque jour à ceux qui prennent le temps de s'y arrêter. Andres m'a dit que le secret du bonheur, c'était de vivre "tranquille". 

Il me fait penser à ce monsieur du village de Rochehaut, situe près de Bouillon (en Belgique) et qui chaque jour se rend à un endroit d'où il peut admirer le paysage du site du "Tombeau du géant" sur la Semois. Tous ces sites merveilleux nous sont offerts, gratuitement !

Montez dans mon véhicule !

Dimanche dans la montée du col, trois personnes m'ont proposé de me charger (avec le vélo) jusqu'au somment du col. Je me suis juré d'accomplir l'entièreté du parcours de la Transandine à deux roues (et non à 4 ou à six roues). Aussi ai-je décliné leur offre. Par ailleurs, un camionneur tombe en panne (pneu crevé) m'a lui aussi proposé de m'emmener assez loin dans la direction de Cuzco! Ce jeudi, sur le plateau de la Pampa, nous nous sommes à nouveau croisés. Il m'a reconnu et nous avons échangé quelques mots, 

Rencontres brèves, simples, mais tout simplement chargées d'humanité!

Quelques km en compagnie d'Emmanuel et de Mana, de France

Emmanuel et Mana voyagent dans les Antilles et en Amérique du Sud depuis de très nombreux mois. Depuis trois mois, ils ont décidé d'opter pour le vélo au lieu du bus qui ne permet pas une découverte aisée des paysages. De plus, les rencontres humaines sont bien plus faciles à vélo!

Dans la montée du col d'Huayllacasa (le quatrième pour moi en cette semaine), j'ai roulé quelques kms en leur compagnie. Nous avons bivouaqué près d'un village, partagé une soupe (un peu rallongée d'eau pour la circonstance et de "papas" d'une famille du village). 

Autour d'un feu, dans la nuit Andine, nous avons parlé de nos découvertes et rencontres passées et de nos projets. Le lendemain matin, plus légers (en bagages) et plus jeunes que moi, Emmanuel et Mana sont partis en avant, pendant que je débloquais mes gardes-boues obstrués par de la boue. 

En chemin, je voyais les traces de leurs vélos et certaines personnes me disaient quand ils étaient passés à cet endroit. 

Emmanuel et Mana, je vous souhaite bonne route vers la Bolivie !

Listes d'adresses et Hotmail

Nombreux êtes-vous à recevoir ce courriel hebdomadaire. Etant donné qu'une liste est limitée à 50 personnes, il y a donc 8 listes. Par ailleurs le serveur Hotmail limite le nombre d'envoi de messages par 24 heures. Quand j'ai envoyé 5 listes, Hotmail me dit que c'est suffisant pour la journée et que j'ai atteint le nombre maximum autorisé, sans me dire quel est ce nombre! 

Dès lors certains d'entre vous doivent attendre un jour de plus pour recevoir le message. Fort bien, merci Hotmail, mais si le lendemain, je suis dans la montagne sans cyber-cafe, et ce, pendant quelques jours, mes correspondants peuvent attendre, vous n'y aviez pas pensé !

Léon 

mardi 18 août 2009

Transandine 2009 n°16: D'Ayacucho à Vilcashuaman

Du mercredi 12 août au samedi 15 août 2009

Visite d'Ayacucho

Fondée par les Espagnols en 1539, Ayacucho fut marquée dans les années 1980 par l'épisode sanglant et violent du mouvement de guérilla du "Sendero Luminoso", aujourd'hui démantelé.

Doté de nombreuses églises (une pour chaque année de vie du Christ parait-il) et de demeures coloniales, Ayacucho a beaucoup de charme. 

Un peu de repos avant de prendre la route de Cuzco.

Musée de la mémoire

Très intéressant le musée de la mémoire, mis sur pied par l'ANFASEP, l'Association Nationale des Familles des Séquestrés, Détenus et Disparus du Pérou. 

Pour que ne soit pas oublié la sinistre époque ou guérilleros et militaires pratiquaient séquestrations, tortures, viols, assassinats, violences indignes et inadmissibles. Pour que cela ne soit pas effacé de la mémoire des générations futures. 

J'y ai ressenti une atmosphère semblable à celle des lieux visités lors de mes voyages précédents : les camps de Buchenwald, Auschwitz, le musée de la libération à Riga en Lettonie. 

Ci-dessus la photo du monument devant le musée représentant un fusil brisé, symbole de la non-violence.

A la découverte de très grandes fleurs

Ayant appris qu'il n'y avait pas de route "sûre et pratiquable" entre Vilcashuaman et Cuzco, j'ai décidé de modifier mon plan et de visiter la région au moyen des transports en commun, le vélo et les bagages restant dans la cave de l'hôtel ou j'avais dormi deux nuits à Ayacucho.

Levé à 3 heures du matin pour ne pas rater le départ du véhicule à destination de Vischongo, parti effectivement à 5h30, une fois que tous les sièges (y compris les strapontins) eurent été occupes. 

Traversée d'une région splendide que je redécouvrirai en partie, plus lentement et un peu moins cahotiquement la semaine prochaine, à vélo.

Jeudi 13 août : une journée entièrement consacrée à une ascension dans la montagne à la découverte de la Puya raimondii

Cette broméliacée géante est considérée comme l'une des plus anciennes espèces végétales du monde. Elle est une sorte de rosace immense, hérissée de pointes et dotées de longues feuilles dures et cireuses. 

Très rare, il lui faut 100 ans pour atteindre la hauteur de deux mètres. J'en ai photographié une très grande (voir la photo ci-contre sur laquelle je parais "petit" à côté d'elle). Il est très rare d'en voir une en fleurs (documentation : guide "Lonely Planet").

Redescendu dans la vallée, dans le village de Vischongo, les fanfares étaient déjà en route (depuis le matin) pour la fête du 15 août. 

Mais la musique nocturne ne m'a pas empêché de bien dormir dans un gîte tenu par une dame très sympa en contact avec des Belges travaillant à Ayacucho dans un foyer pour enfants.

Visite de Vilcashuaman, "Faucon sacré" en langage des Incas

Considéré comme le centre géographique de l'empire Inca, Vilcashuaman a perdu ses vestiges précolombiens, les envahisseurs se servant des bases des temples Incas pour asseoir leur églises, non contents d'imposer leurs culture et religion importées. 

Arrive tôt ce 14 août dans cette ville où les rues portent encore des noms Incas, j'ai eu l'occasion de parler avec un professeur donnant un cours "in sitio" a ses élèves dans le périmètre de la pyramide à cinq niveaux, au sommet de laquelle trône le double siège de l'Inca. Le professeur m'a demandé s'il y avait de telles constructions en Belgique. Je ne crois pas de la même époque, à moins que les citadelles ?

Très sympas les gens ici. Santiago, un monsieur d'un âge respectable m'a donné des explications sur le site Inca du Temple du soleil, jadis superbe parait-il, devenu le sous-basement de l'église paroissiale.

Retour à Ayacucho ce 15 août

Apres avoir assisté aux feux d'artifices de la veille de l'Assomption dans le village de Vischongo et à la procession de la Vierge, j'ai repris la route d'Ayacucho dans un mini-bus Toyota. De nouveau, nous avons découvert des panoramas splendides, et frôlé des ravins de plusieurs centaines de mètres, merci aux talents du chauffeur !

Demain dimanche 16 août (anniversaire de mon petit-fils Aubin), je repars d'Ayacucho, le vélo chaussé des pneus "Marathon XR" en prévision de la route empierrée qui nous emmènera à Cuzco. Il me faudra grimper de nouveau à 4.100 mètres, je ne sais pas le temps que je mettrai. 

Il n'y a pas d'hébergement ni de magasins sur un long tronçon, il faudra demander l'hospitalité dans les rares villages et prendre des provisions. Si vous n'avez pas de nouvelles de la Transandine momentanément, sachez qu'il n'y a pas partout des cybers-cafés. Ne vous inquiétez-pas, même silencieux, je ne suis pas "disparu" !

Léon

Transandine 2009 n°15: De l'Atlantique à Ayacucho - retour dans les Andes

Du mardi 4 août au mardi 11 août 2009

Grazias por la vida de Camila

Veille du départ vers La Paz, ma petite-fille Camille était présente dans nos pensées dans la petite chapelle des soeurs qui m'ont accueilli à Lima pendant une semaine. 

Une action de grâce en remerciement pour la vie de Camille, déjà "re-baptisée" ici au Pérou, Camila.

Vous pouvez également voir Camille grâce à la photo reçue de Belgique. Elle ressemble très fort à sa maman Maryse lorsque celle-ci avait le même âge.

Départ sécurisé de Lima

Mardi 4 août, grâce à la voiture de Graziela, une maman d'élève du collège où travaillent mes hôtes Elba et Karen, j'ai pu éviter les dangers de la circulation du centre ville de Lima.

Le départ effectif en vélo vers le Sud a été donné à 20 km de Lima sur la Panaméricaine. Pas de problèmes pour les deux premières journées sans difficultés majeures: 120 km le premier et 100 km le second jour.

Enfin du soleil sur le Pacifique !

En descendant vers Pisco, le soleil est enfin arrivé ce mercredi 5 août et je joins une photo prise en haut des dunes dominant l'océan Pacifique, pas toujours pacifique d'ailleurs ! 

Ce jeudi 6 août, j'ai quitté avec soulagement la Panaméricaine que j'ai suivi pendant 450 km. Je retrouve les montagnes des Andes, les rivières, le soleil, et bien sur les côtes (celles qui montent, pas celles qui longent la mer!, Ah le français c'est compliqué !). 

Ce matin, j'ai visité le palais Inca de Tambo Colorado, un vestige de l'époque précolombienne très bien conservé.

Nos routes se sont croisées

Un soir sur la place de la petite ville de Huaytara, la route de Fabio a croisé la mienne. Jeune Brésilien de Curitiba, Fabio est parti il y a neuf mois du Guatemala pour un long périple à vélo à travers l'Amérique Centrale, la Colombie, le Venezuela, l'Equateur et le Pérou. 

Alors que je montais vers Ayacucho, lui cherchait un peu de repos en descendant vers Pisco et l'océan Pacifique. Nos routes se croiseront-elles à nouveau en Bolivie ? "Ninguem sabe - muito obrigado amigo Fabio !"

La longue route vers Ayacucho 

Vraiment heureux de quitter l'océan Pacifique (et sa grisaille) pour retrouver "mes" Andes. C'est vrai que je m'y sens si bien. Quatre jours de bonheur en montant vers cette belle ville d'Ayacucho

Ce lundi 10 août, j'ai pris vraiment le temps d'admirer les paysages de ces montagnes tout en me hissant jusqu'au somment du col d'Apacheta

Ce col (4.756 mètres au dessus du niveau de la mer, précise un panneau) est vraisemblablement le plus élevé de la route de la Transandine, du moins au Pérou, car nous verrons en Bolivie ce qu'il en sera !

L'accueil sur la route andine

En ce qui concerne l'hébergement, j'ai eu vraiment de la chance. Par deux fois, en m'adressant aux gens réunis sur la place du village, ceux-ci m'ont suggéré de m'adresser à la mairie. A Huatara et à Licapa, j'ai passé la nuit dans un local appartenant à la municipalité. 

Le premier village est en lien avec l'Union Européenne concernant un projet de recyclage des déchets. Dans le hall de la mairie, il est écrit "La porte te sera toujours ouverte" (voir photo), et la revue culturelle de la commune a pour titre "El Solidario", pas besoin de plus de commentaires. 

Cela me rappelle le voyage des frères Alexis de Mozet qui trouvaient de quoi loger chez les pompiers aux USA, de même que Fabio, le brésilien.

Photographe professionnel ? Non, mais !

Dans la ville de Cajamarca, j'avais sympathisé avec un médecin d'origine péruvienne habitant les USA. Je l'avais inséré dans mes listes d'adresses. Je viens de recevoir un message de sa part, me remerciant pour les photos attachées à mes messages. 

Il me demande si je suis un photographe professionnel, non mais je manie appareils photos et caméras depuis 1966, depuis que j'ai reçu un appareil photo Yashica de mes parents le jour où j'ai terminé mes humanités, une occasion pour redire "merci" à mes parents qui, très tôt, m'ont appris le sens du courage, de la détermination et de la solidarité, bien présents sur cette route transandine !

Un texte pour votre réflexion

Ci-après, je joins un texte reçu par courriel de Soeur Elba de Lima, texte que je livre à votre réflexion ou méditation, ceci tout en respectant votre conviction personnelle.

"Seguir la ruta, lograr el objetivo deseado, guiarse por la intuición y fiarse del otro y en ese caminar sentir la presencia de un Dios amoroso, cercano que se manifiesta en la vida en lo pequeño, sencillo en el próximo eso es vivir y creo que eso es lo que tú haces"

Pour les non hispanophones, en voici "ma" traduction :

"Suivre la route, atteindre l'objectif voulu, se guider par l'intuition et se fier à l'autre sur ce chemin en sentant la présence d'un Dieu amoureux, proche qui se manifeste dans la vie et dans le petit, celui qui est le prochain, c'est cela vivre et je crois que c'est ce que tu fais."

mardi 4 août 2009

Transandine 2009 n°14: Visites de Lima et d'Arequipa

Du samedi 25 juillet au lundi 3 août 2009

Camille est née en Belgique le 1er août 2009

Une bonne nouvelle : la naissance de ma petite fille (nieta, grand-daughter) Camille

Ce samedi 1er août nous est née Camille, fille de ma fille Maryse et de Guillaume. Je suis ainsi grand-père (ou Babou) pour la quatrième fois. Je suis heureux de vous faire part de cette bonne nouvelle.

Visite de Lima, capitale du Perou

Ville tentaculaire, Lima compte près de neuf millions d'habitants. La ville est constituée de nombreuses collines envahies depuis longtemps par des bidonvilles, véritable ceinture de pauvreté de la capitale.

Arrivé à vélo du Nord par la zone portuaire et de l'aéroport, je me suis faufilé dans un trafic incroyable de véhicules de toutes sortes. Pour la sortie vers le sud, le mardi 4 août, j'aurai recours à une camionnette, moyen plus sûr.

Malgré un temps maussade et froid, normal en cette saison d'hiver austral, j'ai visité les quartiers historiques de la ville (avec Soeur Elba et Karren qui m'ont accueilli dans leur maison) ainsi que les quartiers modernes que sont Miraflores et Barranco (avec Clara Benavides, une amie de Bernadette Charle qui travailla à Gembloux).

Accueilli par Soeurs Elba et Karren

Ces deux religieuses ont consacré du temps de leur vacances pour m'accueillir durant mon séjour à Lima. Un accueil très attentionné qui m'a permis de reprendre des forces en vue de la seconde étape vers La Paz en Bolivie, sachant que plusieurs cols de plus de 4.000 mètres m'attendent sur la route d'Ayacucho, du Machu Pichu et du lac Titicaca.

Rencontre vraiment très riche avec une directrice d'école et une jeune religieuse en formation universitaire. Ouverture d'esprit, engagement social au coeur d'un quartier populaire, dynamisme, sourire, me prouvent qu'à la base, l'Eglise peut encore compter sur des forces vives au moment ou un "autre vent" souffle en haut lieu de cette Institution.

Le bidonville de "la Tablada"

Dimanche 26 juillet, je me suis rendu dans ce très grand quartier où mes amis de Floreffe, Etienne et Christine Dubois ont consacré plusieurs années de leur jeunesse, il y a une bonne vingtaine d'années.

Alors que les collines sans eau ni électricité se couvraient rapidement de maisons en tôles et autres matériaux de récupération, le jeune couple (médecin-infirmière) ouvrit le premier poste de santé dans ce bidonville. 

Vingt ans après, j'ai retrouvé plusieurs familles qui n'ont pas oublié leur engagement au service de la population. Il y a quelques jours, une montagne proche non encore occupée fut envahie par des familles sans terrain et sans maison. La police les en a fait déguerpir aux moyens de gaz lacrymogènes. 

Chaque jour, des centaines de personnes arrivent à Lima en quête de travail, et d'un coin de terre pour ériger en hâte un toit.

Visite d'Arequipa

Un aller retour en bus de nuit m'a permis de découvrir cette ville "blanche" située dans le Sud du pays et qui n'est pas prévue au programme de la Transandinne. Ayant du temps jusqu'a l'arrivée de Mael, une coopérante de Volens débarquant à l'aéroport de Lima ce 3 août avec des pièces de rechange et d'entretien pour le vélo, introuvables ici.

Visite du monastère de Santa Catalina, véritable labyrinthe de 20.000 mètres carrés ou j'ai pu exercer mon hobby de photographe profitant d'un soleil jouant avec les tons bleu et rouge des murs de ce couvent récemment très bien restauré. Je joins des photos de ce paradis pour photographes. 

Ce couvent fut construit en 1579. Sa fondatrice, Maria de Guzman, n'acceptait que les religieuses issues des plus grandes familles d'Espagne, pouvant amener des dotes et donc de l'argent. 

Les religieuses pouvaient disposer de servantes ou esclaves (généralement noires) jusqu'au jour où le Pape envoya une dominicaine très sévère pour mettre fin a ces agissements, très éloignés de l'Esprit de l'Evangile!

Trekking dans le canyon de Colca

Deux jours de trekking dans ce qui est considéré comme un des canyons les plus profonds du monde. Avec deux guides Pablo et Walter, j'ai eu le plaisir d'accompagner 7 personnes de 5 nationalités différentes: Mariana et Claudio (Perou), Andres et son amie (Argentine), Christa (Autriche), Megan jeune médecin (USA) et Ori (Israel). 

En deux jours, deux fois mille mètres de dénivelé, en descendant le premier jour et en remontant le second. Levés avant 5 heures du matin, ce samedi 1er août, car le monde appartient à ceux qui se lèvent "temperano" pour admirer le lever du soleil sur les montagnes entourant ce merveilleux canyon. 

Si je n'ai pas fait baisser la moyenne d'âge du groupe, je n'ai pas retardé celui-ci dans sa progression ! Notez que pour ceux qui ne sont pas habitués a ce genre d'exercice, il est possible d'avoir recours aux services d'une mule.

Le vol du Condor

Nous avons pu admirer le vol majestueux de ce très grand oiseau des Andes et emblème de l'Equateur. Du Canyon del Colca, je ramène de très belles images prises dans le ciel des Andes. 

Vivement le vélo !

Mardi 4 août, je réenfourche mon vélo, heureux de retrouver ce moyen formidable pour rencontrer les gens et découvrir les richesses des paysages, car en bus, on ne voit pas un dixième de ce que l'on découvre à vélo. 

Un exemple : en revenant en bus vers Arequipa, au moment de s'arrêter au "mirador de los volcanes" à 4.700 mètres d'altitude, le guide nous a dit : "vous avez deux minutes pour admirer le paysage, !" 

Plus jamais, sauf nécessité, vous ne m'aurez pour un voyage en bus, d'autant plus que vous sortez de ce monstre ankylosé de toutes parts ! 

Heureusement un peu plus loin, le chauffeur s'est arrêté pour que nous puissions admirer des vignoges : animal andin dont vous avez une photo ci-contre. Apparenté aux lamas et alpagas, il est actuellement interdit de le tondre.

A la semaine prochaine avec des nouvelles de la route (qui monte) vers Ayacucho et Cuzco.

Léon

dimanche 2 août 2009

Transandine 2009 n°13: De Caraz à Lima

Du dimanche 19 juillet au samedi 25 juillet 2009

Vous avez apprécié les photos de la Cordillère blanche, surtout "l'amanhecer" sur un des sommets enneigés de plus de six mille mètres de cette merveilleuse chaîne de montagne. En fait, selon mon ami de Bois-de-Villers Paul Meura, cela s'écrit "amanecer", mon passé brésilien fait que je parle et écris plutôt en "portugnol".

Première rencontre avec une cycliste "longue distance"

Ce dimanche 19 juillet, alors que j'étais en train de pique-niquer, j'ai été rejoint par une cycliste "longue distance", la première que je rencontre depuis deux mois et demi. Cette fois pas de side-car ou de moto, le seul moteur étant dans les jambes, et dans la tête bien sur ! 

Claire Vanderplank, une Australienne de 26 ans partie pour un très long périple d'une année : de Cancun au Mexique jusque Buenos Aires en Argentine, de deux à trois fois le périple de la Transandine ! Cette voyageuse solitaire pousse un vélo appelé Eliza, moins chargé que le mien, équipé des mêmes pneus "Marathon XR". Nous avons échangé nos adresses, pris une photo de notre rencontre. Peut-être nous retrouverons-nous au Pérou ou en Bolivie sur la longue route vers l'Argentine ?

Quelques lignes traduites du site Internet donnant les objectifs de son voyage :

"Cycling for Cohesion" est une initiative sociale qui a pour mission de catalyser la diffusion d'idées sociales et de contribuer à un changement culturel en vue d'un développement durable et social de la communauté humaine.

Cela mérite un petit message d'encouragement (en anglais si possible) à claire@cyclingforcohesion.com

Pour envoyer un message par Internet, il suffit de 15 secondes, pas besoin d'enveloppe, de bic, de timbre, ni de salive pour le coller ! Et cela ne vous coûte pas un Eurocent ! Mais un message, cela fait tellement plaisir !

Une nuit couverte d'étoiles, et de givre

La route vers Lima passe par un plateau désertique où j'ai cherché en vain un abri pour la nuit du 20 au 21 juillet. Dès lors, je me suis enfoui dans mon sac de couchage dans une petite carrière. 

Au matin, tout était couvert de givre. Quant à moi je n'étais pas "givré" (dans aucun sens du terme) car j'avais mis toutes les couches de vêtements à ma disposition. 

Vers midi, le soleil chaud du Pérou s'est empressé de sécher le tout.

L'après midi du 21 juillet, j'ai enfilé 75 km en trois heures, une très longue descente vers la mer et vers Lima. Imaginez une descente d'une traite (avec pas mal de tournants) de Bastogne à Assesse. Que c'est agréable de descendre surtout quand la route est bien asphaltée. Mais il n'y a pas que des descentes, sinon mon raid s'appelerait la "Descandine"!

Par deux fois, des policiers m'ont arrêté pour prendre des nouvelles de mon voyage et me souhaiter bonne route, sympa n'est-ce pas ?

210 km ennuyeux le long d'une autoroute avant d'arriver à Lima

Le long de l'océan Pacifique, pas d'autre alternative que de prendre la Panaméricaine jusque Lima. Heureusement, une bande de pneus crevés bien asphaltée m'a permis de rouler en sécurité, sans crevaison.

Fourbu mais très heureux d'arriver à Lima ce vendredi 24 juillet 2009, accueilli par deux religieuses enseignantes dans un collège, en vacances. Des consoeurs des religieuses qui m'avaient si bien accueilli à Cajamarca fin juin.

Bilan de la première étape Quito - Lima

2.985 km; 51 jours de route; moyenne par jour : 58 km; 302h30' de selle; moyenne horaire : 9,8 km/h; une seule crevaison; cinq chutes sans gravité, dont une lors du tournage d'une séquence pour le film du voyage !!!

Une bonne semaine de repos dans la capitale péruvienne avant de repartir pour la seconde étape : Lima (Perou) - La Paz (Bolivie)

Hasta mas, Leon

dimanche 19 juillet 2009

Transandine 2009 n°12: Trekking dans la Cordillère Blanche au Pérou

Du mardi 14 au samedi 18 juillet 2009

Je viens de rentrer du trekking dans la Cordillère Blanche et voici mon message hebdomadaire.

Une petite rectification du message n°10

Jules César n'était pas contemporain des Incas, c'est ce que nous rappelle Jean Imberechts (actuellement en Syrie) un connaisseur du Pérou puisqu'il y a passé de nombreuses années en mission. Comme lui, n'hésitez pas à me faire remarquer mes erreurs.

Les mines au Pérou, points de vue divergents

Sur la route que j'ai prise pour arriver ici à Caraz, j'ai traversé de nombreuses régions minières. Des petites mines de charbon parfois exploitées par quelques ouvriers. De plus grandes mines, d'or essentiellement, qui, comme en Roumanie (cf. projet de la société Canadienne à Abrud, village désertifié soutenu par Mme Dujardin de Durnal) utilisent des bassins de décantation au cyanure. 

Selon un employé rencontré non loin d'une de ces mines d'or, "Nous contrôlons la situation, !" Selon les paysans riverains interroges, ils sont moins affirmatifs : ils craignent pour l'eau de leur puit, pour leurs cultures, pour leurs produits, pour leurs enfants... C'est vrai que du cyanure, cela ne doit pas trop respecter l'environnement, et les humains qui y sont environnés !!! Question de points de vue, et d'intérêts !!

Dans les rivières que j'ai longées, j'ai vu des chercheurs d'or, passant leur journée à remuer des tas de graviers, dans l'espoir de trouver quelques hypothétiques pépites d'or. Différences de moyens, différences de chance !

Traversée de cinq jours de la cordillère blanche

Bien renseigné par le guide "Lonely Planet", je suis parti avec l'Agence Pony Expéditions dont le gérant Alberto connaît bien Tubize et le Club Alpin Belge. Parti avec le guide Mauricio et son âne comme porteur de bagages, je me suis joint à un sympathique trio d'amis de Chalons-en-Champagne : Ophélie, Damien et Guillaume, trois amis d'enfance en visite au Pérou.

Nous avons tout partagé: la cuisine, car mon camping gaz était un peu faiblard par rapport aux vents andins, les spaghetti, le thé aux feuilles de coca (contre le mal de montagne), la confiture de la grand-mère de Guillaume, les sentiers, les difficultés dues à l'altitude mais aussi les beautés de cette montagne que vous pourrez découvrir grâce aux photos jointes.

Deux cols de plus de 4.700 mètres, c'est à dire quelques poussières en moins que le Mont Blanc, sommet de l'Europe géographique. Beaucoup d'arrêts pour reprendre son souffle mais la joie d'arriver aux sommets. 

Tout d'abord une photo des quatre compagnons au sommet du col de Punta Union (4.750 m), dans le soleil et une autre dans le brouillard, le col de Portachuelo, arrivé au sommet avec Mauricio (les amis français étaient partis la veille) ce samedi 18 juillet à 8 heures au matin.

Je vous offre quelques belles vues de ces montagnes, des lacs, des fleurs et un superbe "amanhecer", un lever de soleil unique après une nuit glaciale (au matin il y avait du givre sur les tentes) passée à 4.395 m.

Dans cette montagne magnifique, j'ai croisé deux couples de Belgique, l'un de Gembloux, l'autre de Rhode-Ste-Genese.

La lente agonie de la cordillère blanche

Selon Mauricio, guide de Montagne, âgé de 53 ans, quand il était enfant, il y avait de la neige l'hiver (l'été pour nous) dans toutes les vallées menant aux pics de la Cordillère. Depuis, lentement chaque année la neige recule. Selon lui quand il sera "au cemetero", la cordillère n'aura plus de neige, et il n'y aura plus de touristes pour faire des trekking ! 

Je vous assure, pendant la nuit d'insomnie passée dans cette montagne, je l'ai entendue gémir, comme quelqu'un qui sent qu'il va mourir,

A dans une semaine, ce sera à Lima, la capitale du Pérou.

Léon

****

Merci a ceux et celles qui m'envoient des messages comme par exemple Jean-Noel Pierret, d'Alle-Sur-Semois

"Nous te souhaitons une bonne continuation dans ton aventure et de garder la forme pour aller jusqu'au bout ! Encore merci pour tout le travail que tu te donnes pour tes correspondants. Amitiés. Jean-Noël"

Et oui des correspondants, il y en a 360 !

lundi 13 juillet 2009

Transandine 2009 n°11: Une chevauchée fantastique vers la Cordillère blanche

Du samedi 4 juillet au lundi 13 juillet 2009

Une nuit dans une famille enveloppé dans des couvertures en laine de lama

Apres avoir quitté Cajabamba. je me suis dirigé vers l'Ouest, vers Trujillo par une belle route récemment macadamisée. La journée a été longue car le col qui m'attendait grimpait jusqu'à 4.000 m. Retardé par un orage, je suis arrivé au sommet à la tombée de la nuit et j'ai trouvé refuge dans une famille qui a bien voulu m'accueillir pour la nuit. 

J'ai très bien dormi au chaud dans la cuisine à côté de la table ("familiale", 12 enfants !) où il y a un feu utilisant des pierres de charbon de la mine voisine. J'étais dans un coin avec deux bonnes couvertures en laine de lamas en plus de mon sac de couchage. Dans l'autre coin : des cochons d'Inde!

Heureusement que j'ai trouvé cette maison car les fils m'ont indiqué la route que je devais prendre vers le Sud. Une route en terre et en pierrailles dans un décor impressionnant : à 4.000 m, il n'y a plus de végétation.

Une série de plusieurs nuits sans hôtels

Par un itinéraire fait de routes de terre ou empierrées, j'ai mis beaucoup de temps pour progresser dans une région très montagneuse. Le soir tombe vite. Heureusement, la première nuit, j'ai trouvé un refuge de montagne (pour les animaux, avec de la paille, sans animaux).

La nuit suivante dans une maison en ruine (le propriétaire et sa maman sont venus me saluer gentiment le matin). 

Quant à la troisième nuit, je l'ai passée à la belle étoile, bien au chaud dans mon sac de couchage, sous la toile imperméable qui m'accompagne dans tous mes voyages. En effet une fine pluie est tombée une partie de la nuit.

24 heures pour traverser une vallée.

Ces 7 et 8 juillet, j'ai mis 24 heures pour passer d'un village "Mollepata" d'un côté d'une vallée à un autre "pueblo" situé de l'autre côté de la vallée, appelé "Pallasca", distant du premier d'environ 10 km à vol d'oiseau. Les gens m'avaient prévenus que ce serait très dur ! Entre les deux villages, une descente vertigineuse suivie d'une très très longue montée. 

Tout d'abord une suite de lacets, avec 24 tournants. Un décor splendide; une route pratiquement pas utilisée vu le dénivelé : quelques camions, quelques bus et motos. Je joins des photos de ce passage laborieux avec de très nombreux lacets, un peu plus nombreux que ceux de l'Alpe d'Huez, sans macadam, et bien sûr, vous me connaissez, sans EPO !

Une longue chevauchée le long de très belles rivières

De Pallasca, perché à 3.095m, je suis descendu vers la mer à un niveau de 575m pour remonter de nouveau jusqu'à 2.300m. Des routes empierrées, impossible de rouler plus vite qu'à du 7 km/h de moyenne, même en descente. Les cailloux, petits et gros, se chargent de ralentir, voir de déstabiliser ou de bloquer le vélo. 

Il faut sans cesse être vigilant car le précipice n'est pas très loin, et sans parapets. Mais le décor est splendide: la rivière Tablachata et ensuite la rivière Santa aux eaux tumultueuses, couleur encre comme la pierre, ou les mines de charbon que l'on rencontre.

Une nuit, j'ai dormi dans mon sac de couchage; j'ai eu moins froid qu'à l'hôtel. J'avais comme décor les montagnes éclairées par une pleine lune. Un décor semblable à celui des nuits passées dans le désert, pour ceux qui en ont déjà fait l'expérience. 

La nuit suivante, impossible d'arriver au village. Après avoir roulé une heure dans le noir, accueil chez un marchand de matériaux : j'ai dormi entre les sacs de ciments, après m'être cuit un spaghetti au thon sauce tomate.

Rencontre entre Belges et Equatorienne, sur une route perdue du Perou !

En pleine montée en lacets vers le "Canon del Pato" où il y a une centrale hydro-électrique, je suis rejoint par une moto dont les occupants portent des casques. "Ce ne sont pas des Péruviens, généralement ils n'en portent pas", me dis-je. Je leur fais signe de s'arrêter. Surprise, le pilote, Renato, vient d'Eghezée en Belgique (à un jet de Pierre de Jambes) et son accompagnante prénommée Liced, de Quito

Echanges d'adresses, d'expériences de voyage, promesse de se retrouver en Belgique.

Arrivée à Caraz tard dans la nuit

Après une série impressionnante de tunnels (35 au total) sur la route du "Canon del Pato" vers le Sud, j'ai eu la très grande joie de retrouver une route macadamisée (après 305 km de routes empierrées). Pour arriver à Caraz, j'ai roulé deux heures dans le noir sur une très belle route. Avec mes yeux de chat pas de problème, en plus qu'il y en avait sur la ligne médiane de la route !

Dans le prochain message je vous raconterai comment s'est passé le trekking dans la Cordillère blanche. Demain, mardi 14 juillet, je pars pour 5 jours en randonnée (le vélo reste à la pension familiale à Caraz) avec un muletier et une mule pour tentes, bagages et nourriture. Un décor splendide en perspective, s'il ne pleut pas. Avec le changement climatique, tout est possible.

A la semaine prochaine.

Leon

samedi 4 juillet 2009

Transandine 2009 n°10: De Cajamarca à Huamachuco

Du dimanche 28 juin au samedi 4 juillet 2009

Dimanche 28 juin, pendant que ma fille Sueli courait le Triathlon de Nice

Ce dimanche 28 juin, une pensée toute spéciale à ma fille Sueli qui participe au triathlon de Nice, une épreuve de niveau international regroupant 2.500 athlètes pour 3.800 mètres de natation, 180 km à vélo dans l'arrière-pays niçois avec un dénivelé de 1.800 mètres avant de terminer par un marathon de 42,2 km sur la célèbre "promenade des anglais". En pleine nuit, je me suis réveillé en pensant à Sueli qui avait pris le départ depuis quelques heures déjà à 6h30 du matin.

Grace à Internet, j'ai été rapidement au courant des résultats en apprenant que Sueli a terminé l'épreuve en 11 heures et 27 minutes, 37eme femme (sur 216 au départ) et 10eme de sa catégorie (30-35 ans). Cela mérite un tout grand Bravo !

Rectification : Cajamarca et non Cajabamba

Samedi 27 juin , c'est bien à Cajamarca que je suis arrivé.

Je suis accueilli pour 4 nuits chez des Religieuses grâce à Sr Julia, une amie de Christine Dubois qui a travaillé avec elle dans le bidonville de la Tablada au Sud de Lima. Super la nourriture, le lit bien reposant, la lessive, ... bref j'y resterais bien davantage mais "la Transandine m'appelle !"

Découvertes autour de Cajamarca

Les nécropoles pré-incas de Otuzco qui se trouvent à 8 km de Cajamarca sont constituées de niches funéraires construites à flanc de colline. En revenant de cette visite, je n'ai pas vu un casse-vitesse à cause du soleil couchant et je me suis retrouvé dans le fossé après une belle pirouette! Plus de peur que de mal, rien de cassé y compris pour le vélo ! Heureusement je portais le casque, équipement si peu courant ici au Pérou!

La "Cumbe Mayo" est un site pre-inca dans un paysage merveilleux surtout avec le soleil présent depuis mon arrivée à Cajamarca. 

Un guide compétent pour expliquer l'ingéniosité des constructeurs de ces canaux de conduction d'eau. En Quechua, ce site porte le nom de "Kumpi mayo" ce qui veut dire "canal bien fait", très très longtemps avant Jules César ! 

A quelques km de la ville, grâce à une piste cyclable à double sens de deux mètres de large (5 bons points pour le Pérou !), je suis allé prendre un bon bain chaud aux "banos del Inca" ou Atahualpa, le chef Inca avait installé son camp lorsque le sinistre Pizarro arriva dans la région.

Rencontres à Cajamarca

Ce lundi 29 juin étant férié au Pérou (fête de St Pierre & St Paul), je suis resté un jour de plus pour rencontrer les amis du SER. Cette Association de Services Educatifs en milieu Rural poursuit différents objectifs principalement:

  • une gestion publique démocratique et une "Bonne Gouvernance";
  • un accès a la Justice pour tous;
  • la promotion de la citoyenneté;
  • un travail de reconstruction suite aux conflits armés internes ... l'on se souviendra des années noires du temps du "sentier lumineux"

Mais restent actuellement bien d'autres problèmes comme le manque de respects des Droits des travailleurs des mines et du manque de respect de l'environnement (exemple : pollution de l'eau).

Dans le bureau de cette association partenaire d'Entraide et Fraternité (l'une des ONG sponsorisées par la Transandine) depuis de nombreuses années, j'ai rencontré plusieurs personnes, des Péruviens, Sra Pilar et Sr Ricardo ainsi qu'une jeune volontaire allemande, Lena s'exprimant en Français. 

Le coordinateur régional, Sr Miguel Zegarra m'a expliqué en détail le programme d'action du SER dans la région en rappelant l'importance des "Rondas campesinas", ces associations de citoyens, nées dans les années 1970, luttant contre les vols, les viols, les violences imposées aux personnes (surtout les femmes et les enfants) dans les villages. Un programme toujours d'actualité !

Est-ce que mes messages vous intéressent ?

Une réponse d'une fidèle "supportrice": 

"Bien sûr, Léon, que tes messages m'intéressent toujours. Je dirais même de plus en plus. Au début, je les lisais un peu distraitement, maintenant, je vais voir sur la carte les endroits que tu mentionnes et je pense à toi très souvent. Tu me soutiens dans ma vie de tous les jours. Vraiment, vive internet! C'est fabuleux cette communication. J'ai gardé la photo du petit bonhomme au bonnet, il est trop mignon! Voilà que la providence a encore "frappé" : ce petit-déjeuner (pas si petit que ça d'ailleurs!) improvisé, c'est divin, dans tous les sens du terme, non ? Vraiment, tu as toujours une mine resplendissante, et ton moral a l'air de suivre aussi. Tant mieux! Ne change rien. Nous sommes tous avec toi de ce coin-ci du monde. Bonne route et à la semaine prochaine! " 

Francoise Lesuisse d'Assesse.

Dangers ??

Une question que plusieurs me posent : quels sont les dangers que je rencontre? En fait ... jusqu'à présent, je n'ai pas été inquiété par des personnes qui auraient des intentions disons malveillantes. Du côté circulation, pas de problème majeur non plus, les poids lourds (camions et bus) ainsi que les autres véhicules m'avertissent à l'avance par un coup de klaxon qu'ils vont me dépasser. Plusieurs chauffeurs tiennent à m'encourager par un signe amical ou un coup de klaxon. La pancarte arrière "Transandina Quito - Lima - La Paz" les informant clairement de l'objectif de mon périple.

Le seul véritable danger vient des nombreux chiens agressifs qui tournent autour du vélo. Jusqu'a présent, un seul m'a mordu ... mais il s'est cassé les dents sur ma chaussure! Pour les dissuader de m'agresser, je crie aussi fort qu'eux mais c'est seulement la vitesse qui me permet de m'en débarrasser ! ... ouaille quand je suis en côte !

"Hospedaje" et hospitalité

Généralement, je cherche un petit hôtel pour la nuit. Du point de vue budget cela tourne aux alentours de 5 dollars en Equateur à 3, 4 Euros au Pérou. Vous comprenez qu'à ce prix, je ne dois pas être très exigeant sur le nombre d'étoiles. Parfois il n'y en a qu'une seule, ou une demi ou même parfois pas du tout lorsque je dois m'éclairer à la bougie. Mais si la nuit est sans nuages, dans ce cas il y en a des milliers ! 

Mais cela ne ternit en rien l'accueil des gens ! Une nuit je me suis retrouvé chez moi ... "a l'Hostal del Leon" à la lumière d'une bougie comme au temps de nos grand-parents ! Une autre fois, j'ai dormi dans une chambre prévue pour les clients d'une station d'essence ... et à minuit, plus de groupe électrogène!

Un autre exemple d'hospitalité: sur la route menant à Hualgayoc, le jeudi 25 juin, j'ai été interpellé par une dame qui, sachant que sur cette route il n'y avait pas le moindre restaurant ni de magasin, m'a invité à dîner chez elle Et vu son insistance, je n'ai pas pu refuser. Il est vrai que je commençais a avoir l'estomac dans les talons!

De Cajamarca à Cajabamba

Une belle route asphaltée et pas trop pentue, cela me change. Aujourd'hui mercredi 1er juillet, j'ai roulé relax et à 14h30 j'arrivais à San Marcos apres avoir "avalé" 66 km. Sur ce trajet, j'ai parcouru mon 2000eme kilometre en deux mois, à une moyenne légèrement supérieure à 10 km/heure. Rencontre avec des paysans qui écrasent leurs grains moissonnés grâce à des ânes ou des chevaux (voir photos).

Sur les ondes de radio Chesquillacta ( = " Message du Peuple") à San Marcos

Ce jeudi 2 juillet entre 13 et 14 heures, une interview concernant mon voyage, ses objectifs, les rencontres, les difficultés a été diffusée dans le cadre de l'émission quotidienne "Semillas de Justicia", c'est-à-dire "Semences de Justice". La veille, j'avais rencontré Sra Rocio Longa, une sociologue travaillant pour l'association Projur dans la région de San Marcos.

Bien arrivé à Huamachuco

Accueilli le soir du 2 juillet à Cajabamba par une religieuse Canadienne francophone, Sr Elmira Allary, qui essaye de sensibiliser les jeunes à la problématique du respect du "medio ambiente" et au réchauffement de la planète, je suis parti tôt ce matin en direction de Huamachuco

Une route presque plate, m'avait dit un chauffeur. En réalité, ce fut bien plus dur que prévu, avec quelques sérieuses montées. Très dur en raison du revêtement de la route : des cailloux, du sable, de la boue. Mais bien arrivé à la tombée de la nuit après 56 km, à la moyenne de 6,8 km/heure. Demain matin, samedi 4 juillet, un peu de repos avant de repartir.

Sur ce, je vous quitte sur cette longue route qui mène à la Cordillère blanche, dont certains m'ont dit, qu'avec le réchauffement climatique, elle est de moins en moins blanche !

Léon

dimanche 28 juin 2009

Transandine 2009 n°9: De Bambamarca à Cajamarca (Nord du Pérou)

Du dimanche 21 juin au samedi 27 juin 2009

Le travail de la terre au Pérou

Les photos que je vous ai envoyées vous montraient comment les paysans péruviens travaillent encore aujourd'hui. J'ai eu l'occasion de traverser une très belle région avec de nombreuses rizières. En fait, il n'y a pas qu'en Asie que les paysans cultivent le riz dans des rizières. Au Pérou, certains paysans travaillent encore avec des boeufs et parfois la récolte se fait encore à la faucille et le battage à la main. Quand je m'approchais d'eux pour les filmer, c'est toujours avec le sourire qu'ils m'accueillaient.

Sur la route de Chota

Ce dimanche matin, 21 juin, alors que je m'apprêtais à quitter la ville de Lajas, j'ai été interpellé par une dame qui me demandait si j'avais déjà déjeuné. En fait non, j'étais parti de bon matin de Cochabamba (où tous les magasins étaient encore fermés) après avoir avalé quelques biscuits. 

La maman de cette dame m'a apporté du pain, des pommes de terre et de la viande... et une banane. Nous nous sommes retrouvés dans la ville de Chota pour assister à la procession tout en fanfare avec la statue de St Jean-Baptiste pour sa sortie annuelle à travers la ville. 

Auparavant j'avais assisté à la sortie d'un enterrement : les gens jettent du riz et des fleurs (symboles de la Vie) sur le cercueil... comme chez nous lors des mariages !

Un mois de travail pour confectionner un chapeau

Dans la rue j'ai eu l'occasion de parler avec un couple qui confectionne encore des chapeaux à la main. Travail considérable puisqu'il faut un mois pour en confectionner un. Ils se vendent entre 400 et 500 sols (soit entre 100 et 125 euros si je ne me trompe pas dans le taux de change !)

Rencontre dans le village de El Ahijadero

Accueil dans la famille de Lino et Yolanda Calvez, des amis de Christine Dubois de Floreffe. Apres 12 jours de vélo d'affilée, deux jours de repos uniquement pour le vélo puisque j'ai accompagné un petit groupe d'apiculteurs dans la montagne.

Nous avons voyagé une heure en camionnette, quelques km en moto. Il nous a fallu ensuite plus d'une heure pour grimper jusqu'à une altitude de 3.200 m. Depuis quelques années, sous l'impulsion d'une ONG, un petit groupe de paysans a installé des ruches. 

Ce mardi 23 juin, c'était la récolte du miel. Un plus pour ces familles pour qui l'agriculture assure difficilement un revenu décent. Le retour s'est fait en partie à moto (à trois !) et en camion. 

Du haut, l'on "apprécie" davantage la profondeur des précipices que l'on frôle. Heureusement, les péruviens sont de très bons chauffeurs !

La famille Calvez vit de l'agriculture et de quelques animaux dont une vache. Chaque jour Yolanda vend trois litres de lait, gardant le reste pour la famille (voir photo de la traite). En plus, son mari a une serre produisant des tomates. 

L'ONG "Entraide et Fraternité", qui est sponsorisée par la Transandine, soutient cette communauté de El Ahijadero. De même qu'OXFAM à Ambato, il s'agit surtout de renforcer la formation de ces petits agriculteurs pour favoriser leur autonomie.

Sur les ondes de Radio Bambamarca

Ce mercredi 24 juin, sur la place principale de cette petite ville, une cinquantaine de personnes sont groupées autour de moi pour entendre l'interview de journalistes de la presse écrite et de la radio régionale mais surtout pour s'intéresser au vélo venu de loin. Sur le coup de midi lors des informations de la mi-journée nous avons pu entendre mon témoignage en direct. 

Des nouvelles de Belgique et du monde

Grâce à ACTU24, je suis en lien presque quotidien avec l'actualité. Des nouvelles qui me font parfois mal comme celle de l'incendie de l'école primaire d'Andoy où j'ai passé six ans de mon enfance.

Ou des nouvelles qui ne peuvent que nous réjouir comme celle concernant la lutte des Indiens en Amazonie Péruvienne. Malgré les violences que l'on ne peut que déplorer, c'est une victoire pour ceux et celles qui luttent pour la préservation de la planète et les Droits Humains. 

Voici ci-dessous quelques lignes d'un message reçu de Nicole Dujardin, une fidèle correspondante de Couvin:

Dans le journal, j'ai lu que les Indiens du Pérou se révoltaient. Ils veulent protéger leur forêt amozonienne. Depuis deux mois paraît-il, ils bloquent des routes et des rivières pour protéger leur forêt. Des luttes avec la police ont fait plus de 35 morts. Ils vivent de ce que la forêt leur offre: plantes et animaux pour se nourrir; arbres pour s'abriter et faire du feu...Ces peuples vivent ainsi depuis des années. Mais le monde a changé, et des menaces planent sur eux. Des entreprises viennent raser de grandes zones de forêt pour en vendre le bois. D'autres creusent le sol pour en extraire des minerais (argent, cuivre, plomb, zinc...).

Sur le plateau de Hualgayoc à Cajamarca (25, 26 et 27 juin 2009)

Jeudi 25 juin, le vélo n'a pas bronché lorsque je l'ai ré-enfourché, direction Cajamarca. Ce jour là, une seule montée: 29 km plus 10 le lendemain matin pour arriver au sommet du col de Hualgayoc à 3.860 m (selon mon altimètre). En annexe, photo prise par un ouvrier de la mine d'or se trouvant à cet endroit.

Le jour suivant, paysages fabuleux sur ce plateau balaye par les vents entre 3.500 et 3.800 mètres (voir photo). Le soir, n'ayant pu arriver à la ville de Cajamarca, j'ai bivouaqué dans la forêt non loin d'une très grande mine d'or et d'argent. La nuit fut assez froide et, tranquillisez-vous il n'y a aucun animal qui soit venu me caresser ou me lécher les pieds!

Arrivée à Cajamarca, samedi 27 juin 2009

C'est dans cette ville que le chef Inca Atahualpa fut assassiné par le sinistre Conquistador Francisco Pizarro, assoiffé d'or et de conquêtes (voir le guide "Lonely Planet" sur le Pérou pages 395-399 1ere edition). Depuis, le monde n'a guère changé !

Quant à moi, demain dimanche et lundi, rencontre des partenaires d'Entraide et Fraternité avant de partir vers le Sud et la Cordillère blanche, où il doit y avoir de la neige, du moins sur les sommets.

En espérant que mes messages continuent à vous intéresser, je vous donne rendez-vous dans une semaine.

Léon

dimanche 21 juin 2009

Transandine 2009 n°8: Entrée et premiers jours au Pérou

Du dimanche 14 juin au samedi 20 juin 2009 

Après six semaines passées en Equateur, je suis entré au Pérou sous le soleil. Fini la pluie qui rendait les routes en terre presque impraticables.

Un pont 6 fois plus large que les routes qui y mènent !

Surprenant ce pont/frontière entre les deux pays, appelé "pont de l'intégration": longueur ("longitud" en espagnol !) = 60 mètres ; largeur = 12 mètres soit 6 fois plus large que la route empierrée et en terre de chaque côté du pont !

Arrivé vers 16 heures au poste de douane, les formalités douanières se sont passées sans problème. Toutefois, étant donné que la barrière est fermée avec un cadenas puisqu'il est rare qu'un véhicule (autre qu'un vélo) franchisse la frontière à cet endroit, j'ai eu quelques difficultés avec mon vélo et son chargement qui dépassait la hauteur de la barrière, du moins pour la frontière Péruvienne.

Pour quitter l'Equateur, le gentil douanier avait accepté que je le filme en train de m'ouvrir la barrière (ce qui me m'était jamais arrivé en Europe lors de mes nombreux voyages).

La cordillère dans toute sa splendeur

Durant ma traversée de l'Equateur, la Cordillère des Andes était pratiquement toujours dans les nuages. En arrivant au Pérou sous le soleil et un ciel presque sans nuages, elle m'est apparue dans toute sa splendeur. La traversée du Pérou promet d'être splendide!

Rencontres diverses

En quittant l'Equateur, j'ai rencontré un serpent qui traversait la route. Comme il avait peur de moi j'ai pris le temps de le filmer.

Les premiers contacts avec les Péruviens sont très bons. Plusieurs familles m'ont offert des oranges. Ce samedi matin, au sommet d'un col (2.775 m), une dame m'a invité à prendre une tasse de café. Dans la maison, ils élèvent des cochons d'Inde. En Equateur et au Pérou, ce sont des "cuy"... destinés a la consommation!

De Chiple à Cutervo : le tronçon le plus dur de la Transandine... jusqu'a présent !

Pour franchir la frontière entre l'Equateur et le Pérou, j'avais pédalé pendant 250 km sur des routes en terre et empierrées. Grande était ma joie de retrouver une belle route macadamisée... et en descente, de la ville de Jaen vers l'océan Pacifique. 

Ma joie fut de courte durée. En effet pour arriver ici à Cutervo d'où je vous envoie ce message, il y a 63 km. Il m'a fallu 13 heures pour les parcourir (réparties sur deux jours et demi) ! La plupart du temps, je poussai le vélo en raison du caractère pentu de la route, de la boue provoquée par les pluies et des cailloux. 

J'ai du loger à Santo Domingo à mi-chemin. Je croyais que je n'y arriverai jamais. Et vers 20 heures, dans la nuit noire des Andes m'est apparu un village avec de la lumière, un "hospedage", un restaurant et même un cyber-café (avec un seul écran !). 

Quant à hier soir, selon les conseils de trois paysans rentrant des champs, j'ai installé mon couchage à l'abri d'une construction financée par une OMG pour la commercialisation du lait. Vers 11h, les vigiles sont passés mais m'ont laissé tranquille comprenant que j'étais en voyage. La nuit fut clémente malgré le fait que je me trouvais à plus de 2.500 mètres d'altitude.

Je ne suis pas seul sur la route !

Selon une famille, il y a un groupe de jeunes des USA qui sont passés par la même route que moi ! Par ailleurs, selon d'autres témoignages, un trio "descend" en vélo vers Lima : deux hommes et une femme qui serait la "noiva" ou du moins "la namorada" de l'un des deux hommes. Ici tout se sait !

Première crevaison

Jeudi 18 juin, première crevaison après 1.650 km (normal ... si vous voyiez les cailloux)! Pour le changement de pneus, j'ai monté les "Marathon XR Schwalbe" que je réservais pour la Bolivie. Pour assister à l'opération, il y avait une dizaine de spectateurs : des enfants en route vers l'école. Après cela, j'ai eu droit à une bonne soupe de la dame qui avait observé cela de sa cuisine. "Muchas grazias".

La fête de la St-Jean

Les gens qui me croisent me demandent si je vais à la fête de la St-Jean. Normalement, c'est le 24 juin. Mais les festivités qui durent une semaine commencent déjà aujourd'hui samedi 20 juin. Compte-rendu dans le prochain message.

Je suppose qu'en Belgique les examens sont finis. Reste le plus dur : l'attente des résultats.

Déjà à tous ceux qui auront la chance d'en prendre, je souhaite de "bonnes vacances".

Léon au Pérou

dimanche 14 juin 2009

Transandine 2009 n°7: De Vilcabamba à Zumba en Equateur

Du dimanche 7 juin au samedi 13 juin 2009

Suite de la route en Equateur

Il semblerait que les gens vivent vieux dans cette région située au sud de l'Equateur, proche de la frontière avec le Pérou. Sans doute grâce a la bonne alimentation et au climat; mais vraisemblablement pas parce qu'ils font du vélo... en effet je n'en ai pas croisé sur la route qui me conduit au Pérou !

Echos de deux jours de vacances avec la famille Leman

Plein de souvenirs d'enfance à partager avec ma cousine Marie-Anne, cette Tournaisienne qui a émigré dans les Yvelines et Hubert son mari qui consacrent tous deux une bonne partie du temps de leur retraite à aider des associations de développement en Inde, au Burkina Faso et en Equateur, plus précisément en Amazonie où leur fille Amélie travaille (voir message n°3).

La ville de Cuenca, appelée autrefois Tonebamba fut occupée par les Incas mais des temples de cette civilisation, il ne reste ici que quelques murs de pierre. 

Le parc national de Cajas situé à l'Ouest de la ville nous a permis de nous balader dans une nature merveilleuse aux multiples lacs. Des 200 lacs de ce très grand parc naturel, nous en avons vu 6 ou 7. 

Très peu de randonneurs, quelques lamas, moutons, chevaux. Avec en prime de très beaux paysages. Nous étions à certains moments à plus de 4.000 mètres !

Nous avons du interrompre notre séjour à Cuenca car le petit Huaira ne supportait pas le changement de climat... de retour dans son Amazonie, aux dernières nouvelles, il a retrouve la santé. Avant de me quitter, il m'a fait cadeau d'un petit drapeau équatorien... qui flotte à présent sur le guidon de mon vélo.

De retour à Vilcabamba

J'y ai retrouvé mon vélo que j'ai aussitôt réenfourché. Jusque Yangana, la route vers le Sud est asphaltée. Ensuite, jusqu'au Pérou, c'est une route empierrée. Quand il fait sec, il y a bien de la poussière quand un véhicule passe mais cela ne dure pas très longtemps. En revanche, la pluie amène son lot d'ennuis. 

Jeudi 11 juin, la pluie m'a beaucoup retardé si bien que lorsque, vers 17 heures, je m'apprêtais à continuer à monter dans la cordillère, des ouvriers de la route m'en ont dissuadé et m'ont proposé de passer la nuit dans leur cabane. 

Il y avait un gardien pour la nuit qui passa la nuit dans un camion. Quant à moi, j'étais tout heureux d'avoir trouvé ce refuge car toute la nuit, le vent et la pluie n'ont cessé. Au petit matin, j'ai salué les ouvriers et j'ai continué ma route: de la boue, des torrents d'eau à passer à gué... mais heureusement la pluie avait cessé.

Ce vendredi, rebelote la pluie est réapparue en fin d'après midi et la boue a considérablement ralenti ma progression. Heureusement, je suis arrivé à Zumba, la dernière ville équatorienne importante avant la frontière: un petite pension où j'ai pu faire un nettoyage complet du vélo devenu méconnaissable.

En route vers le Pérou

Vu de loin, vous me direz peut-être que ce n'est pas le Pérou ... mais si, je vous assure, il s'agit bien du Pérou ... plusieurs fois plus grand que l'Equateur! Alors imaginez-vous le nombre de jours que j'aurai "la chance" de passer dans ce pays ! Demain, dimanche 14 juin (une bonne fête à tous les papas), je passe la frontière.

Au plaisir de vous reparler par mon prochain message ... au Pérou, cette fois !

Leon

samedi 6 juin 2009

Transandine 2009 n°6: De Gualaceo à Vilcamarca en Equateur

Du dimanche 31 mai au samedi 6 juin 2009

Un peu de repos à Gualaceo

Le week-end passé, 30 et 31 mai, je me suis reposé chez José et Cecilia Velez qui ont travaillé de nombreuses années au Collège de Basse-Wavre et qui sont revenus en Equateur pour leur retraite dans un merveilleux coin de verdure au bord d'une rivière à un kilomètre de la charmante ville de Gualaceo. 

José a écrit un livre très bien documenté sur la problématique du réchauffement climatique, phénomène mondial qui affecte particulièrement les pays Andins et l'Equateur. 

Dimanche après-midi, José m'a emmené pour une balade dans les montagnes à la découverte d'un lac ... un cadre merveilleux ou la nature est encore à l'état pur.

L'accueil de Jimmy

Lundi 1er juin, arrivé à Cumbe, un petit "pueblo" sans hotel, devant le bureau fermé de la paroisse (fermé tous les lundi), un homme du village a compris que je cherchais un endroit pour loger ... il m'a tout simplement invité à passer la nuit chez lui. " Muchas gracias amigo ! "

Une route aux multiples lacets, montées interminables et descentes vertigineuses

Chaque jour me réserve son lot de montées. Il m'arrive de grimper pendant 3, 4 ou 5 heures sur la journée à une vitesse moyenne de 5 ou 6 km/heure. J'ai tout le temps d'admirer la beauté des paysages (lorsqu'il n'y a pas de nuages) et de saluer les gens au bord de la route. 

Plusieurs chauffeurs m'encouragent par un coup de klaxon ou un signe de la main. Je dois vous dire que je suis toujours heureux d'arriver au sommet et de me laisser glisser dans la descente, parfois à du 50 km/heure et ce pendant 15 ou 20 km, en m'arrêtant de temps en temps... au bord des précipices... pour admirer les villages à 500 ou 1.000 mètres en contrebas. 

Heureusement... et ceci devrait vous rassurer... le vélo est pourvu de freins puissants hydrauliques !

Une nuit calme dans un gite à Saraguro le mercredi 3 juin

Perché tout en haut d'une colline à quelques kilomètres de la ville de Saraguro, j'ai déniché un gîte tranquille où j'ai pu goûter le délicieux maïs accompagné de fromage, le plat le plus courant de ce pays ... et d'un thé aux herbes de montagne. 

Julio et son épouse Luz-Angelica ont tenu à revêtir leurs habits traditionnels pour la photo au moment du départ. Il m'ont réservé un accueil vraiment chaleureux, me posant un tas de questions sur le but de mon voyage, intrigués comme beaucoup d'autres par le fait que je voyage seul et ... aussi longtemps. 

Ce gîte fait partie du réseau équatorien du tourisme qui vise à mettre en valeur la culture indigène. Si vous désirez en savoir plus, voyez leur site.

Dimanche 7 juin au matin, je reviendrai ici à Saraguno pour le marché. La région est habitée par les Saraguro, le peuple indigène le plus prospère du Sud de l'Equateur. 

Les Saraguro vivaient à l'origine autour du lac Titicaca, au Pérou mais ils furent déplacés autoritairement dans le cadre des mitimaes, un système de colonisation de l'Empire Inca. Et oui, hélas, il n'y a pas que Staline (et d'autres encore) qui forcent les peuples à se déplacer... !

Les Saraguro portent de superbes costumes : hommes et femmes portent un chapeau plat en feutre blanc à larges bords. Les hommes coiffent leurs cheveux en queue de cheval. Les femmes portent de lourdes jupes noires plissées et des châles attachés avec des épingles d'argent.

Rencontre de deux anglais voyageant en side-car

Les side-cars m'ont toujours fasciné ... me rappelant celui de mon oncle Jean, lorsque nous voyagions avec Tante Alice et les cousines d'Haltinne. L'an passé en Ukraine, j'en ai vu de tous les modèles. 

Il se fait que ce jeudi 4 juin, jour de pluie, j'ai rencontré deux anglais, Andy et Maya, qui traversent les Amériques du Nord au Sud pendant huit mois grâce à un side-car arborant deux roues de rechange. 

Nous avons partagé nos expériences et même un petit pain. Ce couple compte se rendre au Pérou et en Argentine comme moi mais en passant par le Brésil. Leur site : www.adventuresidecar.co.uk

Arrivée à Vilcabamba

Jour facile que ce vendredi 5 juin. De Loja à Vilcabamba, pratiquement une longue descente sous le soleil. Grâce au "Lonely Planet", guide très complet que je vous recommande, j'ai déniché un petit hôtel tenu par un couple Français. Un coin merveilleux au calme... avec des hamacs comme en Amazonie. 

Le vélo et les bagages resteront au repos ici pendant que je vais rejoindre, en bus, mes cousin et cousine de France, leur fille Amélie et le petit Huaira. Nous visiterons la ville de Cuenca et la région pendant trois jours.

De cela, nous reparlerons dans le prochain message.

Léon ... toujours en Equateur (mais le Pérou se rapproche).

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